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Neuf morts dans des affrontements entre police et manifestants au Cachemire pakistanais
Des funérailles avaient lieu jeudi au Cachemire pakistanais à la suite de manifestations contre les privilèges de la classe dirigeante, qui ont fait neuf morts, dont trois policiers, depuis lundi dans des affrontements avec les forces de l'ordre, selon les chiffres officiels.
Selon un communiqué du gouvernement de l'Azad-Cachemire - la partie de cette région montagneuse à majorité musulmane disputée qui est sous contrôle du Pakistan - 50 civils et 170 policiers ont également été blessés dans les "manifestations violentes" entre lundi et mercredi.
Les manifestants, qui prévoient de poursuivre leur mobilisation, font état de leur côté d'une centaine de blessés dans leurs rangs.
Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Muzaffarabad à partir de lundi, demandant notamment la fin de la gratuité de l'électricité et des voitures de fonctions onéreuses pour les responsables politiques.
L'internet a été déconnecté et les médias locaux ont été mis en garde par les autorités sur leur couverture des manifestations.
Mercredi, les rues de Muzaffarabad étaient jonchées d'éclats de verre, de pierres et de douilles d'armes à feu. Des traces de sang étaient visibles, selon un journaliste de l'AFP.
Des milliers de personnes manifestaient, scandant des slogans antigouvernementaux devant des bâtiments éventrés ou en feu.
Marchés et écoles étaient fermés.
"Les hommes politiques se comportent comme des gangsters qui règnent sur nos vies, nous voulons qu'ils partent et que leurs privilèges soient abolis", a dit Asad Tabbasum, un manifestant de 51 ans.
Les forces de sécurité ont été mobilisées en masse, tirant des grenades de gaz lacrymogène pour repousser la foule qui a atteint 6.000 personnes au plus fort de la mobilisation.
L'armée, que les analystes considèrent comme le véritable centre de pouvoir du pays, n'a pas communiqué sur ces événements et n'a pas répondu aux demandes de l'AFP.
La souveraineté sur le Cachemire est revendiquée tant par l'Inde que par le Pakistan depuis leur indépendance à l'égard de l'ex-puissance coloniale britannique.
Le ministre pakistanais de l'Intérieur a affirmé dans un communiqué que "quelques mécréants, à l'instigation de l'ennemi, tentent de rompre la paix et l'ordre dans l'Azad-Cachemire".
Il n'a pas nommé "l'ennemi", mais ce terme est fréquemment employé pour désigner l'Inde.
Les manifestations ont été menées par l'organisation de défense des droits de l'Homme Awami Action Committee (ACC), qui défend les droits des autochtones dans cette région rurale.
Shaukat Nawaz, un des leaders des manifestations, membre de l'ACC, a affirmé que la police avait tiré à balles réelles sur la foule.
"Les balles que l'on tire sur nous sont fabriquées au Pakistan pour être utilisées contre l'ennemi, et maintenant elles sont utilisées contre nous", a-t-il dit.
Les autorités n'ont pas répondu à ces affirmations.
Les manifestants ont également accusé les forces de l'ordre de s'en prendre aux journalistes pour empêcher la couverture de cette mobilisation.
M.Robinson--AT