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Trump mobilise son "Conseil de paix" pour reconstruire Gaza
En pleine escalade militaire avec l'Iran, Donald Trump a réuni jeudi pour la première fois son "Conseil de paix", devant lequel plusieurs pays ont annoncé leurs contributions en argent et hommes pour la reconstruction de Gaza.
L'Iran doit conclure un accord "pertinent" ou "de mauvaises choses" arriveront, a menacé le président américain dans son discours, donnant à Téhéran un ultimatum de dix jours, au moment où les Etats-Unis ont déployé une force massive dans la région.
Un parterre hétéroclite de dirigeants étrangers amis de Donald Trump ou cherchant sa bienveillance ont tour à tour salué son leadership, le président savourant visiblement le moment tout à sa gloire.
"Nous allons aider Gaza. Nous allons régler ça. Nous en ferons un succès. Nous y apporterons la paix et nous ferons de même dans d'autres endroits chauds qui surgiront", a-t-il déclaré en clôturant la réunion.
Quelque 47 pays dont seulement certains sont membres à proprement parler du "Conseil", et l'Union européenne, en "observatrice", étaient représentés pour parler de la reconstruction et la stabilisation de la bande de Gaza.
Après plus de quatre mois de cessez-le-feu, les tirs et les frappes restent quotidiens à Gaza, où Israël et le Hamas s'accusent mutuellement de violer la trêve.
La deuxième phase du plan de paix de Trump prévoit le retrait progressif des troupes israéliennes qui contrôlent environ la moitié du territoire palestinien, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.
Le président américain a déclaré que plusieurs pays, majoritairement du Golfe, avaient promis "plus de 7 milliards de dollars" pour reconstruire le territoire dévasté.
Il a aussi annoncé une contribution américaine de 10 milliards de dollars pour le "Conseil de paix", doté d'une mission plus large et très vague de résolution des conflits dans le monde.
- L'Indonésie fer de lance -
L'Indonésie, pays en grande majorité musulman, assumera le rôle de commandant adjoint de la force de stabilisation, a annoncé le général américain Jasper Jeffers.
Il a précisé que cinq pays s'étaient déjà engagés à fournir des troupes à cette force (ISF), citant outre l'Indonésie, le Maroc -- premier pays arabe à le faire publiquement --, le Kazakhstan, le Kosovo et l'Albanie.
L'Indonésie s'est dite prête à fournir 8.000 soldats à cette force sous commandement américain, qui pourrait compter jusqu'à 20.000 troupes.
De son côté, le nouveau Haut représentant pour Gaza, le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, a annoncé le début du recrutement d'une nouvelle force de police palestinienne à Gaza, soulignant que 2.000 personnes s'étaient déjà portées volontaires.
Deux pays, l'Egypte et la Jordanie, se sont engagés à former des policiers.
Au moment où se tenait le Conseil, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a cependant insisté sur la nécessité d'un désarmement du mouvement islamiste palestinien Hamas avant toute reconstruction de Gaza.
- Israël et Qatar côte à côte -
La rencontre, qui se déroulait à l'Institut Trump pour la paix à Washington, a commencé par une photo de famille, tandis que résonnaient les tubes préférés du dirigeant républicain, d'Elvis Presley à James Brown.
"Tout le monde aime la musique?", a commenté le milliardaire de 79 ans, en incitant ses invités à "sourire".
Sur l'estrade, le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, s'est tenu aux côtés du Premier ministre du Qatar, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani.
Donald Trump, dans un discours largement improvisé, a rendu hommage à certains alliés, comme le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, ou le président argentin, Javier Milei.
- L'ONU, "géant agonisant" -
Au-delà de Gaza, le "Conseil de paix" a pour mission de "garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits".
De quoi, sur le papier, faire concurrence aux Nations unies.
L'ONU "a un grand potentiel" mais ne l'a "jamais réalisé", a déploré Donald Trump, qui se flatte d'avoir réglé tout seul huit conflits depuis son retour au pouvoir.
Le "Conseil de paix" va "presque surveiller" l'ONU et "s'assurer qu'elle fonctionne correctement", a-t-il ajouté.
Les grands alliés traditionnels et les grands rivaux des Etats-Unis se sont cependant abstenus dans leur majorité de rejoindre l'organisme comme membres fondateurs.
"Beaucoup en Europe affirment que le Conseil de paix est destiné à remplacer les Nations unies. Cela ne me semble pas être une tentative visant à remplacer l'ONU. Mais si cela contribue à secouer ce géant agonisant et, inch'Allah, à le réveiller, alors que Dieu bénisse le conseil de paix", a déclaré le Premier ministre albanais, Edi Rama.
R.Chavez--AT