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Multiples condamnations après la proposition de Trump de contrôler Gaza
Le projet de Donald Trump de contrôler Gaza et déplacer ses habitants a soulevé mercredi de multiples condamnations, chez les Palestiniens et à l'étranger, au moment où doivent reprendre les délicates négociations sur la poursuite de la trêve entre Israël et le Hamas.
Le mouvement islamiste palestinien a accusé le président américain de "jeter de l'huile sur le feu" et affirmé que ses déclarations ne "contribueront pas à la stabilité" du Moyen-Orient.
Le président palestinien Mahmoud Abbas, rival du Hamas, ainsi que l'Egypte et plusieurs capitales occidentales ont dénoncé les déclarations américaines, "dangereuses pour la stabilité" et "le processus de paix" selon Paris.
"En réponse aux appels américains au déplacement" des Palestiniens de Gaza, "nous ne permettrons pas que soient bafoués les droits de notre peuple", a affirmé M. Abbas, qui s'est rendu en Jordanie pour rencontrer le roi Abdallah II.
Donald Trump a répété mardi que les habitants de Gaza, en ruines après 15 mois de guerre, pourraient aller vivre en Jordanie ou en Egypte, malgré l'opposition de ces pays et des Palestiniens eux-mêmes.
"Les Etats-Unis vont prendre le contrôle de la bande de Gaza", a-t-il dit au côté de M. Netanyahu, parlant du territoire palestinien comme d'un "chantier de démolition".
Le président américain a affirmé que les Etats-Unis allaient "aplanir la zone et se débarrasser des bâtiments détruits", afin de développer économiquement le territoire.
Il a parlé d'un projet "à long terme" et dit avoir parlé à d'autres pays dans la région qui ont "adoré" l'idée, répétant son voeu de faire de Gaza la "Côte d'Azur du Moyen-Orient".
- "Un futur Etat palestinien" -
Donald Trump avait déjà suscité l'indignation internationale en proposant de faire "tout simplement le ménage" dans la bande de Gaza et de transférer ses habitants dans des lieux "plus sûrs" comme l'Egypte ou la Jordanie.
Il doit recevoir dans la semaine le roi de Jordanie et s'est déjà entretenu au téléphone avec le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi.
L'Egypte, frontalière de Gaza, a appelé mercredi l'Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud Abbas, à reprendre le contrôle du territoire, d'où elle avait été chassée en 2007 quand le Hamas y a pris le pouvoir. Le Caire a également plaidé pour une reconstruction rapide, "sans que les Palestiniens quittent la bande de Gaza".
La Turquie a elle aussi jugé "inacceptable" le projet de déplacer la population de Gaza.
L'Arabie saoudite a affirmé qu'elle "poursuivra sans répit ses efforts pour un Etat palestinien" soulignant qu'elle "n'établira pas de relations diplomatiques avec Israël sans cela".
Pour la France, l'avenir de Gaza passe par "un futur Etat palestinien" et non par le contrôle "d'un pays tiers". Pour Londres, les Palestiniens doivent pouvoir "vivre et prospérer" à Gaza et en Cisjordanie.
Gaza "appartient aux Palestiniens", a pour sa part répondu Berlin aux propos de Donald Trump.
Le ministre israélien d'extrême droite Bezalel Smotrich a promis mercredi de tout faire pour "enterrer définitivement" l'idée d'un Etat palestinien.
- "Enraciné dans sa terre" -
La rencontre à la Maison Blanche a coïncidé avec l'annonce d'une reprise des négociations sur le cessez-le-feu à Gaza, dont une première phase de six semaines a débuté le 19 janvier, mais dont la suite reste incertaine.
Le Hamas a annoncé mardi que ces négociations avaient "commencé".
Israël a indiqué qu'il enverrait "en fin de semaine" une délégation au Qatar, l'un des trois pays médiateurs avec les Etats-Unis et l'Egypte, pour discuter de la poursuite de la trêve.
Dans la bande de Gaza, de nombreux Palestiniens déplacés par la guerre ont profité de la trêve pour retrouver leur terre, déterminés à reconstruire. Plus d'un demi-million d'entre eux ont déjà regagné le nord du territoire.
La première phase de la trêve a permis jusqu'à présent la libération de 18 otages retenus à Gaza et d'environ 600 Palestiniens détenus par Israël, ainsi qu'un afflux de l'aide humanitaire dans le territoire assiégé.
La deuxième phase doit permettre la libération des derniers otages et la fin définitive de la guerre, déclenchée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. La dernière étape est censée porter sur la reconstruction de Gaza et la restitution des corps des derniers otages décédés.
Au total, 251 personnes avaient été enlevées lors de l'attaque du Hamas, qui a entraîné la mort de 1.210 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles israéliennes.
L'offensive israélienne menée en représailles dans la bande de Gaza a fait au moins 47.487 morts, en majorité des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.
Ch.P.Lewis--AT