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Moyen-Orient: les marchés mondiaux sous tension après le dernier ultimatum de Donald Trump
Les Bourses mondiales perdent du terrain mardi, suspendues au dernier ultimatum du président Donald Trump à l'Iran, qui pousse les prix du pétrole à la hausse.
En Europe, vers 14H30 GMT, l'indice CAC40 de la Bourse de Paris perdait 0,45%. La Bourse de Francfort reculait de 1,11%, Londres baissait de 0,76% et Milan de 0,57%.
A Wall Street, dans les premiers échanges, le Dow Jones perdait 0,71%, l'indice Nasdaq reculait de 1,21% et l'indice élargi S&P 500 lâchait 0,83%.
"Les marchés sont une fois de plus sous tension alors que le conflit entre les États-Unis et l'Iran entre dans une phase critique, les investisseurs se retrouvant de facto à trader contre un nouveau compte à rebours fixé par l'administration Trump", commente Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com.
Donald Trump a menacé mardi, à quelques heures de la fin d'un ultimatum donné à l'Iran, d'éradiquer "une civilisation entière". Le président des Etats-Unis a donné jusqu'à 20h00, heure de Washington (minuit GMT), à l'Iran pour débloquer la navigation maritime dans le détroit d'Ormuz, crucial pour l'approvisionnement pétrolier de la planète.
"Ouvrez le putain de détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en enfer - VOUS ALLEZ VOIR!", avait-il écrit lundi sur son réseau social Truth Social.
"Ce point de passage reste l’enjeu central du conflit, et aucune des deux parties ne semble prête à céder facilement", souligne Daniela Hathorn.
"Bien qu’une escalade soit préjudiciable pour les deux camps, les incitations stratégiques sont désalignées: les États-Unis cherchent à rétablir la stabilité et les flux énergétiques, tandis que l’Iran utilise la perturbation comme levier de dissuasion", explique-t-elle.
Cependant, des ponts et une autoroute ont été frappés mardi en Iran, selon les autorités locales, Israël et les Etats-Unis semblant mettre à exécution leur menace sans attendre l'expiration de l'ultimatum de Donald Trump pour rouvrir le détroit d'Ormuz.
Le WTI plus cher que le Brent
Les menaces de Donald Trump et la résistance de l'Iran continuent d'alimenter la hausse du pétrole, "évoluant à des niveaux plus vus depuis 2022", selon Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.
A 14H30 GMT, le WTI américain s'échangeait à 116,56 dollars le baril, en hausse de 3,69%.
Depuis quelques jours, le WTI coûte exceptionnellement plus cher que le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole, qui valait 110,65 dollars le baril (+0,80%) mardi.
"La raison de cette anomalie tient aux différences de fonctionnement entre les deux contrats. Le contrat WTI prévoit une livraison de pétrole en mai, tandis que le contrat Brent prévoit une livraison de pétrole en juin", explique Kathleen Brooks, de XTB.
"Le pétrole est devenu de fait le principal canal de transmission du risque sur l'ensemble des marchés. Ses mouvements se répercutent désormais directement sur tout, des rendements obligataires aux actions, et même aux cours de l'or", ajoute Matt Britzman.
Par ailleurs, l'Arabie Saoudite, la Russie et six autres membres de l'Opep+ ont décidé dimanche d'augmenter une nouvelle fois les quotas de production de pétrole. Ils ont averti que la remise en état des installations énergétiques endommagées par la guerre au Moyen-Orient était "coûteuse" et prendrait "beaucoup de temps".
L'organisation a également souligné "l'importance cruciale de la protection des voies maritimes internationales afin de garantir la circulation ininterrompue de l'énergie".
Les taux d'intérêt restent élevés
En plus des prix du brut élevés, "les rendements obligataires sont également soutenus, reflétant un resserrement des conditions financières et des inquiétudes inflationnistes", note Mme Hathorn.
Référence en Europe, le taux d'emprunt de la dette allemande à dix ans dépassait encore les 3% (3,03%) mardi, contre 2,99% la veille. Son équivalent français s'établissait à 3,72% contre 3,67% précédemment.
Les taux augmentent avec les risques d'inflation car les créanciers exigent un rendement plus fort de leurs investissements pour se protéger de la perte en valeur du montant de leurs créances.
J.Gomez--AT