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Ukraine: les pourparlers trilatéraux reprennent à Genève
Ukrainiens et Russes ont repris leurs pourparlers mercredi à Genève sous médiation américaine pour essayer de trouver une issue à quatre ans de conflit en Ukraine, après des négociations la veille qui ont montré peu de signes de progrès, et une nouvelle vague de frappes russes nocturnes sur l'Ukraine.
"La seconde journée de discussions trilatérales a commencé à Genève", a annoncé le chef de la délégation ukrainienne Roustem Oumerov sur Telegram. Un porte-parole de la délégation russe à Genève a également confirmé que les négociations avaient débuté.
"Les consultations se déroulent au sein de groupes de travail relevant des volets politique et militaire. Nous nous employons à clarifier les paramètres et les mécanismes des décisions discutées hier", a indiqué M. Oumerov.
Ces pourparlers reprennent alors que la Russie a lancé un missile ballistique et 126 attaques de drones sur l'Ukraine dans la nuit de mardi à mercredi, selon l'armée de l'air ukrainienne.
Moscou a également revendiqué mercredi la prise du village de Krynytchné dans la région de Zaporijjia (sud) et du village frontalier de Kharkivka dans la région de Soumy (nord-est).
Les trois délégations se retrouvent de nouveau à huis clos à l'hôtel InterContinental de Genève après des échanges "très tendus" la veille, selon une source proche de la délégation russe.
Des "conseillers" de quatre pays européens, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie, étaient également présents à Genève mardi. Leur présence n'était pas confirmée mercredi matin.
- Pression américaine -
Les parties travaillent sur la base du plan américain dévoilé il y a plusieurs mois, qui prévoit notamment des concessions territoriales de la part de l'Ukraine en échange de garanties de sécurité occidentales.
Les négociations bloquent sur le sort du Donbass, le grand bassin industriel de l'est de l'Ukraine: Moscou réclame que les forces ukrainiennes se retirent des zones qu'elles contrôlent encore dans la région de Donetsk, ce que Kiev refuse.
Les discussions de Genève font suite à deux récentes sessions de pourparlers à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, qui n'avaient pas débouché sur de grands progrès.
L'émissaire de la Maison Blanche Steve Witkoff a cependant salué mercredi l'avancée représentée par la poursuite de ce processus de négociation rassemblant Russes et Ukrainiens.
"Le succès du président Trump à réunir ensemble les deux parties de cette guerre a apporté un progrès significatif", a indiqué sur X le négociateur après une première journée de pourparlers.
"Les deux parties sont convenues d'informer leurs dirigeants respectifs et de continuer à travailler en vue d'un accord", a-t-il ajouté.
Donald Trump fait pression pour obtenir un dénouement diplomatique du conflit déclenché par l'invasion russe de l'Ukraine, en février 2022.
"L'Ukraine ferait mieux de venir à la table des discussions, et rapidement", a répété lundi soir le président américain, après avoir affirmé la semaine dernière que la Russie voulait "conclure un accord".
- Concessions demandées à Kiev -
Volodymyr Zelensky a pour sa part mis en doute à de multiples reprises la volonté du Kremlin de négocier, et exclu, à ce stade, de céder des territoires à la Russie, qui occupe mi-février 19,5% du territoire ukrainien.
Le président ukrainien a estimé qu'il n'était "pas juste" que le président Trump appelle l'Ukraine et non la Russie à faire des concessions pour obtenir la paix, dans une interview au média américain Axios.
Il a dit espérer que cette pression redoublée sur Kiev "soit juste sa tactique et pas une décision".
Selon la politologue Tatiana Stanovaïa, le fait de choisir l'historien nationaliste Vladimir Medinski pour mener la délégation russe à Genève illustre le "retour des exigences politiques au centre des discussions".
La Russie avait précédemment réclamé une réduction de la taille de l'armée ukrainienne et un engagement de l'Ukraine à ne pas entrer dans l'Otan.
Presque 100.000 personnes étaient encore privées d'électricité à Odessa (sud) mercredi matin après des frappes russes massives dans la nuit de lundi à mardi, selon les autorités locales.
Pour faire pression sur Kiev, à l'heure des négociations, la Russie multiplie depuis des semaines les frappes dévastatrices sur les infrastructures ukrainiennes.
O.Gutierrez--AT