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Crues: la Loire déborde près d'Angers, alerte toujours maximale dans le sud-ouest
Le gonflement de la Loire provoque une "crue majeure" mardi dans les environs d'Angers alors que trois départements, le Maine-et-Loire, la Gironde et le Lot-et-Garonne, ont été maintenus en vigilance rouge, le niveau maximum d'alerte.
A la confluence du Maine et de la Loire, l'eau a envahi les terres. Quelques rangées d'arbres dépassent au milieu de grands lacs, constate un journaliste de l'AFP. En bord de fleuves, de nombreuses routes sont inondées et coupées à la circulation.
Antoine Tassel s'apprête à partir dans sa barque avec deux voisins pour surélever des choses dans leurs maisons à Chalonnes-sur-Loire, au sud d'Angers. La Loire, "on se pousse quand elle arrive et on revient quand elle part", soupire le retraité, fataliste.
Un journaliste de l'AFP aperçoit une personne à l'eau à Rochefort-sur-Loire, après que son canoë a chaviré. Les secours mettront une vingtaine de minutes avant de pouvoir la secourir.
"Nous connaissons des niveaux de crue jamais atteints depuis 25 ans", alerte le maire d'Angers, Christophe Béchu, en appelant à "la responsabilité de chacun". "Ne vous engagez pas sur des routes inondées ou barrées, limitez vos déplacements dans les secteurs à risque", a-t-il demandé.
Sur sa commune, plusieurs stations de tramway, les voies sur berges et des parkings ont été fermés.
La crue doit particulièrement toucher dans la nuit de mardi à mercredi le secteur des Ponts-de-Cé, commune de 13.000 habitants au sud-est d'Angers. Les niveaux d'eau "devraient continuer à monter dans la journée de mercredi", avertit le service d'information Vigicrues.
Aux Ponts-de-Cé, un centre d'accueil a été ouvert pour accueillir des personnes évacuées. "On a des gens qui sont isolés. Ce matin, la situation est sous contrôle. On a les digues qui protègent la plupart de la population et qui sont surveillées 24 heures sur 24", explique à l'AFP le maire, Jean-Paul Pavillon, qui attend un pic mercredi soir.
La météo et les précipitations n'incitent pas à l'optimisme pour les prochains jours. "Plusieurs passages perturbés seront attendus dans le nord-ouest du pays entre la mi-journée de mardi et mercredi, dans un contexte de sols saturés en eau", prévient Météo-France.
- Evacuations dans le sud-ouest -
Au sixième jour de son état d'alerte maximal, la Garonne déborde sur plusieurs centaines de mètres de large, entre le nord d'Agen et le sud de Bordeaux mais "il y a une descente actuellement qui se met en place", a déclaré lundi soir à l'AFP, Lucie Chadourne-Facon, directrice du service de Vigicrues.
"Cependant, on s'attend à une nouvelle hausse de la Garonne dans les 24 heures qui arrivent dans la mesure où les rivières qui sont ses affluents ont reçu des pluies cette nuit et cette eau va devoir se propager, s'écouler vers le fleuve Garonne", a-t-elle ajouté.
Dans le Lot-et-Garonne, à la Réole, le niveau de l'eau a baissé. Pascal et Florence Portanguen en profitent pour venir voir leur maison et récupérer quelques affaires. "On avait pris des habits pour deux ou trois jours mais il faudra plus", dit Pascal, 62 ans. Sur le bord de la route, les voisins s'agglutinent, regardent leur maison de loin, prennent des nouvelles des uns et des autres.
En Charente-Maritime, 135 détenus de la maison d'arrêt de Saintes ont été évacués lundi en raison de la montée des eaux de la Charente qui a atteint l'établissement pénitentiaire. Dans cette commune, "près de 400 maisons sont impactées" et un centre d'hébergement va être ouvert, explique le maire, Bruno Drapron.
En Bretagne, à Bruz (au sud de Rennes), une clinique a procédé lundi à l'évacuation préventive de l'ensemble de ses patients.
Selon les scientifiques du Giec, les précipitations vont devenir plus fréquentes et plus intenses en raison de l'évolution du climat. "Statistiquement, on est en train de vivre ce qui est le futur, c'est-à-dire des hivers plus humides et donc plus d'inondations", souligne l'hydrologue de l'université de Rennes, Pierre Brigode.
D.Johnson--AT