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Le financement participatif de plus en plus prisé des start-up technologiques
De plus en plus d'entrepreneurs technologiques ont recours au financement participatif pour se lancer, une voie qui leur permet de conserver leur indépendance, de tester le marché et de créer une communauté de fidèles.
Elles pullulaient, dans les allées du dernier salon technologique CES à Las Vegas, en janvier, ces start-up passées par la case Kickstarter, que ce soit Ascentiz ou Dnsys avec leurs exosquelettes, ou Yarbo et ses tondeuses autonomes.
Cette plateforme lancée en 2009, qui permet de lever des fonds sans avoir à céder de parts de l'entreprise, était initialement connue pour ses projets artistiques, des jeux de société aux albums musicaux.
Les prétendants présentent leur produit ou leur initiative sur la plateforme et se fixent un montant minimum à récolter pour aller de l'avant. Si le seuil n'est pas atteint (dans plus de la moitié des cas), les fonds ne sont pas transférés.
En échange de leur contribution, les internautes participants auront droit à une récompense, souvent sous la forme du produit lui-même.
Ces dernières années, le design (de produits notamment) et la technologie "ont explosé" et représentent désormais "la plus grosse catégorie" du site, explique Heather Hunt, responsable de ce domaine chez Kickstarter.
Si la librairie d'icônes numériques Font Awesome a déjà réussi à lever plus d'un million de dollars, les campagnes portent beaucoup plus souvent sur des produits physiques que des logiciels, dit-elle, "parce que nous sommes une plateforme basée sur les récompenses (aux internautes faisant des dons), qui sont souvent des objets physiques".
En 2025, les candidats dans le design et la tech ont attiré environ 400 millions de dollars sur le site.
L'intelligence artificielle, qui permet de développer plus rapidement des prototypes mais aussi d'augmenter les capacités des objets personnels connectés, lunettes intelligentes ou robots ménagers, a encore accéléré l'afflux de projets.
Kickstarter prélève 5% des sommes collectées si le montant visé est atteint ou dépassé, tout comme son principal concurrent sur le marché du financement participatif sans accès au capital, Indiegogo.
"Les fonds d'amorçage" ou les "business angels", premiers investisseurs d'une jeune société qui lui permettent de se lancer, "vont souvent vous saigner" et prendre une place imposante au capital, avertit Anthony Mattana, fondateur de Fraimic (cadres avec des images IA) et habitué de Kickstarter.
- "Communauté de fidèles" -
Pour Anthony Mattana, la plateforme autorise, sans ouvrir son actionnariat, à "trouver un marché et pouvoir ensuite aller voir des investisseurs institutionnels en pouvant leur dire: des gens sont intéressés (par le produit), ils en veulent".
Car Kickstarter n'est souvent qu'une étape avant l'entrée dans le circuit du capital-investissement traditionnel, mais aussi une validation déterminante d'un concept.
"Le financement participatif sans actions joue un rôle très important et multifacettes dans l'écosystème des jeunes entreprises de la tech", abonde Maciej Kuc, numéro deux de Gamefound, qui a racheté Indiegogo en juillet 2025.
Le "crowdfunding", de son nom anglais, offre un angle promotionnel différent des campagnes institutionnelles, et la possibilité d'une relation plus directe avec les consommateurs.
"Cela aide à bâtir une communauté de fidèles de la première heure, qui sont susceptibles de devenir des ambassadeurs de la marque sur le long terme", explique Maciej Kuc.
A tel point que certaines sociétés bien établies et financées reviennent ponctuellement sur Kickstarter pour tester l'appétit pour un prototype.
Anthony Mattana cite Peak Design, qui fabrique notamment des supports pour smartphones, "qui ont fait plusieurs levées de fonds auprès d'investisseurs institutionnels, ont (de nombreux) employés mais continuent à lancer (des produits) sur Kickstarter parce que c'est là que se trouve leur communauté".
S.Jackson--AT