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Interrogations en cascade sur la sécurité du nouvel avion présidentiel américain
En changeant à la dernière minute d'avion pour quitter le sommet de l'Otan en Turquie, Donald Trump a déclenché cette semaine de nombreuses inquiétudes sur la sécurité entourant son nouveau Air Force One, un cadeau du Qatar.
En s'envolant pour Ankara avec ce Boeing 747 réaménagé, le président américain n'avait pas caché son enthousiasme, décrivant un appareil "vraiment exceptionnel."
Mais une fois sur place, Donald Trump a subitement renoncé à l'utiliser pour quitter le pays.
Le luxueux jet a volé vers le Royaume-Uni sans le président afin, selon lui, que des troupes américaines le visitent, tandis que lui a fait le trajet dans l'ancien modèle.
Le nouvel avion offert par la famille royale qatarie n'est pas équipé des mêmes systèmes de défense que ses prédécesseurs, selon le New York Times. La presse américaine affirme aussi que le changement d'avion aurait été recommandé par son service de sécurité, au moment d'un regain des tensions avec l'Iran, pays frontalier de la Turquie.
Les journalistes présents dans Air Force One ont d'ailleurs reçu la consigne, normalement réservée aux zones de guerre, de garder les stores des hublots baissés.
Dans un premier temps, Donald Trump a nié toute menace.
Mais après avoir changé d'avion au Royaume-Uni pour rentrer à Washington avec le nouvel appareil, il a fait référence à de supposées tentatives d'assassinat iraniennes: "Vous êtes probablement dans un vol dangereux à cause des salopards que nous devons gérer."
- "Tous les moyens à disposition" -
"Le nouvel Air Force One est un avion ultramoderne équipé de protocoles de sécurité de haut niveau qui garantissent la protection du président et de son équipe", a pour sa part soutenu le directeur de la communication de la Maison Blanche, Steven Cheung, dans un communiqué à l'AFP vendredi.
"Nous utilisons tous les moyens à notre disposition pour faire face" aux menaces contre le président, a-t-il poursuivi. Il avait mentionné la veille auprès de médias américains l'existence d'outils de "diversion et de désorientation".
Interrogé, le Secret Service a renvoyé vers la Maison Blanche.
Si aucun détail n'est public, il a été rapporté que l'ancien modèle d'Air Force One est doté de systèmes de défense sophistiqués, dont des brouilleurs de radars et des leurres anti-missiles.
La présence ou non de ces équipements sur le nouvel appareil n'est pas connue. Mais des éléments visibles sur les anciens ne le sont pas sur le nouveau.
La famille royale qatari a fait don de ce jet luxueux à Donald Trump l'année dernière, après que ce dernier se soit plaint de l'état des deux anciens exemplaires d'Air Force One, en service depuis 1990.
L'avion du Qatar a été rapidement réaménagé par l'armée de l'air américaine, pour un vol inaugural le 1er juillet vers le Dakota du Nord.
- "Véritables préoccupations" -
Mais l'armée américaine avait auparavant admis qu'elle avait dû faire des compromis, notamment sur l'agencement de l'intérieur, pour une mise en service rapide.
"Aucun risque n'a été pris en matière de sécurité, de sûreté ou de communications, mais l'équipe a effectué des arbitrages" sur d'autres aspects, a expliqué l'US Air Force dans un communiqué en juin.
Des sénateurs démocrates ont officiellement demandé à l'armée de l'air de s'expliquer sur de "véritables préoccupations en matière de sécurité nationale".
D'anciens militaires ont également exprimé leurs doutes.
"Peu importe que vous équipiez un jet qatari, il ne sera jamais construit de zéro pour avoir les capacités défensives d'un Air Force One fait sur mesure", a affirmé John Teichert, un ancien officier de l'armée de l'air, sur Fox News.
L'avion qatari doit être utilisé en attendant que deux nouveaux Boeing soient livrés dans les prochaines années, après des retards en série.
Donald Trump a expliqué qu'il serait donné, à terme, à son projet de bibliothèque présidentielle à Miami comme pièce d'exposition.
Mais ce cadeau du Qatar, évalué à plusieurs centaines de millions de dollars, a soulevé des questions éthiques et constitutionnelles majeures concernant les cadeaux qu'un président peut recevoir de l'étranger.
O.Gutierrez--AT