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Johnny Depp était "l'amour de ma vie" mais aussi jaloux et violent, affirme Amber Heard
"C'était l'amour de ma vie", a assuré mercredi l'actrice Amber Heard en décrivant Johnny Depp comme un homme aveuglé par la jalousie et rendu violent par la drogue et l'alcool, lors du procès en diffamation intenté par son ex-époux devant un tribunal américain.
"Je peine à trouver les mots pour décrire comme c'est douloureux, horrible pour moi d'être assise ici et de tout revivre", a-t-elle expliqué au début de son témoignage au tribunal de Fairfax, près de Washington.
L'actrice, vêtue d'un costume trois pièces sombre sur une chemise bleu rayée de blanc et qui portait un maquillage léger, a ensuite raconté l'"alchimie" de sa rencontre avec un acteur "intimidant" de deux fois son âge en 2009, les goûts littéraires partagés et le début d'une liaison cachée car Johnny Depp était en couple avec l'actrice française Vanessa Paradis à l'époque.
Mais les insultes et les crises de jalousie se succèdent et dès 2012, les disputes violentes sous l'effet des drogues et de l'alcool alternent avec des épisodes de sobriété, selon l'actrice.
"Il m'attrapait par les cheveux, par le bras, par le visage, il me criait dessus. Il cassait des choses près de moi puis il me frappait, ça commençait par des claques répétées" avant qu'elle le repousse, a-t-elle raconté, proche des larmes.
L'acteur disparaissait ensuite pour un temps, "puis il revenait (disant) qu'il en avait fini pour de bon avec la drogue et l'alcool".
Mais il retombait rapidement dans ses addictions. "En 2012, c'était le début et je commençais tout juste à distinguer ses tendances", a-t-elle souligné, expliquant que "Johnny sous amphétamine (était) très différent de Johnny sous opiacés" et que "la boisson était corrélée à la violence".
- Disputes enregistrées -
Elle a également raconté avoir été agressée sexuellement par son mari qui l'accusait d'avoir dérobé sa cocaïne en 2013.
Malgré cette violence, elle décide de rester.
"Je ne voulais pas le quitter, je voulais qu'il aille mieux", a-t-elle dit, avant de raconter avec émotion plusieurs autres incidents et crises de jalousie.
Son témoignage, qui se poursuivra jeudi, était très attendu au 14e jour de ce procès ultra-médiatisé retransmis en direct à la télévision et sur les réseaux sociaux.
Agé de 58 ans, Johnny Depp affirme que son ex-femme a ruiné sa réputation et sa carrière après avoir écrit en décembre 2018 un éditorial dans le Washington Post, dans lequel elle affirmait avoir été victime de violences conjugales en 2016, sans toutefois citer son ancien mari.
Il réclame 50 millions de dollars de dommages-intérêts, qui correspondent à son manque à gagner après avoir été écarté des studios à cause de l'éditorial.
L'actrice de 36 ans, qui a joué dans les grosses productions hollywoodiennes "Justice League" et "Aquaman", a contre-attaqué et réclame 100 millions de dollars.
Elle affirme avoir subi "des violences physiques et des agressions" depuis leur première rencontre et pendant leur mariage tumultueux qui n'a duré que deux ans, de 2015 à 2017.
L'acteur, qui a témoigné pendant quatre jours fin avril, nie avoir jamais levé la main sur Amber Heard, assurant que c'était elle qui était violente. Il a admis une consommation importante de drogues et d'alcool qu'il affirmait contrôler la plupart du temps.
Signe de la toxicité de leur mariage, il a notamment expliqué qu'ils avaient, chacun de leur côté, pris l'habitude d'enregistrer leurs altercations, dont de nombreux enregistrements ont été diffusés depuis le début du procès.
Dans l'un d'eux, utilisé par les avocats de l'acteur, on entend Amber Heard affirmer que personne ne le croirait s'il disait publiquement qu'il était frappé par sa femme.
En mai 2016, Amber Heard avait poursuivi son mari en justice pour violences conjugales avant d'abandonner ces charges lors de la procédure de divorce.
En avril 2018, le tabloïd britannique The Sun avait accusé Johnny Depp d'être "un mari violent". L'acteur avait poursuivi le journal et perdu deux ans plus tard à l'issue d'un procès qui avait exposé au grand jour ses abus de drogues et d'alcool.
A.Clark--AT