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Le Costa Rica élit son président, la candidate conservatrice favorite

Le Costa Rica élit son président, la candidate conservatrice favorite

Les Costariciens élisent dimanche leur président, avec pour grande favorite la candidate du parti conservateur au pouvoir, Laura Fernández, portée par ses promesses de fermeté face à la criminalité, qui font craindre à ses rivaux une dérive autoritaire.

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Les bureaux de vote ont ouvert à 06H00 (12H00 GMT). Quelque 3,7 millions de citoyens sont appelés aux urnes pour élire également leurs députés pour un mandat de quatre ans.

Après avoir voté à Cartago, Mme Fernández, politologue conservatrice de 39 ans, a réaffirmé son objectif de "gagner dès le premier tour".

Sileny Fernández, conseillère en ressources humaines de 39 ans, lui a apporté sa voix au nom de "la continuité". "Le gouvernement maintient l'économie en bonne santé et Laura va sévir contre les trafiquants de drogue", explique-t-elle.

Le Costa Rica, longtemps réputé pour sa stabilité, est en proie à un trafic de drogue en pleine expansion, accompagné d'une forte violence.

La victoire de Laura Fernández élargirait l'assise de la droite en Amérique latine, après ses succès au Chili, en Bolivie, au Pérou et au Honduras.

Mme Fernandez, héritière politique du populaire président Rodrigo Chaves, devance ses rivaux grâce à son programme axé sur la sécurité, principale préoccupation des Costariciens, selon les enquêtes d'opinion.

Née dans une province côtière du Pacifique, mère d'une fille de trois ans, cette spécialiste des politiques publiques se dit libérale sur le plan économique et conservatrice sur le plan social.

Selon le dernier sondage de l'Université du Costa Rica (UCR), elle obtiendrait 44% des voix, bien que 26% des électeurs soient encore indécis.

- "sortir des rats des égouts" -

Le taux d'homicides a atteint un pic historique de 17 cas pour 100.000 habitants sous l'administration Chaves, le gouvernement accusant le système judiciaire de laisser les criminels agir en toute impunité.

Selon les autorités, la plupart des meurtres sont liés au trafic de drogue, qui a fait du Costa Rica une plaque tournante logistique et d'exportation de stupéfiants.

Mme Fernández propose d'achever la construction d'une méga-prison sur le modèle de celle construite pour les membres de gangs par le président salvadorien, Nayib Bukele, qu'elle admire, d'alourdir les peines et d'instaurer l'état d'urgence dans les zones en proie à la violence.

"J'aime bien leur projet de sécurité, la prison. La violence a explosé parce qu'ils s'attaquent aux meneurs: c'est comme sortir des rats des égouts", a dit à l'AFP Jessica Salgado, une employée de bureau de 27 ans.

Sa sœur Kenia, 24 ans, a voté pour l'opposition. "Nous avons aussi besoin de quelqu'un qui offre aux jeunes des options en matière d'éducation et de santé afin qu'ils ne prennent pas le mauvais chemin", dit-elle.

Selon l'opposition, l'actuel président Chaves continuera de gouverner le pays de 5,2 millions d'habitants en coulisses.

Une étude de l'UCR indique que le pays a accumulé cinq années de stabilité budgétaire au prix d'une réduction des programmes de protection sociale.

Le taux de pauvreté a diminué, passant de 18% en 2024 à 15,2% en 2025, mais le Costa Rica figure parmi les six pays d'Amérique latine les plus inégalitaires, selon l'indice de Gini et est le deuxième pays le plus cher après l'Uruguay, ce dont pâtissent les populations à faibles revenus.

L'opposition, qui présente une vingtaine de candidats, vise un second tour ou la formation d'un bloc législatif pour contrer les ambitions de Mme Fernández.

Ch.P.Lewis--AT