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Marioupol: les autorités ukrainiennes espèrent la poursuite des évacuations
La poursuite des évacuations d'habitants de Marioupol est prévue lundi matin, après une première opération qui a sorti une centaine de civils de l'usine Azovstal, assiégée par les forces russes dans ce port stratégique du sud-est de l'Ukraine.
"Le 2 mai, l'évacuation à Marioupol commence à 7h00 (04h00 GMT). Point de collecte - Centre commercial +Port City+", a annoncé sur Telegram Pavlo Kirilenko, gouverneur régional de Donetsk, dans la nuit de dimanche à lundi.
Cette opération d'évacuation a commencé samedi et a été menée en coordination entre l'Ukraine, la Russie et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Elle a d'abord concerné des civils présents dans les sous-terrains de l'immense aciérie Azovstal.
"Aujourd'hui, pour la première fois depuis le début de la guerre, ce couloir humanitaire vital a commencé à fonctionner. Pour la première fois, il y a eu deux jours de vrai cessez-le-feu sur ce territoire" du complexe sidérurgique, avait déclaré dimanche soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans un message diffusé par vidéo. "Enfin!"
"Plus d'une centaine de civils ont déjà été évacués, tout d'abord des femmes et des enfants", a précisé le président, ajoutant que les premiers évacués arriveraient à Zaporijjia, ville située à l'ouest de Marioupol, lundi matin.
M. Zelensky a ajouté "espérer que les conditions seront réunies pour poursuivre les évacuations depuis Marioupol".
La vice-Première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk, a cependant rappelé que "des centaines de civils restent bloqués à Azovstal" aux côtés des militaires ukrainiens qui résistent encore sous les bombes russes. "La situation est devenue le signe d'une véritable catastrophe humanitaire, car les gens manquent d'eau, de nourriture et de médicaments", a-t-elle alerté.
- 9 mai -
D'autant que les bombardements russes ont semblé reprendre, selon Denis Schlega, commandant de la 12e Brigade opérationnelle de la Garde nationale ukrainienne.
"Ces deux derniers jours, pendant l'opération de sortie des civils de l'usine il y a eu une annonce de cessez-le-feu (...) deux jours de calme, mais une fois que le dernier civil a quitté l'usine, ce qui s'est littéralement produit il y a une heure, le bombardement de l'usine a recommencé avec tous types d'armes", a-t-il déclaré dans la foulée de l'évacuation dans une vidéo diffusée à la télévision ukrainienne.
Des milliers de civils avaient pu quitter depuis le début de la guerre le 24 février Marioupol, ville portuaire peuplée avant la guerre d'un demi-million d'habitants et désormais sous contrôle russe après des semaines de bombardements qui l'on presqu'entièrement détruite et ont fait au moins 20.000 morts, selon les Ukrainiens.
Mais c'est la première fois, après de multiples tentatives avortées malgré l'intercession de responsables étrangers et du pape François, que des civils retranchés dans le complexe d'Azovstal, dernière poche de résistance ukrainienne écrasée sous les bombes russes, ont pu en sortir.
De nouvelles images satellite de Maxar Technologies prises le 29 avril ont montré que presque tous les bâtiments de l'immense complexe sidérurgique avaient été détruits par les bombardements, les militaires ukrainiens et les civils se terrant dans les nombreuses galeries souterraines datant de l'époque soviétique, attaquées selon Kiev avec des bombes perforantes de très forte puissance.
Concernant les ambitions russes, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a réfuté l'hypothèse, évoquée par des analystes, selon laquelle la guerre prendrait fin le 9 mai, date commémorant en Russie la capitulation de l'Allemagne nazie en 1945.
"Nos militaires n'ajusteront pas artificiellement leurs actions à une quelconque date, y compris le jour de la Victoire", a déclaré M. Lavrov dans un entretien avec la télévision italienne Mediaset diffusé dimanche. "Le rythme de l'opération en Ukraine dépend, avant tout, de la nécessité de minimiser tout risque pour la population civile et les militaires russes".
Chaque année, une parade militaire marque ce jour la fin de la Seconde Guerre mondiale et constitue la célébration la plus importante en Russie.
Cette année, en toile de fond des célébrations, des défis complexes attendent Vladimir Poutine et son offensive en Ukraine que le président a justifiée en affirmant notamment que ce pays devait être "dénazifié".
Dans la perspective d'une éventuelle fin du conflit, le principal point d'achoppement entre la Russie et l'Ukraine est le statut de la Crimée et du Donbass, Moscou voulant que Kiev reconnaisse la souveraineté russe sur la première et l'indépendance du second.
Confrontée à une lente progression des forces russes, en supériorité numérique et mieux dotées en armements lourds, dans l'est de son territoire après les avoir mises en échec autour de Kiev au début de l'offensive, l'Ukraine a reçu ce week-end la visite, non annoncée, d'une délégation du Congrès américain avec à sa tête la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, reçue par Volodymyr Zelensky.
L'Ukraine ne cesse de répéter son besoin urgent en armements lourds, notamment blindés et obusiers longue portée, promis par les Occidentaux.
L'armée russe grignote du terrain dans l'est de l'Ukraine, en cherchant à prendre en étau son adversaire depuis le nord et le sud afin de compléter son emprise sur le bassin minier du Donbass.
- Centrale nucléraire -
L'armée ukrainienne s'est notamment retirée de Kharkiv, la deuxième métropole du pays, ses troupes se trouvant désormais dans des positions périphériques, selon des journalistes de l'AFP qui se sont récemment rendus dans la ville.
Les Occidentaux ont multiplié les sanctions, et leurs effets commencent à se faire sentir en Russie, avec une inflation élevée et des risques de pénuries, en particulier dans l'industrie.
A Bruxelles, des sources européennes ont indiqué que l'UE planchait sur une autre sanction. "Il y a une volonté politique de cesser les achats de pétrole à la Russie et nous aurons la semaine prochaine des mesures et une décision sur un retrait progressif", a affirmé un responsable européen impliqué dans les discussions.
Dans la centrale nucléaire de Zaporijjia, aux mains des Russes et que l'AFP a pu visiter lors d'un voyage de presse organisé par l'armée russe, le nouveau maire pro-Moscou d'Energodar, Andreï Chevtchik, claironne que "ici, tout va bien !". "Nous sommes prêts à vendre de l'électricité à l'Europe. Tout acheteur est bienvenu. C'est très bon marché !", a ajouté le nouvel édile.
La façade d'un vaste bâtiment administratif qui servait de centre d'entraînement au personnel est noircie par les flammes et de nombreuses fenêtres sont explosées.
La semaine dernière, l'Agence internationale de l'énergie atomique avait jugé "préoccupante" la situation à la centrale de Zaporijjia, à laquelle ses experts n'ont pas eu accès depuis sa prise par Moscou.
La centrale "fonctionne normalement, en accord avec les normes nucléaires, radioactives et environnementales", assure toutefois sur place le major-général Valéri Vassiliev, spécialiste des questions nucléaires et chimiques, dépêché par Moscou pour sécuriser le site.
Des milliers de civils ont été tués en Ukraine et des millions déplacés par l'invasion russe, qui a débuté le 24 février.
Moscou a annoncé un bilan officiel d'un millier de morts parmi ses soldats. L'Ukraine affirme que les pertes de la Russie sont beaucoup plus élevées.
burx-nzg/ybl
F.Wilson--AT