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Pakistan: retour progressif de l'électricité après une panne géante
Une gigantesque panne d'électricité a affecté lundi une large partie du Pakistan, dont ses plus grandes villes Lahore et Karachi, avant que les autorités n'annoncent en soirée le retour progressif du courant.
Les coupures d'électricité sont fréquentes au Pakistan, englué depuis des années dans de graves problèmes budgétaires et énergétiques, et dont le système de distribution est complexe et vétuste.
La panne a été causée par un dysfonctionnement survenu à 07H30 locales (02H30 GMT) à la suite de mesures d'économies prises sur le réseau.
"Nous espérons que le courant sera rétabli partout dans le pays d'ici ce (lundi) soir", a déclaré dans un communiqué vidéo le ministre de l'Energie, Khurram Dastagir Khan.
La nuit avançant, il a assuré sur Twitter que l'électricité commençait à être rétablie progressivement.
Le ministère a tweeté que le courant était revenu dans le centre d'Islamabad et à Gujranwala, à quelque 200 km au sud-est de la capitale.
M. Khan a également retweeté le message d'un usager qui se félicitait qu'il y ait à nouveau "de la lumière à Lahore", la deuxième ville la plus peuplée du pays, avec plus de 10 millions d'habitants.
La panne a été causée par une variation de la fréquence électrique sur le réseau national, au redémarrage des unités de production électrique lundi matin.
Ces unités sont temporairement éteintes la nuit en hiver pour économiser du carburant, a expliqué M. Khan à la presse.
La plupart des hôpitaux, industries et institutions gouvernementales sont équipées de générateurs. Mais les ménages et petits commerces n'ont souvent pas les moyens de s'offrir un tel équipement.
Dans le nord du Pakistan, les températures devaient tomber lundi soir en dessous de 0°. Le chauffage au gaz est le plus répandu, mais n'est pas non plus toujours très fiable, les délestages étant fréquents en raison d'une pénurie de gaz.
Les réseaux de téléphonie mobile ont été également perturbés par la panne, selon un tweet du régulateur pakistanais des télécoms.
L'économie pakistanaise est déjà chancelante avec une inflation galopante, une devise nationale - la roupie - en chute libre et des réserves de change au plus bas. Une telle coupure d'électricité ne fait qu'accroître la pression sur les petits commerces.
A Rawalpindi, ville voisine de la capitale, Muhammad Iftikhar Sheikh, 71 ans, un vendeur d'électroménager, a déploré ne pas pouvoir tester ses appareils devant les clients.
"Les clients n'achètent jamais sans essayer d'abord", pestait-il. Du coup, "on est tous assis là, à ne rien faire".
Dans les écoles, les cours ont souvent eu lieu dans la pénombre, pour celles ne disposant pas d'éclairage sur batterie.
A Karachi (sud), où les températures étaient plus élevées, un commerçant a indiqué à l'AFP craindre que son stock entier de produits laitiers ne soit perdu, sans réfrigération.
Et Khurrum Khan, un imprimeur de 39 ans, voyait les commandes s'empiler, sans pouvoir y répondre. Les problèmes d'électricité sont "une malédiction permanente dont nos gouvernements n'ont pas réussi à se débarrasser", regrettait-il.
Une panne similaire en janvier 2021 avait plongé l'essentiel de ce pays de 220 millions d'habitants dans le noir pendant plusieurs heures, après qu'un dysfonctionnement technique dans le sud eut déclenché une réaction en chaîne dans plusieurs centrales électriques.
Les coupures d'électricité sont un problème récurrent au Pakistan. Mais la situation s'est encore détériorée ces derniers mois, la situation financière dramatique du pays aggravant un peu plus ses difficultés d'approvisionnement énergétique.
Les ménages ont été touchés, mais l'industrie également, notamment le textile, qui représente environ 60% des exportations pakistanaises.
Th.Gonzalez--AT