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Royaume-Uni: Truss s'accroche malgré la fronde qui monte
La Première ministre britannique Liz Truss s'accroche à son poste jeudi malgré les appels à la démission de plus en plus pressants dans son propre camp, au lendemain d'une journée catastrophique pour son gouvernement.
Malgré la démission de la ministre de l'Intérieur et une soirée sous haute tension tournant à la foire d'empoigne au Parlement, le porte-parole de la Première ministre a assuré qu'elle n'avait aucune intention de renoncer. "La Première ministre reconnaît qu'hier (mercredi) a été une journée difficile" mais elle "travaille" avec son ministre des Finances Jeremy Hunt pour agir en faveur de la croissance et la stabilité économiques, a-t-il ajouté.
Il a assuré que "la Première ministre sera là au-delà du 31 octobre", date à laquelle le gouvernement doit présenter son plan budgétaire à moyen terme, grâce auquel il espère enfin calmer la crise politique et financière suscitée par son coûteux mini-budget dévoilé fin septembre.
Liz Truss a aussi rencontré jeudi matin, à sa demande, selon Downing Street, le député à la tête du puissant Comité 1922 chargé de l'organisation interne du parti conservateur (et donc d'une éventuelle procédure de remplacement), au moment où la dirigeante conservatrice se débat avec une majorité de plus en plus frondeuse, la liste de parlementaires demandant son départ s'allongeant d'heure en heure.
"Liz Truss doit partir dès que possible", a lâché l'ancien ministre conservateur David Frost, qui la soutenait ardemment auparavant, dans une tribune au Daily Telegraph.
"Il est temps pour elle d'accepter (qu'elle n'est pas à la hauteur) et d'annoncer qu'elle démissionne", a abondé Matt Chorley, un député de la majorité.
La presse souligne unanimement le "chaos" politique actuel, The Times jugeant Liz Truss "condamnée".
Plus impopulaire que jamais dans l'opinion, sans programme économique après l'humiliant renoncement aux baisses d'impôts et ayant dû se priver de deux de ses plus importants ministres, Liz Truss a beau assurer qu'elle veut rester en place, son maintien à Downing Street ne tient plus qu'à un fil.
Mais après 12 ans au pouvoir, son parti semble toutefois tétanisé, incapable de s'entendre sur un successeur et refusant d'affronter des élections anticipées le renvoyant dans l'opposition.
Pour les conservateurs, l'enjeu est de trouver quelqu'un capable à la fois de rassembler le parti et d'inspirer confiance dans un pays qui subit une crise économique et sociale majeure avec une inflation qui a atteint un sommet en 40 ans.
Plusieurs noms circulent, comme ceux de Rishi Sunak, Jeremy Hunt, Penny Mordaunt --la ministre chargée des relations avec le Parlement-- voire même Boris Johnson, le Premier ministre qu'elle a remplacé en septembre.
- "Querelles pathétiques" -
L'opposition travailliste continue de caracoler dans les sondages et son chef, Keir Starmer, a de nouveau appelé à la tenue d'élections générales.
Les conservateurs "manquent à leur devoir patriotique de base de laisser les Britanniques en dehors de leurs querelles pathétiques", a-t-il déclaré dans un discours devant le Congrès des syndicats (TUC), au moment où de nombreux mouvements sociaux agitent le pays face à la crise du coût de la vie.
Il a toutefois prévenu que, étant donné les "dégâts" causés par les Tories, "la situation sera vraiment difficile" même avec un gouvernement travailliste.
Pour Liz Truss, la journée de mercredi a viré au mélodrame. Moins d'une semaine après le départ du ministre des Finances Kwasi Kwarteng, remplacé par Jeremy Hunt, nouvel homme fort du gouvernement, c'est la très à droite ministre de l'Intérieur Suella Braverman qui a quitté le gouvernement pour des divergences grandissantes avec Liz Truss sur l'immigration, selon les médias britanniques.
Elle a été remplacée par Grant Shapps, ancien ministre des Transports sous Boris Johnson, dans un nouveau geste d'ouverture à l'égard des ex-adversaires de Liz Truss dans la course à Downing Street, Shapps ayant soutenu Rishi Sunak.
La soirée a ensuite été mouvementée au Parlement où un vote --remporté par le gouvernement-- à propos de la levée du moratoire sur la fracturation hydraulique a visiblement tourné à la foire d'empoigne entre les conservateurs.
Des députés de la majorité ont refusé de voter dans le sens du gouvernement, malgré les représailles auxquelles ils s'exposent, Downing Street ayant expressément demandé de respecter la consigne de vote.
W.Stewart--AT