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L'Iran dit être convenu avec Washington de "principes directeurs" en vue d'un possible accord
Le chef de la diplomatie iranienne a affirmé que Téhéran et Washington s'étaient entendus mardi lors de pourparlers en Suisse sur "un ensemble de principes directeurs" qui pourrait ouvrir la voie à un possible accord pour régler leurs différends.
Les deux pays ennemis ont conclu mardi près de Genève une deuxième session de pourparlers indirects dans un contexte toujours très tendu, le guide suprême iranien prévenant que le porte-avions américain présent dans le Golfe pouvait être coulé.
A la télévision d'Etat iranienne, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, qui menait la délégation iranienne, a salué une session de discussions "plus constructive" que la précédente, qui s'était tenue le 6 février à Oman, pays médiateur.
"Nous avons pu parvenir à un large accord sur un ensemble de principes directeurs, sur la base desquels nous avancerons et commencerons à travailler sur le texte d'un accord potentiel", a-t-il déclaré.
Les deux parties vont continuer de travailler sur leurs projets de textes, avant qu'une date pour une troisième session ne soit fixée, a-t-il précisé.
"Cela ne signifie pas que nous pouvons parvenir rapidement à un accord", a toutefois tempéré le ministre, reconnaissant qu'il "faudrait du temps pour réduire" l'écart entre les positions des deux parties.
"Il reste encore beaucoup à faire", a aussi affirmé le chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi, saluant toutefois de "bons progrès".
Washington n'a pas commenté dans l'immédiat.
Au moment même où les deux délégations se trouvaient dans la résidence d'Oman près de Genève, l'ayatollah Ali Khamenei a juré, dans un discours, que l'Amérique n'arriverait jamais à détruire la République islamique.
- Manoeuvres militaires -
Le porte-avions -embarquant près de 80 appareils - et ses navires d'escorte, se trouvent actuellement à environ 700 km des côtes iraniennes. Un deuxième, le Gerald Ford, doit le rejoindre, à une date incertaine.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, mènent pour leur part des manoeuvres militaires dans le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole.
Par mesure de "sécurité" pendant ces exercices, le détroit - que Téhéran a plusieurs fois menacé de bloquer en cas d'attaque - sera partiellement fermé, pendant "quelques heures", a rapporté la télévision d'Etat iranienne mardi.
Les délégations américaine - menée par l'émissaire Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner et iranienne - dirigée par M. Araghchi - se sont retrouvées mardi pour environ trois heures et demi de discussions, via des échanges de messages, à l'écart des regards, selon les médias iraniens.
Les deux pays ont repris ces pourparlers sans s'accorder sur leur objet.
Sur le volet nucléaire, Téhéran s'est dit prêt à un compromis concernant son stock d'uranium hautement enrichi, estimé à plus de 400 kg et dont le sort est incertain, si Washington lève ses sanctions.
Dans une économie asphyxiée par ces mesures de rétorsion internationales, le pouvoir d'achat des Iraniens s'est dégradé ces derniers mois, nourrissant la contestation qui a éclaté en décembre avant d'être écrasée dans le sang en janvier.
- Washington "plus réaliste" -
Tout accord avec Washington doit être accompagné d'une levée des sanctions, deux éléments "indissociables", a réaffirmé mardi le porte-parole du ministère iranien, Esmaeil Baqaei.
Il a salué, au vu des premières discussions, une position américaine "plus réaliste" sur la question nucléaire, sans détailler.
Les pays occidentaux et Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire.
Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son "droit inaliénable" à développer une filière nucléaire civile et à enrichir l'uranium, notamment pour l'énergie, conformément aux dispositions du Traité de non-prolifération dont il est signataire.
Ch.P.Lewis--AT