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Cédric Jubillar change de stratégie de défense et reconnaît avoir tué son épouse
Cédric Jubillar change de stratégie de défense et reconnaît avoir tué son épouse / Photo: Lionel BONAVENTURE - AFP/Archives

Cédric Jubillar change de stratégie de défense et reconnaît avoir tué son épouse

Après cinq ans de déni, Cédric Jubillar a changé de stratégie de défense: il reconnaît avoir donné la mort à son épouse Delphine, disparue fin 2020, et se dit prêt à collaborer avec la justice, deux mois avant son procès en appel, dont la tenue dans les temps sera, selon ses avocats, "impossible".

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Dans un courrier manuscrit adressé à son avocat Pierre Debuisson, révélé par la Dépêche du Midi lundi matin, il admet pour la première fois sa responsabilité dans la disparition de l'infirmière de 33 ans, dont on n'a jamais retrouvé le corps.

 

"Il se tient à la disposition des juges", "j'espère que les réponses apportées par Cédric Jubillar permettront (aux enfants du couple) de faire leur deuil et de donner une sépulture à Delphine", a déclaré Me Debuisson face aux journalistes.

Guy Debuisson, l'associé et père de Pierre Debuisson, a assuré à BFMTV que Jubillar n'avait "jamais eu l'intention de tuer son épouse". Cela laisse ainsi entendre que sa défense va contester la notion d'homicide pour privilégier celle de coups mortels dans la mort de Delphine Jubillar.

Dans le courrier transmis à Me Debuisson, il évoque une dispute sans en indiquer les circonstances.

Pour l'avocat représentant les deux enfants du couple Jubillar, Me Laurent Boguet, le peintre-plaquiste, dont le procès en appel doit commencer le 21 septembre, "va chercher à minimiser les enjeux pour obtenir sans doute une diminution de peine".

"Clairement Cédric Jubillar suggérera à la cour d'assises de s'interroger sur la notion de coups mortels. Il va contester la notion d'homicide, qui se rattache à l'intention de tuer", a déclaré Me Boguet à l'AFP.

- "Besoin de parler" -

D'après Guy Debuisson, le passage aux aveux de son client est dû à "un besoin de parler", car il aurait jusque-là été "verrouillé par la pression médiatique" et "la pression très forte des enquêteurs", ainsi que fragilisé par la prise de médicaments et son régime carcéral à l'isolement.

Et s'il n'avait pas été détenu à l'isolement, il aurait fait ces révélations plus tôt, assure-t-il.

Cédric Jubillar, 38 ans, a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025 par la cour d'assises du Tarn et doit être jugé en appel du 21 septembre au 16 octobre à Toulouse.

Pour ses avocats, il serait "impossible" et même "grotesque" que le procès se tienne dans les temps, puisqu'il faut désormais selon eux que leur client soit entendu, puis que la dépouille soit recherchée avant que des analyses puissent être effectuées.

Au cours de visites au parloir, Pierre Debuisson dit avoir tissé un "lien de confiance" avec le détenu.

Aucune demande d'audition de Cédric Jubillar n'a été formulée par ses avocats, a précisé à l'AFP Pierre Debuisson.

 

Pour Me Laurent Boguet, un des avocats des enfants, "rien n'empêche la tenue d'un procès".

Cédric Jubillar est détenu depuis juin 2021, à l'isolement par mesure de sécurité, au centre de détention de Seysses, près de Toulouse.

- Parties civiles soulagées -

Même si les gendarmes n'avaient pas pu présenter aux juges d'instruction de preuves irréfutables de sa culpabilité, il avait été mis en examen pour homicide volontaire après six mois d'enquête, sur la base d'un faisceau d'indices concordants.

Ce bouleversement de ligne de défense intervient six mois après un changement d'avocat, son nouveau conseil s'étant notamment élevé contre les conditions de détention de son client.

Avocate des enfants, Malika Chmani a salué le revirement. "On est soulagés pour les enfants. (...) Maintenant, c'est important qu'il nous dise où est le corps".

Même son de cloche chez Pauline Rongier, avocate d'Emy, amie de Delphine Jubillar, qui décrit à l'AFP "un énorme soulagement". Sa cliente attend désormais "de savoir où est le corps de son amie. Les aveux de Cédric Jubilar, on n'en a pas besoin pour établir sa culpabilité. Elle a été établie de manière massive en première instance. Elle l'aurait été et elle le sera en appel".

 

Ch.P.Lewis--AT