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Impopulaire, le chancelier allemand en quête d'un second souffle au congrès de son parti
Un an après sa victoire électorale, le chancelier allemand Friedrich Merz doit se relancer vendredi au congrès de son parti, affaibli par une popularité en berne, des promesses non tenues et la pression de l'extrême droite.
Sa réélection à la tête du parti chrétien-démocrate CDU, au cours de ce congrès, à Stuttgart, ne fait aucun doute mais son score sera scruté de près, lui qui avait été élu à la tête de cette formation conservatrice en obtenant 95% des voix en 2022.
"Ce sera un bon résultat", a assuré jeudi, sans se risquer à un pronostic, le secrétaire général de la CDU, Carsten Linnemann, en conférence de presse.
M. Merz y retrouvera aussi sa rivale de longue date, l'ex-chancelière Angela Merkel, qui l'avait écarté du jeu politique pendant une quinzaine d'années et à qui il reproche l'accueil de centaines de milliers de réfugiés en 2015.
Son rendez-vous avec les délégués a d'autant plus d'importance, que les conservateurs attendent de lui un plan pour gagner plusieurs élections régionales prévues pour cette année, en particulier dans l'est où le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) pourrait s'imposer.
Victorieux des législatives de février 2025 et aux commandes de l'Allemagne depuis mai, M. Merz a connu un début d'exercice difficile, critiqué jusque dans son camp pour la lenteur des réformes attendues afin de relancer une économie en berne depuis trois ans.
En cause, notamment, les disputes au sein de sa coalition avec le SPD, le parti social-démocrate, qui ralentissant la prise de décision.
Carsten Linnemann réfute pour autant l'idée, avancée par la presse, selon laquelle "l'ambiance dans le parti ne serait pas bonne."
- Espoirs déçus -
Beaucoup d'Allemands "espéraient des changements bien plus rapides", constate auprès de l'AFP Marc Debus, chercheur en sciences politiques à l'université de Mannheim.
Pour lui, "d'énormes chantiers n'ont pas été abordés assez rapidement l'an dernier".
Ainsi Rainer Dulger, le patron de la fédération patronale BDA, a appelé mercredi, dans les colonnes du quotidien Bild, le chancelier à présenter "un programme de réformes digne de ce nom", réclamant des baisses d'impôts, une réduction des dépenses sociales et une purge dans la bureaucratie.
Et avec des prévisions de croissance économique de tout juste 1% pour 2026 et une hausse du PIB de 0,2% en 2025 après deux années de récession, Friedrich Merz se doit d'agir.
D'autant que l'économie est aussi minée par les droits de douane américains, le prix de l'énergie et un retard technologique croissant sur les Etats-Unis et la Chine.
Le chancelier met, quant à lui, en avant des succès : sa coalition s'est entendue sur une réforme permettant d'investir massivement pour bâtir des infrastructures modernes et muscler la défense nationale.
Il s'agit là notamment de répondre aux défis cumulés de la menace russe et du refus des Etats-Unis de Donald Trump de continuer de payer pour la protection militaire de l'Europe.
Friedrich Merz se félicite aussi de sa reprise en main de la politique migratoire, avec une réduction drastique du nombre des arrivées de demandeurs d'asile à travers une série de mesures, dont des contrôles accrus aux frontières et la mise entre parenthèses des règles de Schengen.
- Impopulaire -
Il se targue également d'avoir replacé l'Allemagne au centre du jeu diplomatique international, faisant jouer à l'Europe un rôle de premier plan dans la guerre en Ukraine au moment où Donald Trump semblait vouloir accorder la victoire à Vladimir Poutine.
"Il a réussi à redonner de l'assurance à l'Allemagne et surtout à l'Europe", a fait valoir jeudi Carsten Linnemann.
Mais, en l'état, le chancelier ne convainc pas ses concitoyens. Pire, seuls 22% estiment qu'il fait un meilleur travail que son prédécesseur honni du SPD, Olaf Scholz, battu aux législatives de 2025, selon un sondage du journal Bild.
Et M. Merz a pu froisser en sermonnant les Allemands sur leur éthique de travail, comme avec cette sortie: "ce n'est pas avec la semaine de quatre jours et l'équilibre vie professionnelle / vie privée, qu'on pourra assurer la prospérité du pays".
Enfin, il reste menacé sur sa droite par l'AfD, malgré le tour de vis qu'il donné sur l'immigration, sans savoir comment attirer les électeurs de cette formation.
"Une CDU plus à droite pourrait faire fuir les électeurs du centre sans pour autant attirer les électeurs de l'AfD", observe le politologue Benjamin Höhne, de l'université de Chemnitz.
E.Hall--AT