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Deux militaires américains dans un état critique après des "tirs ciblés" près de la Maison Blanche
Deux militaires de la Garde nationale américaine déployés à Washington sont dans un "état critique" mercredi, touchés par les "tirs ciblés" d'un suspect qui a agi seul avant d'être arrêté, ont dit les autorités sans évoquer de mobile.
Le drame est survenu en plein centre de la capitale américaine, investie depuis août par des centaines de ces militaires de réserve pour y mener des patrouilles à pied, à la demande de Donald Trump et contre l'avis des autorités locales démocrates.
Les deux militaires touchés sont "grièvement blessés" et le tireur présumé est lui aussi "sévèrement blessé", a écrit sur son réseau Truth Social le président américain, qui suit la situation depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, où il compte passer jeudi la fête de Thanksgiving.
Donald Trump a ajouté que l'auteur, qu'il décrit comme "un animal", "paierait très cher" son acte.
Il s'agit de la pire attaque commise contre la Garde nationale depuis son déploiement par le président républicain ces derniers mois dans des villes démocrates.
Puis d'autres gardes nationaux "sont parvenus" à le "maîtriser pour l'arrêter", a-t-il ajouté.
"Ce que l'on sait (...) c'est que les tirs étaient ciblés", a déclaré Muriel Bowser, la maire démocrate de Washington, lors de la même conférence de presse.
- "Deux civières" -
Les deux militaires sont dans un "état critique", a insisté devant les caméras Kash Patel, le directeur du FBI, alors que la confusion a un temps régné sur leur sort.
Patrick Morrisey, le gouverneur de la Virginie-Occidentale d'où les deux victimes sont originaires, avait annoncé sur X qu'elles avaient succombé à leurs blessures avant de rétropédaler et de parler "d'informations contradictoires" sur leur état de santé.
"Nous n'avons connaissance d'aucun mobile", a déclaré Jeffery Carroll, de la police de Washington.
La Maison Blanche a accusé elle l'opposition démocrate d'avoir "diabolisé" les soldats en critiquant leur déploiement et en accusant Donald Trump d'outrepasser ses pouvoirs.
Sur les lieux des tirs, dans un quartier de bureaux à deux rues de la Maison Blanche, des journalistes de l'AFP ont vu une personne vêtue d'un uniforme militaire être évacuée sur un brancard.
Mohammed Elkattabi venait juste de visiter la Maison Blanche en famille "quand (il) a vu plein de flics et de voitures de police passer à toute vitesse." "On a vu deux civières" a raconté à l'AFP ce commercial de 47 ans, venu en famille d'Atlanta, dans le sud du pays, pour visiter la capitale américaine en pleine période des fêtes de Thanksgiving.
Son fils de six ans, a-t-il précisé, "apprend l'histoire à l'école et il a maintenant pu voir l'histoire en direct", dans un pays marqué par les violences politiques et les crimes par armes à feu.
- Renforts déployés -
Les tirs sont survenus dans un climat politique très tendu aux Etats-Unis, secoués début septembre par l'assassinat de Charlie Kirk, un jeune influenceur ultra conservateur allié du président. Une élue démocrate du Minnesota avait été tuée quelques mois auparavant tandis que Donald Trump a lui-même été victime d'une tentative d'assassinat en 2024 pendant la campagne présidentielle.
Ces derniers mois, le président a envoyé la Garde nationale à Los Angeles (ouest) et Washington, contre l'avis des autorités locales démocrates, disant ces renforts nécessaires pour lutter contre la criminalité et appuyer la police fédérale de l'immigration (ICE).
Le ministre de la Défense Pete Hegseth a annoncé mercredi l'envoi de 500 militaires supplémentaires à Washington, ce qui doit porter à plus de 2.500 le nombre de soldats déployés dans la capitale.
La municipalité a saisi la justice pour demander le retrait de la Garde nationale, accusant l'exécutif fédéral d'outrepasser ses pouvoirs, et les tribunaux lui ont donné raison la semaine dernière.
bur-eml-sms-ube/ev
T.Wright--AT