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Les énergies renouvelables ralentissent, rendant difficile l'objectif de tripler les capacités
L'éolien et le solaire ont dépassé le charbon l'an dernier mais la croissance des énergies renouvelables ralentit en raison de changements politiques aux Etats-Unis et en Chine, ce qui met hors de portée l'objectif de tripler les capacités mondiales d'ici 2030 fixé lors de la COP28.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) estimait encore l'an dernier possible d'atteindre cette cible, décidée dans l'accord final de la COP28 de Dubaï en 2023.
Mais selon son dernier rapport annuel publié mardi, la capacité mondiale d'énergie produite à partir de solaire, d'éolien ou d'hydraulique devrait plutôt "atteindre 2,6 fois son niveau de 2022 d'ici 2030".
Cette progression permet à la part des énergies renouvelables dans l'électricité mondiale d'atteindre 34,3% au premier semestre, dépassant ainsi celle du charbon, tombée à 33,1%, tandis que le gaz est à 23%, selon un rapport distinct du centre de réflexion Ember.
"Le solaire et l'éolien connaissent désormais une croissance suffisamment rapide pour répondre à la demande mondiale croissante en électricité", relève Malgorzata Wiatros-Motyka, analyste chez Ember.
Mais cette croissance ralentit et les prévisions de capacités d'énergies renouvelables "sont inférieures de 5%" à l'an dernier, "reflétant les changements de politique, de réglementation et de marché depuis octobre 2024", estime l'AIE.
Deux raisons principales à cela, relève l'agence: la suppression anticipée des incitations fiscales fédérales aux Etats-Unis ainsi que d'autres modifications réglementaires, qui ont conduit l'AIE à réduire de près de 50% ses prévisions pour le marché américain par rapport à l'an dernier.
La seconde est le passage de la Chine pour l'achat d'électricité renouvelable de tarifs réglementés à un système d'enchères, ce qui "affecte la rentabilité des projets" et conduit à une réduction des prévisions de croissance pour le pays.
L'AIE prévoit désormais une augmentation de la capacité mondiale d'énergie renouvelable de 4.600 gigawatts (GW) d'ici 2030, "soit environ l'équivalent de la capacité de production totale de la Chine, de l'Union européenne et du Japon réunis".
Il y a un an, elle tablait encore sur un presque triplement avec plus de 5.500 GW de nouvelles capacités entre 2024 et 2030.
Toutefois, souligne l'AIE, "ces ajustements sont en partie compensés par le dynamisme d'autres régions", notamment l'Inde, l'Europe et la plupart des économies émergentes et en développement, où les perspectives de croissance sont revues à la hausse.
Sur le plan géographique, la Chine mène toujours la danse mais l'Inde "est en passe de devenir le deuxième marché mondial de croissance des énergies renouvelables" avec une capacité qui devrait être multipliée par 2,5 en cinq ans.
Dans l'Union européenne, les prévisions sont légèrement revues à la hausse grâce à l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et la Pologne en particulier, tandis que celles pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord progressent de 25 %.
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Le solaire photovoltaïque représentera à lui seul environ 80% de l'augmentation mondiale des capacités renouvelables au cours des cinq prochaines années, estime l'AIE, suivi par l'éolien, l'hydraulique, la bioénergie et la géothermie.
Cette dernière est en passe d'atteindre des "sommets historiques" dans des marchés clés, notamment les États-Unis, le Japon ou l'Indonésie.
L'hydroélectricité devrait également connaître un fort engouement du fait des avantages qu'elle offre pour équilibrer les réseaux électriques, grâce aux stations de transfert d'énergie par pompage.
Et en dépit de problèmes de chaîne d'approvisionnement, de coûts en hausse et de retards dans l'obtention des permis, la capacité mondiale d'énergie éolienne devrait presque doubler d'ici 2030, ajoute l'agence.
L'éolien en mer voit en revanche ses perspectives de croissance reculer par rapport à l'an dernier à cause "de changements de politique sur les marchés clés", notamment les Etats-Unis, indique l'AIE.
"Le déploiement des énergies renouvelables a déjà permis de réduire considérablement les besoins d'importation de carburant dans de nombreux pays", souligne l'agence mais il faut augmenter la flexibilité des réseaux électriques pour mieux les intégrer.
Intermittentes par essence, elles devraient produire près de 30% de l'approvisionnement mondial en électricité d'ici 2030, soit le double d'aujourd'hui.
"La réduction de la production (d'électricité) et les prix négatifs (lorsque l'offre est supérieure à la demande, ndlr) signalent un manque de flexibilité" alors que des solutions existent, notamment les chargeurs intelligents pour véhicules électriques, la flexibilité d'approvisionnement et le stockage d'électricité.
T.Sanchez--AT