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Troisième canicule en moins de deux mois, des pics à 40°C
Pour la troisième fois en moins de deux mois, la France est confrontée à de "très fortes chaleurs" avec 40°C attendus localement et une vigilance orange canicule sur 16 départements, vouée à s'étendre quelques jours seulement après une vague de chaleur historique.
Ces températures qui éprouvent les organismes et alimentent le débat sur l'adaptation au changement climatique, s'accompagnent d'un "danger de feux persistant" selon Météo-France, alors que des centaines de pompiers luttent toujours contre l'incendie qui a entraîné l'évacuation de 10.000 personnes dans les Pyrénées-Orientales.
À Mont-de-Marsan, la chaleur fait "souffrir en silence" Monique, 82 ans. "Mon jardin dépérit, mes arbres crament", confie-t-elle à l'AFP en attendant une navette sur un trottoir. Chez elle, il n'y a pas de clim' parce qu'elle n'en a "pas les moyens". "On est en Andalousie, pas dans les Landes", sourit-elle. "Mais il va falloir qu'on s'habitue, ça va être de pire en pire, on le voit ces dernières années."
Dans une supérette du centre de Bordeaux, la porte automatique est grande ouverte malgré la chaleur et les linéaires réfrigérés en panne depuis le précédent épisode, fin juin.
"La porte a pris un coup de chaud et a disjoncté car il y avait trop de passages", explique la gérante qui a également perdu le compresseur d'un de ses groupes frigorifiques. "On attend qu'ils remplacent la pièce mais les réparateurs sont surchargés."
- Motion de censure -
Selon Météo-France, la chaleur devrait persister jusqu'en fin de semaine, baissant légèrement sur la façade atlantique grâce au vent, et d'autres départements pourraient basculer en vigilance orange – 46 sont actuellement en jaune.
Fin juin, une vague de chaleur avait fait suffoquer des centaines de millions d'habitants en Europe. En France, ce mois a été le plus chaud jamais connu, après une première canicule déjà inédite en mai.
Des critiques virulentes ont émergé dans l'opposition, en juin, contre la lenteur des investissements nécessaires à l'adaptation des écoles ou hôpitaux. Le gouvernement a défendu son bilan, avec la création du Fonds vert en 2023 pour financer les projets des collectivités territoriales, dont les dotations ont été lentement réduites.
Dans une tribune publiée par le journal Le Monde, plusieurs dizaines de scientifiques français, rejoints par des économistes et des personnalités, ont réclamé "une loi d'urgence climatique" face à ce qu'ils qualifient d'"emprise de l'industrie fossile", responsable du réchauffement climatique à l'origine de la multiplication des vagues de chaleur.
- Sécheresse -
Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ont montré les climatologues.
Certains secteurs comme la santé sont particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs. Pour Nicolas Revel, directeur général des hôpitaux publics parisiens (AP-HP), la situation justifie "de rester en alerte", tandis que le nombre de lits ouverts sera réduit pendant les vacances.
Durant la semaine torride du 22 juin, le nombre de décès a augmenté de 30%, touchant en majorité des personnes âgées vivant à domicile, selon l'agence Santé publique France.
La sécheresse qui frappe certains départements affecte les activités agricoles. "Le cumul d'inondations au printemps, de canicules particulièrement précoces (…) rend les choses inédites", a déclaré lundi le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau. "L'Occitanie a des rendements catastrophiques. Les Deux-Sèvres et les Charentes ont des résultats extrêmement médiocres", a poursuivi le patron du syndicat d'exploitants, évoquant aussi l'hécatombe qui frappe des élevages de volailles.
Les cultures sont aussi sous la menace des incendies, dont le risque est jugé "élevé" dans 41 départements. Le feu des Pyrénées-Orientales a parcouru plus de 4.600 hectares et un autre continue de progresser dans la Drôme.
burs-mer/ppy/cbn
A.Clark--AT