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Canicule: le système de soins en gestion de crise, de premiers décès constatés en France
Un "cap" franchi sur le plan sanitaire: cette canicule qui n'en finit pas affecte de plus en plus les organismes fatigués et de premiers décès sont recensés, tandis que le fonctionnement du système de soins pâtit lui-même des fortes chaleurs.
À Paris, 25 arrêts cardiaques ont été recensés "en vingt-quatre heures" sur la journée de mercredi, contre "moins de 10 habituellement", a indiqué jeudi le cabinet de la ministre de la Santé Stéphanie Rist.
"On commence à avoir et on s'y attendait, (...) les premiers décès" probablement liés aux températures extrêmes, a expliqué le cabinet lors d'un point presse sur les conséquences de la canicule. Ces décès "ne concernent pas que des personnes âgées déshydratées" mais aussi "des jeunes qui font des arrêts cardiaques", a-t-il ajouté, sans préciser si tous ces arrêts cardiaques se sont soldés par un décès ou non.
"La situation passe un cap et il faut qu'on passe en gestion de crise avec tous les leviers possibles", a-t-on encore précisé.
De son côté le syndicat Samu Urgences de France dit être "confronté à un point de basculement, avec une augmentation majeure des appels au 15, de 40%", selon un porte-parole à l'AFP.
"Le nombre de passage aux urgences augmente", les services accueillant en particulier des "personnes âgées" et voyant apparaître des "cas graves d'hyperthermie maligne" (augmentation rare et potentiellement mortelle de la température corporelle, ndlr), a-t-il ajouté.
Les médecins craignent de constater à plus ou moins brève échéance une surmortalité dans la population, a-t-il affirmé.
Le préfet de police Patrice Faure, a de son côté fait part d'une "augmentation significative" des interventions des pompiers en Ile-de-France, passées d'un "taux journalier de 1.250 à plus de 2.100", et "2.500" interventions attendues ce jeudi soir.
Les lits d'hôpitaux parisiens sont "de plus en plus occupés par des gens qui ont subi des coups de chaleur", notamment à Lariboisière et Pompidou, a indiqué le préfet, auditionné par le Conseil régional.
- Décompensations "5 à 10 jours après" -
De leur côté en tout cas, les services de pompes funèbres n'ont pas encore constaté l'apparition d'indices de surmortalité, a indiqué à l'AFP Florence Fresse, la déléguée générale de la fédération.
"Nous n'avons pas d'informations particulières sur un pic de décès" sur le territoire national, a-t-elle indiqué, soulignant qu'il n'y avait pas de signe particulier d'un encombrement anormal des chambres funéraires.
Mais tous les spécialistes mettent en garde: le moment de vérité sur l'ampleur du choc sanitaire lié à la canicule ne pourrait survenir que dans quelques jours.
Les décompensations (aggravations brutales, ndlr) de maladies chroniques "surviennent parfois cinq à dix jours après", a rappelé le cabinet du ministère de la Santé.
La ministre Stéphanie Rist prendra, soit jeudi soit vendredi, un arrêté permettant de "mobiliser les étudiants pour venir en renfort" des Samu-SAS, qui répondent aux appels au 15. "Nous allons activer la réserve sanitaire (des professionnels de santé volontaires, mobilisables très rapidement)", a aussi indiqué le cabinet.
En attendant, les hôpitaux sont confrontés à des problèmes de pics de chaleur dans leur propres locaux.
"Je sors d'une réunion de crise avec la direction de l'hôpital", a expliqué à l'AFP un médecin chef des urgences dans un hôpital de l'ouest de la France.
"Il y a des chambres qui sont devenues intenables pour les patients", et "on a décidé de déplacer des lits d'un service à l'autre" pour éviter de soumettre des patients à des températures trop élevées, a-t-il dit.
Signe que la situation sanitaire globale est mouvante et toujours difficile à apprécier précisément, les urgences de cet hôpital semblaient échapper encore jeudi matin à la hausse d'activité constaté dans de nombreux autres établissements.
"Chez nous, le niveau d'activité des urgences est stable pour l'instant, même si les appels au 15 sont en hausse de 20%", a précisé ce médecin.
jdy-eva-lby-cac/ref/ito/abl
W.Nelson--AT