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Le prix Nobel de la paix décerné dans l'ombre de Trump
Clou de la saison Nobel, le prix de la paix est attribué vendredi à Oslo, au lendemain de l'annonce d'un accord de cessez-le-feu sur Gaza entre Israël et le Hamas, conclu sans doute trop tard pour que Donald Trump ait quelque chance de l'emporter.
Ardemment convoité par le président américain, le Nobel de la paix sera annoncé à 11H00 (09H00 GMT), quelques heures après la conclusion d'un accord entre Israël et le mouvement islamiste sur un cessez-le-feu et la libération des otages, étape majeure pour mettre fin à deux ans de guerre dans la bande de Gaza.
Cette avancée, fruit des fortes pressions mises par Donald Trump sur les belligérants, est vraisemblablement trop tardive pour que le comité Nobel norvégien, qui décerne le prix, ait pu en tenir compte.
C'est lundi que les cinq membres du comité ont tenu leur dernière réunion, laquelle sert généralement à peaufiner les attendus expliquant leur choix, lui-même pris plusieurs jours auparavant.
Le président américain a longtemps "laissé les mains libres" au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, pour bombarder Gaza et a fourni une aide militaire importante à l'armée israélienne, souligne notamment l'historien.
Depuis son retour à la Maison Blanche, le milliardaire républicain martèle qu'il "mérite" le Nobel, revendiquant un rôle dans la résolution de multiples conflits, un palmarès que les experts jugent très exagéré.
"Je ne sais pas vraiment ce que (le comité Nobel) va faire. Mais je sais une chose: personne dans l'histoire n'a jamais résolu huit guerres en l'espace de neuf mois", a dit le chef d'Etat américain jeudi, en réponse à une question de l'AFP.
"Et moi, j'ai mis fin à huit guerres. Cela ne s'était encore jamais vu", a-t-il dit, soulignant que celle de Gaza était "la plus importante de toutes".
Mais, à Oslo, aucun expert n'y croit.
Au-delà des questions de calendrier, nombreux sont ceux qui pointent son mantra "l'Amérique d'abord" contraire aux idéaux (coopération internationale, fraternité entre les peuples et désarmement) contenus dans le testament d'Alfred Nobel (1833-1896).
- Pas de grand favori -
Reste à savoir qui parmi les 338 individus et organisations en lice cette année - une liste tenue secrète - remportera le Nobel ?
En l'absence de favori, plusieurs noms circulent: le réseau de bénévoles soudanais Cellules d'intervention d'urgence (ERR), la Russe Ioulia Navalnaïa, veuve de l'opposant Alexeï Navalny, ou le bras de l'OSCE chargé d'observer les élections (BIDDH).
Le comité Nobel pourrait aussi choisir de réaffirmer son attachement à un ordre mondial chamboulé par Donald Trump, en récompensant le chef de l'ONU, Antonio Guterres, ou une émanation des Nations unies comme le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) ou l'agence pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).
Il pourrait également distinguer la justice internationale - Cour internationale de justice (CIJ) ou Cour pénale internationale (CPI) - ou la liberté de la presse menacée en auréolant des ONG telles que le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) ou Reporters sans frontières (RSF).
Seule certitude: "il y aura un lauréat", a dit à l'AFP Erik Aasheim, porte-parole de l'Institut Nobel, coupant court aux spéculations de certains experts qui estiment que le comité, à la lumière de la situation géopolitique, pourrait faire l'impasse.
En 2024, le prix de la paix était allé à Nihon Hidankyo, un groupe de survivants des bombardements de Hiroshima et Nagasaki, en croisade contre l'arme nucléaire.
Le Nobel consiste en un diplôme, une médaille d'or et un chèque de onze millions de couronnes suédoises (environ un million d'euros).
Après les prix de médecine, physique, chimie, littérature et paix décernés cette semaine, la saison Nobel s'achèvera lundi à Stockholm avec l'attribution du prix d'économie.
T.Perez--AT