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Trump supprime des restrictions de Biden sur la consommation des véhicules
Le président américain Donald Trump a annoncé mercredi un allègement de la réglementation sur la consommation et les émissions des véhicules, arguant que cela baisserait leur prix d'achat mais des critiques anticipent une hausse des factures à la pompe et l'accélération du changement climatique.
"Nous supprimons officiellement les ridiculement contraignants et horribles standards CAFE de Joe Biden qui imposaient des restrictions coûteuses, et toutes sortes de problèmes", a déclaré le président, depuis le Bureau ovale à la Maison Blanche, sans donner de détail.
Il faisait référence à la réglementation dite "Corporate average fuel economy" mise en place en 1975 pour après la crise pétrolière, puis amendée par différentes administrations pour réduire leurs émissions polluantes et de gaz à effet de serre.
Après être revenu, lors de son premier mandat, sur les mesures du gouvernement Obama en la matière, il a décidé d'en faire de même avec le renforcement drastique instauré par Joe Biden.
Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, le climato-sceptique Donald Trump a révoqué ou amputé de nombreuses mesures favorisant la transition électrique des véhicules.
"Mon administration entreprend la mesure historique d'abaisser les coûts pour les consommateurs américains, pour protéger les emplois de l'industrie automobile américaine et pour que l'acquisition d'un véhicule soit beaucoup plus abordable pour d'innombrables familles américaines", a poursuivi M. Trump mercredi.
La Maison Blanche avait indiqué dans la matinée, sur son compte X, que les restrictions imposées par l'administration Biden "auraient augmenté le coût d'un véhicule neuf de 1.000 dollars".
"Le président Trump opère une réinitialisation, faisant économiser 109 milliards de dollars aux Américains", avait-elle poursuivi.
- Changement climatique -
Les trois grands constructeurs américains avaient salué la décision présidentielle quelques heures avant qu'il ne l'annonce.
Plusieurs représentants de l'industrie automobile américaine se trouvaient dans le Bureau ovale, en particulier les patrons de Ford et de Stellantis (Chrysler, Jeep, etc).
"En tant que plus gros producteur américain de véhicules, nous apprécions l'initiative du président Trump d'aligner les standards d'économie de carburant sur les réalités du marché", a commenté Jim Farley, patron de Ford.
D'après lui, il est possible d'effectuer "de vrais progrès en matière d'émissions et d'efficacité énergétique tout en offrant aux clients du choix et des prix abordables", a-t-il poursuivi, qualifiant cette décision de "victoire pour les clients et le sens commun".
Réaction similaire d'Antonio Filosa, patron de Stellantis, qui a salué une mesure pour "réaligner les standards (...) CAFE aux vraies conditions du marché mondial" dans l'optique de développer l'industrie automobile américaine.
Il a plaidé pour des "politiques environnementales responsables permettant aussi (aux constructeurs) d'offrir à (leurs) clients la liberté de choisir le véhicule qu'ils souhaitent au prix qu'ils peuvent payer".
Un porte-parole de General Motors a réitéré l'engagement du groupe "à fournir la meilleure et plus large gamme de véhicules à motorisations électrique et à combustion du marché".
Mais Gina McCarthy, qui a travaillé dans les administrations Biden et Obama en tant que conseillère sur le climat notamment, estime que ce rétropédalage va, au bout du compte, nuire à l'industrie automobile et aggraver le dérèglement climatique.
"S'il y a une chose dont nous pouvons être sûrs, c'est que ce gouvernement n'agira jamais dans l'intérêt de notre santé ou de l'environnement", a-t-elle indiqué dans un communiqué.
Pour Dan Becker, du Centre pour la diversité biologique, Donald "Trump détruit la plus grande initiative jamais entreprise par un pays pour lutter contre la consommation de pétrole et la pollution liée au changement climatique, et pour aider les consommateurs à économiser à la pompe".
Le dispositif CAFE requiert des véhicules qu'ils parviennent à la meilleure performance "possible" en matière de limite de consommation de carburant par kilomètre parcouru.
Le gouvernement Biden avait imposé une amélioration de 8% pour les modèles 2024 et 2025 et de 10% pour ceux de 2026, le tout par rapport à 2021, avec l'objectif de rouler plus de 50 miles avec un gallon d'ici 2031 (80 km pour 3,78 litres).
Le ministère américain des Transports avait estimé en juin qu'elles seraient inaccessibles aux véhicules à combustion et imposeraient par conséquent la transition électrique.
Depuis fin 2023, les grands constructeurs ont revu à la baisse de nombreux projets en matière de véhicules électriques car l'appétence du public a été inférieure aux anticipations.
R.Garcia--AT