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A Kiev, nuit de "cauchemar" sous les bombardements russes
En colère, sans abri, en quête de leurs proches: les habitants de Kiev racontent jeudi une nuit de "cauchemar total" sous les bombardements russes, les pires vécus dans la capitale selon le maire.
A 17 ans, Karolina Chevtchouk est déjà trop habituée aux alertes aériennes. Mercredi soir, elle ignore les sirènes et sort chercher son chat dans la rue.
Lorsqu'un jeune homme lui crie depuis un balcon qu'un missile lui fonce droit dessus, elle croit "que c'est une blague".
"Mais j'ai entendu le sifflement. Je suis retournée en courant dans l’entrée, je me suis bouchée les oreilles, et puis... boum. Des débris nous sont tombés dessus", raconte-t-elle à l'AFP.
Il s'agit de l'attaque "la plus massive" sur la capitale depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, a affirmé le maire Vitali Klitschko, qui a déclaré vendredi "jour de deuil".
Si Karolina Chevtchouk a réussi à s'enfuir, d'autres habitants sont restés coincés sous les décombres.
Elle jure qu'elle n'ignorera plus les alertes. "Il vaut mieux descendre à la cave, j'ai compris ça maintenant".
Quelque 52.000 personnes, dont 4.500 enfants, se sont réfugiés dans les stations de métro, soit la plus grande affluence constatée de nuit ces dernières années, selon l'opérateur du métro de la capitale.
- "J'ai prié" -
Karina Taran, 25 ans, une autre habitante du quartier, a cru son dernier jour arrivé.
Elle a "attrapé (son) enfant et couru" lorsque les explosions ont secoué son immeuble. "J'ai prié Dieu (...), prié pour parvenir jusqu'à l'abri", raconte-t-elle.
Elle n'est ressortie qu'au petit matin et tente depuis de joindre ses proches. "Beaucoup ne répondent pas".
La "principale cible des attaques était la ville de Kiev", a dit l'armée de l'air ukrainienne, qui a recensé un total de 496 drones et 74 missiles lancés contre l'Ukraine par la Russie.
Sabina Mambetova a tout perdu, une fois de plus, dans une nuit de "véritable cauchemar".
"La moitié de l'immeuble est détruite, il n'y a plus de toit (...) Je me retrouve sans appartement, seule avec mon enfant et je ne sais pas quoi faire", confie-t-elle.
La jeune femme de 32 ans, employée d'une usine du quartier, louait un appartement à Kiev après avoir déjà dû quitter Kramatorsk, ville dans l'est de l'Ukraine presque entièrement sous contrôle russe.
Les pompiers et secouristes poursuivent jeudi sans relâche leurs interventions.
Ioulia Labounska, 46 ans, désigne du regard leurs efforts pour éteindre l'incendie dans son immeuble. Trop tard pour son appartement.
Oleksandr Protsenko, vétéran de l'armée soviétique et aujourd'hui invalide, est "déprimé" après la destruction de son logement.
"Tout ce qui avait été acquis au prix d’un travail acharné a été détruit. Nous ne savons pas où trouver l'argent pour les réparations", témoigne cet homme de 61 ans.
"Tout ça, c'est un homme, Poutine", assène-t-il.
F.Wilson--AT