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A la COP30 de Belem, les dirigeants constatent l'échec sur l'accord de Paris et appellent au sursaut
Un constat d'échec, mais aussi un peu d'espoir: des dirigeants internationaux ont admis à Belem jeudi que le monde n'avait pas réussi à limiter le réchauffement climatique comme l'envisageait l'accord de Paris il y a dix ans, mais cherché à donner une nouvelle impulsion face aux reculs de nombreux pays.
"Nous avons échoué" à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à la période préindustrielle, qui était l'objectif le plus ambitieux de l'accord de 2015, a déploré le secrétaire général de l'ONU António Guterres dès l'ouverture du sommet, évoquant une "faillite morale".
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a affirmé dans son sillage que "la fenêtre d'opportunité" pour agir "se ferme rapidement", et fustigé les "mensonges" de "forces extrémistes" qui favorisent "la dégradation de l'environnement".
En prélude, l'ONU a confirmé que l'année 2025 serait la 2e ou 3e année la plus chaude jamais enregistrée.
Mais "nous n'avons jamais été mieux équipés pour contre-attaquer", a aussi dit le chef de l'ONU. Et d'autres vantent les progrès phénoménaux des énergies renouvelables qui font entrevoir un avenir sans pétrole.
Des représentants de dizaines de pays, mais seulement une trentaine de chefs d'Etats et de gouvernements, ont répondu à l'invitation dans cette ville fluviale de l'Amazonie en prélude à la 30e conférence sur le climat de l'ONU (10-21 novembre).
Le président français de la COP21 de Paris, Laurent Fabius, est intervenu avant eux, accompagné de son marteau vert resté célèbre pour avoir entériné l'accord emblématique.
- "Avenir sans combustibles fossiles" -
Le choix de la capitale de l'Etat du Para pour la COP a fait polémique en raison de ses infrastructures limitées qui ont renchéri la venue des petites délégations et des ONG. Au point que le Brésil a dû trouver des fonds pour loger gratuitement des délégués des pays les plus pauvres dans deux navires de croisière affrétés.
Jamais la ville de quelque 1,4 million d'habitants, dont la moitié vivent dans des favelas, n'avait accueilli un tel événement international, et les autorités fédérales et du Para ont investi pour rénover ou construire des infrastructures.
"La COP apporte à Belem la notoriété qu'elle mérite. C'est important que les regards soient tournés sur notre région, sur l'Amazonie", dit à l'AFP Karol Farias, 34 ans, maquilleuse venue faire ses achats au marché Ver-o-Peso, l'un des lieux emblématiques, entièrement rénové.
- Chantier -
Environ 10.000 agents des forces de l'ordre ont été mobilisés, auxquels s'ajoutent 7.500 militaires déployés spécialement.
Le Brésil ne cherchera pas de nouvelles décisions emblématiques, mais veut que la COP30 inscrive dans le marbre des engagements concrets et organise un suivi des promesses du passé, par exemple sur le développement des renouvelables.
Le Brésil lancera jeudi un fonds dédié à la protection des forêts (TFFF) auquel Londres ne contribuera pas tout de suite, mais que Berlin envisage de financer. Plusieurs pays veulent aussi élargir les engagements à baisser les émissions de méthane, un gaz très réchauffant.
- Prince William -
Cent soixante-dix pays participent à la COP30, mais les Etats-Unis, deuxième pollueur mondial, n'enverront pas de délégation, au soulagement de ceux qui craignaient que l'administration Trump vienne faire de l'obstruction.
Côté européen, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre britannique Keir Starmer et le prince William sont attendus jeudi et vendredi.
Mais le président autrichien a renoncé à cause du prix des hôtels. La plupart des dirigeants du G20, dont Chine et Inde, seront absents.
Une partie du monde en développement reste sur sa faim après l'accord arraché dans la douleur l'an dernier à Bakou sur la finance climatique et veut remettre le sujet sur la table.
"Ce n'est pas de la charité mais une nécessité", déclare à l'AFP Evans Njewa, le diplomate du Malawi qui préside le groupe des pays les moins développés.
L'Union européenne ou les petits Etats insulaires (Aosis) veulent surtout aller plus loin dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en s'attaquant aux énergies fossiles.
"Nombreux parmi nos pays n'arriveront pas à s'adapter à un réchauffement qui dépasserait les 2°C", a confié à l'AFP Ilana Seid, diplomate de l'archipel pacifique des Palaos et présidente d'Aosis.
Le Brésil, qui se veut un pont entre Nord et Sud, n'est pas exempt de paradoxes, après un feu vert donné à l'exploration pétrolière au large de l'Amazonie, une situation "très contradictoire", assène à Belem Angela Kaxuyana, de la Coordination des organisations indigènes d'Amazonie brésilienne.
F.Ramirez--AT