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Au procès Trump, la défense tente de faire flancher son accusateur numéro un
Un menteur invétéré doué d'une soif inextinguible de revanche: au procès pénal de Donald Trump, ses avocats ont cherché à dresser le pire portrait possible de son ancien homme de confiance devenu accusateur numéro un, Michael Cohen, lors d'un contre-interrogatoire sans pitié jeudi.
Celui qui s'est décrit comme l'homme des mauvais coups, capable de "mentir" ou d"'intimider" pour le compte de son ancien patron, est la pièce clé du puzzle déployé par les procureurs de la justice new-yorkaise pour montrer que Donald Trump a approuvé le paiement dissimulé de 130.000 dollars à l'actrice de films X Stormy Daniels, à la toute fin de la campagne présidentielle de novembre 2016.
Des dépenses prises en charge par l'ancien avocat personnel de Donald Trump, Michael Cohen, et maquillées selon l'accusation en "frais juridiques" dans les comptes de la Trump Organization quand elles lui ont été remboursées en 2017. D'où les poursuites pour falsifications comptables qui pourraient valoir à Donald Trump la première condamnation pénale d'un ancien président des Etats-Unis.
Mais Michael Cohen n'est pas digne de foi, a voulu démontrer l'avocat de la défense, Todd Blanche, sous les yeux de l'ancien président et d'une brochette d'élus républicains venus soutenir leur champion à la présidentielle jusque dans la salle d'audience.
L'avocat l'a longuement interrogé sur ses mensonges devant le Congrès à Washington en 2017, des faits distincts du procès en cours, pour lesquels Michael Cohen a plaidé coupable en 2018 et a été condamné, avec d'autres délits, à une peine de prison qui l'a conduit pendant 13 mois derrière les barreaux.
"J'ai accepté de prendre mes responsabilités", a répondu l'ancien conseil de Donald Trump.
- "Faire tomber" Trump -
Puis, après avoir égrené d'autres épisodes où Michael Cohen se serait arrangé avec la vérité, la défense a insisté sur la blessure d'égo qu'aurait ressenti le témoin, quand, une fois Donald Trump entré à la Maison Blanche le 20 janvier 2017, il n'y avait pas été recruté.
La défense a aussi mis en avant les innombrables attaques de Michael Cohen contre son ancien patron depuis qu'il a été rattrapé par la justice et s'est retourné contre lui. "Vous feriez mieux de croire en ma volonté de faire tomber cet homme", lance-t-il lors d'un podcast en 2020.
Le ton est encore monté d'un cran quand l'avocat Blanche a cherché à démontrer que Cohen avait "menti" lors de son témoignage plus tôt dans la semaine, en disant avoir tenu au courant par téléphone Donald Trump que l'affaire Stormy Daniels était enterrée.
Un peu bousculé, Michael Cohen a quand même réitéré sa version.
Le procès oblige depuis le 15 avril le candidat des républicains à la présidentielle de 2024 à s'asseoir et écouter les débats en silence, dans une salle d'audience au décor vieillot au 15e étage du tribunal de Manhattan.
Les enjeux du procès sont énormes, car Donald Trump sera condamné ou acquitté par les jurés en pleine campagne présidentielle. Le jury devrait probablement se prononcer avant le premier débat télévisé le 27 juin entre Joe Biden et Donald Trump.
Même condamné à une peine de prison, Donald Trump pourrait continuer de faire campagne et se présenter face aux électeurs le 5 novembre.
Pendant près de huit heures d'audition lundi et mardi -- le procès fait relâche les mercredis -- l'ex-avocat personnel du milliardaire l'a longuement incriminé.
Il a affirmé avoir agi sous sa direction quand il a payé fin 2016 l'actrice et réalisatrice de films X, Stormy Daniels, via une société-écran, pour acheter son silence sur une relation sexuelle qu'elle affirme avoir eue en 2006 avec l'homme d'affaires, alors déjà marié à Melania Trump.
Pour s'assurer, a-t-il dit, "que l'histoire ne sortirait pas, et n'affecterait pas les chances de Donald Trump de devenir président des Etats-Unis".
Sur un ton calme, à rebours de l'homme tempétueux et excessif décrit par certains témoins, M. Cohen a aussi réitéré que Donald Trump avait validé son remboursement en 2017, quand il était à la Maison Blanche.
Son témoignage a succédé à celui de Stormy Daniels, qui a livré avec force sa version sur sa relation avec Donald Trump et les raisons qui l'avaient poussée à négocier son silence.
Une myriade d'autres protagonistes ont également été appelés à la barre, comme l'ancien patron d'un tabloïd, qui avait "acheté" d'autres scandales pour empêcher qu'ils éclaboussent le candidat républicain.
Devant le palais de Justice de Manhattan, quelques manifestants ont fait voler des ballons en forme de pénis et portant des photos de magistrats new-yorkais considérés comme hostiles à M. Trump, lequel a déjà été lourdement sanctionné financièrement dans deux procès civils.
F.Wilson--AT