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Mondial-2026: Lionel Messi, un "animal" qui chasse en marchant
A 39 ans, Lionel Messi éclabousse encore le Mondial de son extraordinaire talent grâce à un cocktail étonnant, entre efforts limités et fulgurances tranchantes, tout en offrant l'image d'un "animal" habité par sa mission avec l'Argentine, quart-de-finaliste face à la Suisse, samedi.
Le petit dribbleur aux pieds d'or n'a plus ses jambes d'antan, il est fréquent de le voir marcher quand tous ses coéquipiers courent, taclent et s'animent autour de lui. Mais cela ressemble plus à un plan qu'à une limite, une façon de s'adapter au Messi d'aujourd'hui.
"Il aime rester sur le côté et parfois il aime s'arrêter devant le but en position de hors-jeu. Cela ne veut pas dire qu'ils jouent à un de moins, plutôt qu'ils ont un joueur de moins au contre-pressing. C'est justement ce qui le rend si dangereux, parce qu'il peut se retrouver démarqué", a observé le sélectionneur de l'Autriche, Ralf Rangnick.
Malgré cette juste analyse, prononcée à la veille de leur duel, le tacticien émérite a pris la foudre sur deux éclairs du N.10 de l'Albiceleste (2-0) en phase de groupes.
L'ancien meneur du FC Barcelone sait s'économiser et frapper au bon moment, même en fin de match, comme il l'a montré en 8e de finale durant le final fantastique contre l'Egypte (3-2), avec une passe décisive puis un but en l'espace de cinq minutes.
- "Notre guide" -
"Franchement, peu importe qu'on dise qu'il marche sur le terrain, parce qu'au football ce n'est pas celui qui court le plus qui gagne. C'est celui qui joue le mieux, et personne ne joue comme lui", l'a encensé le journal argentin Clarín.
Ce côté marcheur à l’œil affûté n'a pas échappé non plus à la BBC: "Messi observe. Messi attend. Messi économise son énergie pour les moments qui comptent. Le corps est peut-être plus lent, mais le cerveau reste aiguisé comme une lame. Le génie, lui, est permanent".
Aux Etats-Unis, le joueur de l'Inter Miami affiche des statistiques affolantes: huit buts en cinq matches, comme Kylian Mbappé et mieux qu'Erling Haaland (7 buts) et Harry Kane (6 buts).
Et encore, il aurait pu atteindre un total à deux chiffres s'il n'avait pas manqué ses deux penalties, contre l'Autriche et l'Egypte.
Ces ratés ont énervé le capitaine de l'Argentine à chaque fois et il a transformé sa frustration en moteur pour redevenir celui que ses partenaires vénèrent, et vers qui tendent tous leurs efforts.
Messi "est notre équilibre, notre guide, notre leader", a résumé Lautaro Martinez. "Nous allons continuer à tout donner pour lui".
- "Ne pas réveiller la bête" -
La "pulga" (la puce) a beau disparaître du match par séquences, elle bondit avec une énergie redoublée quand son équipe est menée, ou fortement secouée, ce qui rend sa légitimité incontestable.
A 2-0 pour l'Egypte, "on a vu que quelque chose avait changé", a décrit Zlatan Ibrahimovic sur Fox Sports. "C'était devenu un animal", il était "en mission" et n'allait "pas lâcher" sa proie, a dit l'ancien goleador de la Suède. "Quand il s'est mis en chasse, personne ne pouvait l'arrêter".
"Avec Leo, parfois, il ne faut surtout pas réveiller la bête", a acquiescé en plateau Thierry Henry, son ancien coéquipier au Barça.
Et l'ancien buteur des Bleus de raconter une scène d'entraînement où l'Argentin, mécontent d'avoir encaissé un but après une erreur d'arbitrage, selon lui, s'était fait justice lui-même.
"Là, tu regardes ses yeux et tu vois qu'il a basculé. Il va chercher le ballon et il met trois buts d'affilée: il marque tout de suite, il te chipe le ballon, il marque encore, il te le reprend, il marque encore, puis il se retourne et dit: +la prochaine fois, siffle la faute+. Et nous tous, on était là: "oui, oui, la prochaine fois siffle la faute", parce qu'il est juste inarrêtable quand il rentre dans cet état-là".
P.Smith--AT