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Antony Blinken à Doha, nouvelles frappes meurtrières à Gaza
Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken tente mardi lors de sa tournée au Moyen-Orient d'obtenir une trêve entre Israël et le Hamas à Gaza, où les frappes israéliennes et les combats ont encore tué plus de 100 Palestiniens selon le mouvement islamiste.
Alors que la guerre entre mercredi dans son cinquième mois, M. Blinken, dont le pays est un proche allié d'Israël, a rencontré mardi en Egypte le président Abdel Fattah al-Sissi avant de se rendre au Qatar.
Au début lundi de sa tournée, sa cinquième depuis le déclenchement des hostilités le 7 octobre, le secrétaire d'Etat a discuté à Ryad avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane de la nécessaire "coopération régionale pour parvenir à une fin durable" de la guerre, selon le département d'Etat.
Après le Qatar, M. Blinken doit se rendre en Israël, où il doit notamment insister sur l'urgence de laisser entrer l'aide à Gaza, petit territoire surpeuplé dévasté par les bombardements israéliens et qualifié de "lieu de mort inhabitable" selon l'ONU.
Le ministère de la Santé du Hamas a fait état mardi de 107 morts en 24 heures dans la bande de Gaza, où le mouvement palestinien, considéré comme une organisation terroriste par l'Union européenne et les Etats-Unis, a pris le pouvoir en 2007.
L'armée israélienne a indiqué être engagée dans des "combats rapprochés" à Khan Younès, une ville largement transformée en champ de ruines qu'elle présente comme une place forte du Hamas.
L'armée "ne nous laisse d'autre choix que la mort ou le déplacement. Ils ont tué des enfants, des familles, ont détruit nos maisons", lance Riham Sharrab, 21 ans, qui a fui Khan Younès pour Rafah plus au sud.
Toujours à Rafah, le ministère de la Santé du Hamas a affirmé qu'une frappe israélienne avait tué six policiers palestiniens à bord d'un véhicule. Selon des témoins, ils sécurisaient le passage d'un camion d'aide humanitaire.
- "Libérer tous les otages" -
La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent en Israël de commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP à partir de données officielles israéliennes.
En riposte, Israël a juré de détruire le Hamas et lancé une offensive qui a fait 27.585 morts à Gaza, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Fin novembre, une première trêve d'une semaine a permis l'entrée accrue d'aides, la libération d'une centaine d'otages, sur les quelque 250 emmenés à Gaza le 7 octobre, et de prisonniers palestiniens.
Selon Israël, 132 otages sont toujours détenus à Gaza, dont 28 seraient morts.
MM. Blinken et Sissi ont discuté "des efforts pour obtenir la libération de tous les otages détenus par le Hamas", selon le département d'Etat. M. Blinken a en outre souligné le rejet des Etats-Unis de "tout déplacement forcé de Palestiniens de Gaza et leur engagement à établir un Etat palestinien qui assure la paix et la sécurité aux Israéliens comme aux Palestiniens".
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu rejette l'idée d'un Etat palestinien.
M. Blinken, qui doit aussi se rendre en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, soutient un projet de trêve des médiateurs qataris, américains et égyptiens élaboré à Paris fin janvier, qui doit encore être approuvé par le Hamas et Israël.
Selon une source du Hamas, le projet prévoit notamment une trêve de six semaines durant laquelle Israël devra libérer de 200 à 300 prisonniers palestiniens en échange de 35 à 40 otages détenus à Gaza, et 200 à 300 camions d'aide pourront entrer chaque jour dans le territoire.
Or le Hamas exige un cessez-le-feu total. Israël de son côté dit qu'il ne mettra fin définitivement à son offensive qu'une fois le Hamas éliminé et les otages libérés.
- "Anéantir le peuple" -
Entretemps, une crise humanitaire majeure perdure dans la bande de Gaza, où des quartiers entiers ont été détruits par les bombardements israéliens et où 1,7 de personnes ont été déplacées sur les quelque 2,4 millions d'habitants du petit territoire.
Plus de 1,3 million des déplacés s'entassent dans des conditions désespérées à Rafah, cinq fois la population initiale de cette ville adossée à la frontière fermée avec l'Egypte, selon l'ONU.
Rafah pourrait être le prochain objectif d'Israël. Lundi, le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant a averti que l'armée "atteindrait des lieux où elle n'a pas encore combattu (...) jusqu'au dernier bastion du Hamas, à savoir Rafah".
"Netanyahu menace d'envahir Rafah et utilise pour excuse la présence du Hamas (...) Israël ne s'arrêtera que quand il aura anéanti le peuple de Gaza", affirme Raed al-Bardani, un déplacé de 32 ans.
Les déplacés à Rafah ne disposent plus que de 1,5 à 2 litres d'eau chacun par jour pour boire, cuisiner et se laver, selon l'ONU.
M. Blinken a aussi évoqué au Caire la nécessité de "l'arrêt des attaques des Houthis (les rebelles yéménites) contre les navires marchands" en mer Rouge, alors que le conflit à Gaza a provoqué de fortes tensions entre d'un côté Israël et ses alliés, et de l'autre l'Iran et des groupes alliés dont le Hezbollah libanais, des milices irakiennes et les Houthis.
Ces derniers ont annoncé mardi avoir visé des navires américain et britannique lors de nouvelles attaques en mer Rouge.
H.Gonzales--AT