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Aux JO-2026, deux "pompiers de la psy" pour épauler les Bleus
Simple stress ou choc suite à une chute grave: deux psychologues seront "à disposition" des athlètes et du staff français lors des Jeux olympiques de Milan Cortina pour gérer tous types de situations, telles des "pompiers de la psy", explique à l'AFP l'une d'elles, Anaëlle Malherbe.
Cette psychologue et préparatrice mentale à l'Insep, pépinière du sport de haut niveau, fait partie avec Elise Meyer, psychologue et coordinatrice au comité de ski de Savoie, du dispositif des "welfare officers", soit "des référents bien-être" dont l'accréditation est autorisée par le Comité international olympique (CIO) depuis les Jeux de Pékin 2022.
QUESTION: A quel type de situation vous préparez-vous?
REPONSE: "C'est impossible de savoir, on ne peut pas anticiper ce qui ne va pas se passer correctement. On est les pompiers de la psy! Et comme les pompiers, vous allez d'abord sauver les victimes qui sont les plus à risque, et ensuite, ceux qui ont un petit bobo, entre guillemets, peut-être que vous les verrez le lendemain car il y a autre chose à gérer. Une fois sur place on sera vraiment sur de l'adaptation".
Q: Justement, comment évaluer une situation?
R: "L'idée est d'analyser le besoin de la personne qui nous contacte et le niveau de criticité: si c'est un besoin de soutien ou de préparation mentale, ce n'est pas urgent, et ça peut aussi se gérer à distance. Si par contre on voit qu'il y a risque suicidaire, une décompensation psy ou que l'athlète a du mal à gérer une blessure et que ça l'empêche de participer aux épreuves, là on intervient dans la journée. La priorité est la gestion de crise, les demandes d'urgence psy."
Q: Quelles situations avez-vous dû affronter lors des précédents JO?
R: "Cela ne s'est jamais passé de la même manière. A Pékin on a eu la gestion Covid qui a été extrêmement difficile, avec beaucoup d'incertitudes. Pour Paris, on avait anticipé le risque d'attentat mais il n'y en a pas eu, et heureusement. On a eu par exemple des décompensations, ça peut être des grosses crises d'angoisse, des insomnies, des douleurs. On a eu un staff où il y avait une prise d'alcool trop intense avec des scarifications, ça peut être aussi du vécu de harcèlement".
Q: La prise en charge lors des sports d'hiver a-t-elle des spécificités?
R: "On ne le souhaite pas mais prenons le bobsleigh, le ski alpin ou le cross: il peut y avoir des risques de chute ou de commotion cérébrale, on est sur des sports à risque et donc si jamais il y a un accident, on va devoir intervenir pour la personne impactée, et aussi pour le staff et les athlètes qui auront assisté à l'accident ou qui auront appris l'information".
Q: La santé mentale est-elle moins taboue aujourd'hui?
R: "C'est vraiment en train de changer depuis une dizaine d'années. Il y a beaucoup de sportifs connus qui ont parlé de leur dépression, on parle aussi de plus en plus des violences dans le sport, il y a un aspect qui se démocratise, une parole se libère, ce qui est positif et enlève un tabou sur le fait d'être accompagné. Les athlètes voient bien que ça les aide et que cela créé une différence. Avec l'effet boule de neige il y a en de plus en plus qui sont accompagnés et qui osent en parler."
Propos recueillis par Katia DOLMADJIAN
T.Perez--AT