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Wimbledon: Valentin Royer, un "travaillomane" formé à l'école serbe
Opposé mercredi à son compatriote Adrian Mannarino au deuxième tour de Wimbledon, le Français Valentin Royer s'est formé loin du giron de la Fédération, son parcours atypique passant notamment par la Serbie avant de décrocher lundi son premier succès sur le circuit principal du tennis mondial.
Certes, pour s'offrir cette victoire symbolique à 24 ans passés, le droitier de Neuilly-sur-Seine a bénéficié de l'abandon de son adversaire, le Grec Stefanos Tsitsipas (26e), touché au dos.
Mais "je ne démérite pas du tout, je ne me sens en tout cas pas imposteur de ce qui se passe", insiste Royer (113e), vainqueur des deux premiers sets avant que Tsitsipas ne jette l'éponge.
Même s'il n'a pas le palmarès précoce d'un Carlos Alcaraz (5 titres en Grand Chelem à 22 ans) ou d'un Jannik Sinner (3 trophées majeurs à 23 ans), "je suis un gros bosseur, un +travaillomane+", une expression qui lui vient de son entourage, a-t-il martelé lundi en conférence de presse.
Fils d'un cadre de la distribution alimentaire, Royer a passé son enfance et son adolescence entre la Pologne, la République tchèque et surtout la Serbie, où il s'est formé à l'académie de l'ex-membre du top 10 mondial Janko Tipsarevic.
"Ce qui est frappant en Europe de l'Est, c'est l'éthique de travail. Le plus souvent, les gars ne jouent pas au tennis pour s'amuser, mais pour en vivre. Ca m'a amené une discipline de travail dont on n'a parfois pas l'habitude en Europe occidentale", avançait le Français en avril auprès de l'ATP.
Une fois son match contre Tsitsipas achevé, Royer est d'ailleurs immédiatement reparti s'entraîner une heure.
"J'ai besoin de ce quota d'heures sur le terrain, je fonctionne comme ça", s'est-il justifié, armé de son débit mitraillette et de chaussettes-claquettes.
"Pour arriver au top niveau du tennis mondial, ça passe par là. Quand on voit (le N.3 mondial Alexander) Zverev, il gagne" facilement la finale du Masters 1000 de Paris contre Ugo Humbert en novembre "mais derrière il va s'entraîner une heure et demi sur le terrain", admire Royer. "Il connaît ses objectifs et il met ses exigences à la hauteur de ses objectifs".
- "A ma place" -
Directement invité fin mai dans le tableau final de Roland-Garros, un honneur inédit pour lui, Royer s'était incliné en cinq sets au premier tour contre le Colombien Daniel Elahi Galan (107e).
Le natif des Hauts-de-Seine est ensuite redescendu d'un échelon pour disputer deux tournois Challenger sur terre battue, et a atteint la finale à Bratislava mi-juin.
Battu en deux sets au premier tour du Challenger sur gazon de Nottingham, Royer n'avait gagné aucun match sur herbe avant d'enchaîner trois succès à Roehampton, le site où se déroulent les qualifications pour Wimbledon.
Après avoir gagné le droit de fouler les prestigieux courts de Wimbledon, et l'assurance de se hisser au meilleur classement de sa carrière, Royer a découvert le All England Club avec un émerveillement presque enfantin.
"Samedi, je me suis entraîné sur le court numéro 2, un court avec des gros gradins quand même, avec toutes ces belles lignes faites à la tondeuse... Limite, tu arrives sur le court, tu n'as même pas envie de jouer, quoi. Tu as envie de laisser le court tranquille!", a-t-il plaisanté en conférence de presse.
Accessoirement, par rapport aux courts de Roehampton, "il y a un peu moins de faux rebonds ici", a-t-il glissé dans un sourire.
C'est désormais un autre Français, également issu des qualifications, qui l'attend au deuxième tour.
Adrian Mannarino (123e mondial à 37 ans), "je sais qu'il a été top 20, on s'est déjà entraînés ensemble, je le respecte", souligne Royer.
"Maintenant sur le terrain, ce sera encore une fois comme contre Tsitsipas au premier tour: deux mecs avec deux bras, deux jambes", dédramatise-t-il.
"C'est grand, c'est prestigieux, mais je me sens à ma place. Chacun a son propre rythme", poursuit-il.
"Peut-être que dans 10 ou 15 ans, on verra que ma progression aura été lente mais très linéaire. On fera les comptes à la fin!"
H.Gonzales--AT