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Barnier espère finaliser son gouvernement, la présence du MoDem "pas totalement actée"
Épilogue ce weekend pour la formation du gouvernement ? Après de "derniers ajustements" Michel Barnier a transmis vendredi soir une liste de noms "finalisée" au chef de l'Etat, mais le parti de François Bayrou n'a encore "pas totalement acté" sa participation, inquiet de la présence de personnalités marquées très à droite.
Le locataire de Matignon, qui a "pleine liberté" pour composer son équipe assure Emmanuel Macron, espère toujours pouvoir la présenter "avant dimanche".
"Tout dépend de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique", qui doit vérifier qu’aucun ministre pressenti ne se trouve en délicatesse avec le fisc ou ne présente de conflit d’intérêts, souligne-t-on samedi dans l'entourage du Premier ministre.
En attendant, ce dernier s'est entretenu vendredi soir avec le chef de l'Etat après lui avoir adressé "la composition finalisée du gouvernement", a-t-on ajouté de même source.
Jeudi, une liste de 38 ministres, dont 16 de plein exercice, avait déjà été transmise au président de la République. Mais certaines personnalités, très à droite (comme Bruno Retailleau à l'Intérieur ou, à la Famille, la sénatrice LR Laurence Garnier, opposée au mariage homosexuel) suscitent des inquiétudes au sein du camp présidentiel.
Après deux réunions de crise vendredi autour de François Bayrou, le parti centriste n'a "pas totalement acté" sa participation dans l'attente de la liste "finalisée" transmise à l'Elysée.
"Nous voulons voir si la tendance droitière persiste toujours autant ou s'il y a eu un rééquilibrage", explique à l'AFP Perrine Goulet, élue MoDem dans la Nièvre.
"Nous souhaitons un gouvernement le plus en phase possible avec la répartition sortie des urnes" aux législatives, où Les Républicains n'ont obtenus que 47 députés, même si "on ne veut pas que Barnier échoue".
Quid notamment de Laurence Garnier ? Le sénateur Renaissance Xavier Iacovelli est désormais pressenti à la Famille, selon des sources concordantes, mais sa collègue LR a-t-elle été maintenue dans l'équipe ou définitivement écartée ?
La liste "finalisée" de Michel Barnier sera-t-elle la dernière ? Ces derniers jours, "les noms bougent dans tous les sens", résume un conseiller ministériel.
Le député macroniste Antoine Armand, un temps pressenti à Bercy, ne semblait plus figurer dans la nouvelle mouture, selon des sources concordantes.
A l'Education, le plus gros ministère, l'élue macroniste du Nord Violette Spillebout aurait été écartée. La députée Renaissance des Français de l'étranger, Anne Genetet, plutôt connue pour son expertise sur les questions de défense, aurait été approchée pour ce poste, désigné par le chef de l'Etat en 2023 comme un "domaine réservé".
Plus de deux semaines après l'arrivée à Matignon de Michel Barnier, le camp présidentiel reste divisé sur la marche à suivre.
Face à ces hésitations, au nom de "l'intérêt collectif", Emmanuel Macron a exhorté ses alliés à "aider" le Premier ministre à former son gouvernement.
- "Ligne rouge" -
Mais certaines voix chez l'allié Horizons ne semblent pas plus convaincues.
Nommer Laurence Garnier, c'est franchir "une ligne rouge" pour Pierre-Yves Bournazel. L'ancien député du parti d'Edouard Philippe semble, en revanche, prêt à accepter Bruno Retailleau. "Ce n'est pas ma ligne politique, mais c'est une coalition, et une coalition c'est un compromis", explique-t-il.
Avec un seul ministre de plein exercice attendu, Horizons, pourtant enthousiaste à la nomination de Michel Barnier, estime aussi ne pas avoir "été bien traité", selon un de ses cadres.
Un autre dirigeant de l'ex-majorité déplore qu'"aucune ambiguïté" sur la politique qui sera menée par Michel Barnier n'a été levée -et ne le sera sans doute pas avant sa déclaration de politique générale attendue le 1er octobre, soit près d'un mois après son arrivée à Matignon. "Aucune. Sur l'immigration, les impôts, la bioéthique…", énumère-t-il.
- "Election volée" -
La gauche, arrivée en tête des législatives, s'indigne aussi d'un futur gouvernement marqué à droite.
Ecologistes et insoumis devaient se joindre à des manifestations organisées samedi dans plusieurs villes de France par des associations, des organisations étudiantes, environnementales et féministes contre le tandem Macron-Barnier.
"C’est une question de dignité pour tout un peuple, après une élection niée et volée par le président de la République", relève la cheffe de file des députés insoumis, Mathilde Panot. Et de dénoncer "les orientations politiques macrono-lepénistes du gouvernement Barnier".
LFI entend "augmenter la pression populaire" après une première journée de contestation le 7 septembre.
A Paris, entre 20.000 et 40.000 personnes sont attendues, dont 100 à 200 éléments radicaux, selon une source policière.
Le chef de l'Etat a installé à Matignon "un Premier ministre de droite dure, anti-social, anti-migrants, au passé homophobe et qui ne pourra gouverner qu’avec l’accord permanent de Marine Le Pen", ont écrit dans leur appel à la mobilisation l'Union étudiante, l'Union syndicale et lycéenne, le Planning familial ou encore Attac France.
O.Ortiz--AT