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Le président taïwanais en Eswatini après un premier report dû à une "pression intense" de Pékin
Le président taïwanais Lai Ching-te a entamé samedi une visite officielle surprise en Eswatini, petit Etat enclavé d'Afrique australe et seul allié diplomatique de Taipei en Afrique, un déplacement récemment reporté sine die en raison, selon Taïwan, de pressions chinoises.
Le président Lai devait initialement se rendre en Eswatini du 22 au 26 avril mais il avait dû renoncer à son voyage, après que plusieurs pays africains eurent révoqué leurs autorisations de survol à la suite d'une "pression intense" de Pékin, notamment économique, selon un de ses plus proches conseillers.
"La visite, initialement prévue le 22 avril, a été reportée en raison de facteurs externes imprévus. Après plusieurs jours de planification minutieuse par nos équipes diplomatiques et de sécurité nationale, nous sommes arrivés sains et saufs aujourd'hui", écrit samedi le président sur son compte Facebook.
"J'espère que cette visite contribuera à approfondir davantage l'amitié entre Taïwan et l'Eswatini grâce à des liens économiques, agricoles, culturels et éducatifs plus étroits", ajoute-t-il.
L'Eswatini, anciennement connu sous le nom de Swaziland, fait partie des 12 pays qui reconnaissent encore la souveraineté de Taïwan, tandis que la Chine a convaincu les autres de rompre leurs relations diplomatiques avec Taipei au profit de Pékin.
"L'Eswatini est resté ferme face à diverses pressions diplomatiques et économiques", relève le président Lai dans son message sur Facebook.
Le petit royaume est devenu le seul allié africain de l'île en 2018, lorsque le Burkina Faso a choisi de reconnaître la Chine au lieu de Taïwan.
- "Tout cela est vain" -
En réaction au déplacement de Lai, le ministère chinois des Affaires étrangères l'a accusé samedi de s'être livré à "une parodie d'évasion, façon passager clandestin", faisant de lui "la risée de la communauté internationale".
La Chine considère Taïwan comme faisant partie de son territoire et s'oppose à sa participation aux organisations internationales et aux échanges avec des pays tiers. Elle n'exclut pas de recourir à la force pour en prendre le contrôle.
"Peu importe la manière dont les autorités (...) se concertent avec des forces extérieures (...) tout cela est vain et ne peut changer le fait que Taïwan fait partie de la Chine", déclare un porte-parole du ministère non identifié dans le communiqué publié sur le site du ministère chinois, en référence au parti de Lai.
"Nous exhortons l'Eswatini et d'autres pays à voir clairement la tendance générale de l'histoire", poursuit le communiqué.
Le président taïwanais devait initialement se rendre en Eswatini en avril à l'occasion du 40e anniversaire de l'accession au trône du roi Mswati III et de son 58e anniversaire.
Il avait dû se résoudre à reporter sa visite après que les Seychelles, Maurice et Madagascar eurent révoqué leurs autorisations de survol "de manière inattendue et sans préavis" à la suite de pressions de Pékin, selon la présidence taïwanaise.
C'est finalement le ministre des Affaires étrangères Lin Chia-lung qui avait représenté Taïwan aux cérémonies d'avril.
Le dernier voyage à l'étranger du président Lai Ching-te remonte à novembre 2024, lorsqu'il s'était rendu chez les alliés de Taïwan dans le Pacifique, transitant par le territoire américain de Guam.
Dimanche après-midi, le président taïwanais et le roi d'Eswatini doivent visiter près de la capitale le tout nouveau Centre international de conférence et un hôtel de luxe adjacent, dont la construction a été notamment financée par des prêts de Taipei.
L'Eswatini, dernière monarchie absolue d'Afrique, voisine de l'Afrique du Sud, est dirigé depuis 1986 par Mswati III, critiqué pour son train de vie fastueux et régulièrement accusé de violations des droits humains. Le souverain nomme les ministres et les juges, contrôle le Parlement, la police et l'armée.
A.Anderson--AT