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Plus de 1.160 morts en Asie après des inondations dévastatrices
Secouristes et militaires s'activent lundi pour déblayer les routes et porter assistance aux populations du Sri Lanka et d'Indonésie, touchés par des inondations qui ont causé plus de 1.160 morts et plusieurs centaines de disparus dans quatre pays d'Asie ces derniers jours.
Un cyclone au Sri Lanka et une tempête exceptionnelle en Thaïlande, en Malaisie et en Indonésie, en particulier sur la grande île de Sumatra, ont provoqué des pluies torrentielle dans la région, déjà en pleine période de mousson.
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé le déploiement d'équipes d'intervention rapide et de matériel essentiel dans la région.
A Sumatra, le bilan des inondations s'est encore alourdi lundi, passant à 593 morts et 470 disparus, a annoncé l'agence de gestion des catastrophes.
"L'eau m'arrivait jusqu'au cou", témoigne auprès de l'AFP Misbahul Munir, 28 ans, habitant d'Aceh Nord, à la pointe nord de Sumatra, surpris par la montée des eaux alors qu’il était au volant de sa voiture.
- Pression sur le président indonésien -
Dans sa maison, "l'eau monte à environ deux mètres. Tous les meubles sont abîmés". "Je n'ai plus que les vêtements que je porte", ajoute-t-il avant de fondre en larmes.
Pour les habitants réfugiés dans les centres d'accueil, "les conditions sont préoccupantes. Il y a des femmes enceintes et des jeunes enfants", explique-t-il, ajoutant qu'"il n'y a plus d'électricité".
Arrivé lundi matin dans le nord de l'île de Sumatra, le président indonésien Prabowo Subianto a annoncé que "la priorité du gouvernement était désormais d'envoyer immédiatement l'aide nécessaire".
Il a annoncé le déploiement d'avions et hélicoptères pour les opérations de secours, en plus des trois navires militaires déjà dépêchés dans les zones les plus touchées, où de nombreuses routes restent impraticables, en raison de la boue et des débris.
Le président subit une pression croissante pour déclarer l'état d'urgence nationale face à la catastrophe naturelle la plus meurtrière du pays depuis le tremblement de terre et le tsunami qui ont fait plus de 2.000 morts aux Célèbes en 2018.
Contrairement à son homologue sri-lankais, le dirigeant indonésien n'a pas lancé d'appel à l'aide internationale.
- Appel de Modi au président sri-lankais -
Dimanche, la pluie avait cessé sur l'ensemble du Sri Lanka, quand les autorités se sont lancées dans une opération de secours de grande envergure.
Le gouvernement sri-lankais a utilisé des hélicoptères militaires pour secourir les personnes bloquées par les inondations et les glissements de terrain provoqués par le cyclone Ditwah. L'un d'eux s'est écrasé dimanche soir au nord de Colombo.
Au moins 390 personnes ont été tuées, et 352 autres sont toujours portées disparues, selon un bilan actualisé lundi des autorités srilankaises.
Le président Anura Kumara Dissanayake, qui a déclaré l'état d'urgence, s'est engagé à reconstruire les zones dévastées après la catastrophe "la plus importante de notre histoire", a-t-il déclaré samedi dans un discours.
Il a reçu lundi un appel téléphonique du Premier ministre indien Narendra Modi, qui l'a assuré du soutien continu de New Delhi aux efforts de secours et de reconstruction, ont indiqué des responsables indiens.
"Ma maison est totalement inondée, je ne sais pas où aller, mais j'espère trouver un abri sûr où emmener ma famille", dit à l'AFP Selvi, 46 ans, une habitante de la banlieue de Colombo transportant quatre sacs d'affaires.
Les pertes et les dégâts sont les plus importants au Sri Lanka depuis le tsunami dévastateur de 2004.
- Colère en Thaïlande -
Une grande partie de l'Asie est actuellement en pleine saison de la mousson, avec de fortes pluies provoquant parfois des glissements de terrain et des crues soudaines.
Or le changement climatique affecte les régimes de tempêtes, y compris la durée et l'intensité de ces précipitations, plus abondantes, avec des crues soudaines et des rafales de vent plus fortes.
Ces pluies torrentielles sont responsables d'au moins 176 décès dans le sud de la Thaïlande, avec l'une des inondations les plus meurtrières que le pays ait connues depuis dix ans.
Le gouvernement a mis en place des mesures d'aide, mais les critiques de la population à l'égard de la gestion de la catastrophe se multiplient, et deux responsables locaux ont été suspendus pour des manquements présumés.
De l'autre côté de la frontière, en Malaisie, où de fortes pluies ont également inondé de vastes étendues de terre dans l'État de Perlis, deux personnes ont trouvé la mort.
burs-sah/tc/ebe-ega/pt/vgu/pcl/ial/thm
R.Garcia--AT