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A la conférence de Santa Marta, la France vante son plan pour sortir des énergies fossiles
La France a été saluée mardi en Colombie pour sa feuille de route de sortie du charbon, du pétrole et du gaz d'ici 2050, une planification que les pays réunis à la conférence internationale de Santa Marta voudraient voir imitée à grande échelle.
Les Français ont publié mardi 18 pages récapitulant leurs engagements pour en finir avec le charbon d'ici 2030, le pétrole d'ici 2045 et le gaz d'ici 2050 à des fins énergétiques.
Le représentant français à Santa Marta, Benoît Faraco, s'est félicité que la France soit "l'un des rares pays à avoir une date claire pour la sortie des énergies fossiles".
Le document reprend les grands objectifs de neutralité carbone en 2050, et les diverses politiques actuelles, telles que l'interdiction des chaudières au gaz dans les immeubles neufs à partir de fin 2026, ou l'objectif que deux voitures neuves sur trois soient électriques d'ici 2030.
La France se targue de montrer la voie pour "la fin des énergies fossiles au niveau d'une économie entière", explique à l'AFP Leo Roberts, analyste du centre de réflexion E3G, présent à Santa Marta. "A cet égard, c'est une première".
Même si le Haut conseil pour le climat, en mars, estimait que le calendrier français de sortie des fossiles avait besoin d'être "porté politiquement" et précisé par secteur, par exemple pour fixer la fin du moteur thermique pour les voitures.
Mais le symbole de la deuxième économie européenne jouant le jeu de la "feuille de route" a été salué à Santa Marta par experts et ONG.
- "Indépendance" -
Une cinquantaine de pays ont envoyé des émissaires dans cette ville portuaire d'où la Colombie exporte son charbon. Cette première conférence pour la sortie des énergies fossiles a été convoquée en réponse à l'échec des COP depuis deux ans à approfondir cet objectif, pourtant adopté en 2023 à Dubaï par près de 200 pays.
Depuis, le vent a tourné, et le camp revigoré des grands producteurs et consommateurs de combustibles fossiles, renforcé des Etats-Unis de Donald Trump, argue que le pétrole et le gaz ont encore de nombreuses décennies devant eux.
La crise énergétique causée par la guerre au Moyen-Orient, la seconde depuis la guerre en Ukraine en 2022, a fourni une autre raison d'être à la réunion de Santa Marta.
Plutôt que de parler d'une humanité en danger face à une météo déréglée, plusieurs ministres arguent davantage que la guerre, qui a fait monter les prix de l'essence et du kérosène à cause du blocage des exportations du Golfe, est un révélateur des risques de la dépendance aux énergies fossiles.
"En Europe, (...) nous perdons un demi-milliard d'euros chaque jour que dure cette guerre", a déclaré le commissaire européen Wopke Hoekstra dans un discours. "Nous avions déjà une très bonne raison d'agir pour le climat en opérant cette transition. Nous en avons désormais une autre, pour des raisons commerciales et d'indépendance".
Même argument de la part de la ministre colombienne de l'Environnement, Irene Velez Torres, qui affirme que "le pétrole reste un facteur de déstabilisation des économies à l'échelle mondiale".
Les énergies fossiles "mènent à la mort", a déclaré aux délégués, encore plus brutalement, le président colombien, Gustavo Petro.
Des pays européens, de petits Etats du Pacifique mais aussi le Nigeria, le Canada, l'Angola et le Brésil sont représentés ici. Les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre - Etats-Unis, Chine, Inde - et les pays du Golfe sont en revanche absents.
- Menu de mesures -
De Santa Marta ne sortira pas de décision contraignante. Mais les pays entendent se compter, envoyer un message formel au reste du monde, et influencer la COP31, en Turquie en novembre.
Des scientifiques charpentent l'initiative, avec un "menu" de 12 mesures publié dimanche pour concrètement guider les Etats. Par exemple, "arrêter tout nouveau projet d'extraction ou d'infrastructures pour les énergies fossiles".
Mais remplacer voitures à essence, chaudières au fioul et usines à gaz par des équivalents qui fonctionnent à l'électricité bas carbone représente un effort financier colossal. Même les nations les plus décidées, comme la Colombie, reconnaissent qu'il leur faudra encore des décennies.
E.Hall--AT