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Gaza: Washington et Doha espèrent une trêve entre Israël et le Hamas pendant le ramadan
Les Etats-Unis et le Qatar espèrent mardi arriver à un nouvel accord de trêve entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas dès la semaine prochaine, qui pourrait durer jusqu'à la fin du ramadan, après bientôt cinq mois de guerre dans la bande de Gaza.
Le territoire palestinien, dévasté depuis le déclenchement de la guerre le 7 octobre, est plongé dans une crise humanitaire majeure et 2,2 millions de personnes, selon l'ONU, soit l'immense majorité de la population, sont menacées de famine.
Washington et Doha, médiateurs avec l'Egypte dans le conflit, espèrent obtenir une pause des combats, qui ont fait près de 30.000 morts à Gaza, avant le début du ramadan et permettant la libération d'une partie des 130 otages détenus dans le territoire. Le mois de jeûne sacré des musulmans commence le 10 ou le 11 mars au soir et se termine autour du 9 avril.
- "Pas encore fait" -
Joe Biden a évoqué lundi soir sur NBC "un accord des Israéliens selon lequel ils ne s'engageraient pas dans des opérations durant le ramadan" afin de "faire sortir tous les otages".
"J'ai espoir que d'ici lundi prochain, nous aurons un cessez-le-feu", avait-il déclaré plus tôt, en soulignant que ce n'était "pas encore fait".
"Nous serions bien sûr heureux d'y parvenir d'ici la fin de semaine", a assuré mardi le porte-parole de la diplomatie américaine, Matthew Miller. "Nous tentons de faire franchir la ligne d'arrivée à cet accord, et selon nous c'est possible".
A Doha, le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, a exprimé mardi son "espoir, sans être nécessairement optimiste, de pouvoir annoncer quelque chose aujourd'hui ou demain". Le Qatar, qui héberge la direction politique du Hamas, joue un rôle central dans les négociations.
"Nous visons tous cet objectif, mais la situation reste changeante sur le terrain", a-t-il ajouté en référence à une pause pendant le ramadan.
Un responsable israélien, sous couvert d'anonymat, a déclaré au site d'information Ynet que "la tendance est positive" alors que le Hamas n'a pas réagi aux propos de M. Biden.
L'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a entamé mardi une visite de deux jours à Paris. Avec le président français Emmanuel Macron, ils ont réitéré leur volonté d'arriver "très rapidement à un cessez-le-feu".
- Près de 30.000 morts -
La guerre a éclaté le 7 octobre quand des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza ont lancé une attaque sans précédent sur le sud d'Israël, entraînant la mort d'au moins 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.
Durant l'attaque, quelque 250 personnes ont été enlevées et emmenées à Gaza. Selon Israël, 130 otages y sont encore retenus, dont 31 seraient morts, après la libération d'otages en échange de prisonniers palestiniens lors d'une première trêve fin novembre.
En représailles, Israël a juré d'anéantir le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007, qu'il considère, de même que les Etats-Unis et l'Union européenne, comme une organisation terroriste.
L'offensive israélienne a fait jusqu'à présent 29.878 morts à Gaza, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.
- "Opération ciblées" -
Pour le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, cette opération d'envergure contre le "dernier bastion" du Hamas permettrait d'obtenir une "victoire totale" sur le mouvement islamiste en "quelques semaines".
Une trêve ne ferait que "retarder" cette offensive, a-t-il souligné dimanche, assurant que les civils, en majorité des déplacés, pourraient être évacués "au nord de Rafah".
Mais sur le terrain, les combats se poursuivent à Khan Younès, à quelques kilomètres au nord de Rafah. Mardi, l'armée a aussi annoncé mener des "opérations ciblées" dans le centre du territoire ainsi qu'à Zeitoun (nord) où les soldats ont découvert un tunnel du Hamas menant à une fabrique d'armes.
Les frappes aériennes continuent également sur Rafah. "Ils disent que Rafah est sûr, regardez la paix qui nous tombe sur la tête", a lancé Khaled al-Zatma, en fouillant les décombres de sa maison bombardée.
- "Inhabitable" -
Rafah est l'unique point d'entrée de l'aide dans le territoire, soumise au feu vert d'Israël et qui arrive en quantité très limitée. Son acheminement vers le nord est rendu presque impossible par les destructions, les combats et les pillages.
Jens Laerke, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) de l'ONU, a dénoncé mardi le blocage "systématique" par l'armée israélienne des camions d'aide vers le nord de Gaza, même ceux qui selon lui avaient reçu une autorisation.
L'Agence américaine pour le développement international (USAID) a pour sa part annoncé une nouvelle aide humanitaire de 53 millions de dollars pour les Palestiniens.
"Le nord de Gaza est devenu complètement inhabitable", a affirmé à l'AFP Marwan Awadieh, un habitant de Jabaliya. "Il n'y a aucune nourriture ici. Même le fourrage que nous devions manger n'est plus disponible". La mauve, une herbe sauvage comestible, "est maintenant épuisée (...) Nous ne savons pas comment nous pourrons survivre", a-t-il ajouté.
Th.Gonzalez--AT