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La réponse du Hamas attendue après l'annonce du plan Trump pour Gaza
Le Hamas doit encore faire connaître sa réponse au plan de paix pour Gaza de Donald Trump, approuvé publiquement par le Premier ministre israélien qui a toutefois prévenu mardi que l'armée resterait "dans la majeure partie" du territoire palestinien.
Après bientôt deux ans de guerre, la Maison Blanche a publié une proposition en 20 points censée mettre fin au conflit déclenché par l'attaque sanglante menée le 7 octobre 2023 par le Hamas contre Israël, qui a fait des dizaines de milliers de morts et transformé la bande de Gaza en champ de ruines.
Ce plan prévoit un cessez-le-feu, la libération dans les 72 heures des otages retenus par le Hamas, le désarmement du mouvement islamiste qui dirige Gaza depuis 2007 et le retrait par étapes de l'armée israélienne, avant l'installation d'une autorité de transition.
Après une rencontre à Washington avec le président américain, Benjamin Netanyahu a affirmé lundi "soutenir" ce plan, tout en se réservant le droit de "terminer le travail" par les armes si le Hamas le bloquait ou le rejetait.
Dans une vidéo publiée mardi, il a affirmé que l'armée israélienne resterait "dans la majeure partie de la bande de Gaza".
"Nous récupérerons tous nos otages, vivants et en bonne santé", tandis que l'armée "restera dans la majeure partie de la bande de Gaza", a déclaré M. Netanyahu. "On nous dit: vous devez accepter les conditions du Hamas (...) Tsahal doit se retirer, et le Hamas peut se renforcer, contrôler la bande… Non, non, cela ne se passe pas ainsi", a-t-il ajouté.
- Un plan "irréaliste" -
Les médiateurs qatari et égyptien ont annoncé avoir remis le document, soutenus par de nombreux pays notamment arabes et européens, aux négociateurs du Hamas, dont la réponse n'était pas connue mardi.
Mais dans la bande de Gaza, où la quasi-totalité de la population a été déplacée par les combats, ce nouveau plan a été accueilli avec scepticisme, après deux précédentes trêves qui n'ont pas abouti.
"Clairement, ce plan est irréaliste et il a été élaboré avec des conditions dont les Etats-Unis et Israël savent qu'elles ne sont pas acceptables pour le Hamas", a estimé Ibrahim Joudeh, un ingénieur informatique de 39 ans.
En Israël, le Forum des familles d'otages a salué "un accord historique".
Isolé à l'international, confronté dans son pays aux manifestations réclamant le retour de otages, Benjamin Netanyahu est aussi sous forte pression de ses alliés d'extrême droite au sein du gouvernement, opposés à un accord qui mettrait fin à la guerre.
L'un de ces ministres, Bezalel Smotrich, a qualifié mardi le plan Trump d'"échec diplomatique retentissant" et d'oubli "des leçons du 7 octobre".
Cette attaque a entraîné du côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l'AFP à partir de données officielles. Sur les 251 personnes enlevées durant l'attaque, 47 sont toujours retenues à Gaza, dont 25 sont mortes selon l'armée israélienne.
L'offensive israélienne menée en représailles à Gaza a fait 66.055 morts, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugés fiables par l'ONU.
- Un "comité" présidé par Trump -
Une fois les otages libérés, selon le plan américain, Israël relâcherait 1.700 Gazaouis faits prisonniers après l'attaque du 7 octobre ainsi que 250 Palestiniens condamnés à la prison à perpétuité.
La bande de Gaza serait gouvernée par une autorité temporaire gérant les affaires courantes, dont le mouvement islamiste serait exclu.
Ce gouvernement serait placé sous la supervision d'un "comité de la paix" présidé par Donald Trump et dans lequel l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair jouerait un rôle.
Ce dernier a réagi en saluant un projet "audacieux et intelligent".
Parmi les points clés du plan, les Etats-Unis travailleront avec des "partenaires arabes et internationaux pour mettre en place une Force internationale de stabilisation (ISF) qui doit être immédiatement déployée à Gaza" à mesure que l'armée israélienne s'en retirera.
"Personne ne sera forcé de quitter Gaza", dit le texte alors que Donald Trump avait évoqué il y a quelques mois l'idée de vider le territoire de ses habitants.
Les membres du Hamas qui rendront les armes et accepteront une "coexistence pacifique" avec Israël seront "amnistiés". Ceux qui voudront partir de Gaza bénéficieront d'un droit de passage "protégé vers les pays de destination".
Benjamin Netanyahu a par ailleurs assuré lundi que l'Autorité palestinienne, qui siège à Ramallah, en Cisjordanie occupée, n'aurait "aucun rôle à jouer" à Gaza si elle ne passait pas "par une transformation véritable et radicale".
O.Brown--AT