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Canicule: 11 départements quittent la vigilance rouge, des hôpitaux "saturés"
De premiers décès probablement liés à la chaleur, les hôpitaux parisiens "saturés": restée confrontée jeudi à une canicule "totalement inédite", la France s'inquiète de ses conséquences sanitaires, malgré une première rétrogradation de départements en vigilance orange dans la soirée.
A 22H00, 11 départements de l'Ouest et du Sud-Ouest sont passés de la vigilance rouge canicule à l'orange, après un pic jeudi en journée à 72 départements au niveau de vigilance maximale, un record depuis la création de ce dispositif en 2004.
Onze autres départements devraient être rétrogradés en vigilance orange vendredi à 22H00, selon Météo-France.
Vendredi, les températures resteront caniculaires sur une majeure partie du pays, avec "39 à 41°C attendus d'Auvergne-Rhône-Alpes à la Bourgogne-Franche-Comté", selon le bulletin de 22H00 de Météo-France.
Jeudi à partir de 16H00, 12 départements dans l'Ouest et le Sud-Ouest sont progressivement passés en vigilance orange orages, lesquels peuvent être accompagnés de fortes rafales de vent et de chutes de grêle.
Avec un indicateur thermique national de 30°C, la journée de jeudi a été aussi chaude que mercredi, journée la plus chaude jamais enregistrée en France, selon des données provisoires à 17H00 communiquées par Météo-France.
A Paris, les hôpitaux "sont saturés", a affirmé jeudi soir le préfet de police, Patrice Faure. "Le nombre d'hospitalisations ne cesse d'augmenter", a-t-il ajouté, annonçant interdire la consommation d'alcool sur la voie publique vendredi à partir de midi.
Dans les Hauts-de-France, le Samu a reçu jeudi 30% d'appels de plus que le même jour en 2025, selon la préfecture de région.
La période est "totalement inédite", a souligné Emmanuel Macron, qui a défendu le "gros travail qui a été fait" dans la lutte contre le réchauffement climatique sous ses deux mandats.
Selon l'Organisation météorologique mondiale (OMM), la nuit est le moment où le corps est censé récupérer, mais si les nuits restent chaudes, cette récupération ne se produit pas.
La nuit de mercredi à jeudi a été la plus chaude jamais enregistrée en France, a relevé Météo-France.
- Appel à la grève dans les écoles -
"On commence à avoir, et on s'y attendait, (...) les premiers décès" probablement liés aux températures extrêmes, a expliqué le cabinet de la ministre de la Santé jeudi.
Un enfant de trois ans est mort mercredi alors qu'il était seul dans une voiture devant le domicile de ses parents dans le Val-d'Oise.
Du Sud-Ouest au Nord-Est, 42,2 millions de Français demeureront vendredi dans des zones en vigilance rouge, selon un décompte de l'AFP.
Quelque 3.500 établissements scolaires étaient fermés jeudi et 10.000 avaient aménagé leurs horaires, essentiellement des écoles primaires, a déclaré le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray sur France 2.
Les syndicats d'enseignants ont appelé jeudi à la grève face à des "conditions de travail inacceptables".
- "On tourne en rond" -
Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, principalement causé par la combustion des énergies fossiles, ont démontré les climatologues.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé jeudi porter la mobilisation du système de santé à son niveau le plus élevé pour qu'il "puisse tenir dans la durée" face à cette vague de chaleur exceptionnelle.
La CGT Santé-Sociaux lui a répondu dans une lettre ouverte qu'elle attendait des "réponses concrètes aux difficultés" des hôpitaux.
"On commence l'été, et déjà, on a très chaud, donc on se dit, au mois de juillet, au mois d'août, qu'est-ce que ça va être?", déclare à Lyon Amalia Naveira, 67 ans, retraitée.
La situation est particulièrement difficile pour les plus précaires. Valentin (prénom d'emprunt), sans-abri marseillais, confie chercher le matin à se mettre "à l'ombre jusqu'à ce que les flics arrivent pour nous demander de partir (...). Après, on tourne en rond".
Pour respecter les limites d'échauffement des fleuves, deux réacteurs nucléaires supplémentaires ont été mis à l'arrêt jeudi, selon EDF: un à la centrale du Bugey (Ain), un autre à celle de Nogent-sur-Seine (Aube), après un premier à Golfech (Tarn-et-Garonne) lundi.
Le transport ferroviaire est également perturbé. SNCF Voyageurs dit avoir supprimé en moyenne 10% de ses trains depuis le début de l'épisode caniculaire.
La canicule touche aussi d'autres pays européens (Espagne, Allemagne...): les températures devaient dépasser jeudi 35 degrés pour environ 100 millions de personnes en Europe, selon un calcul de l'AFP.
burs-kau-zl/etb/fio
P.Smith--AT