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Incendies en Indonésie : Singapour dénonce des entreprises comme responsables
Incendies en Indonésie : Singapour dénonce des entreprises comme responsables / Photo: FELINE LIM - AFP

Incendies en Indonésie : Singapour dénonce des entreprises comme responsables

Singapour a dénoncé vendredi sept entreprises d'Indonésie comme responsables des incendies qui ont propagé des fumées toxiques à travers l'Asie du Sud-Est, et fait quatre morts sur l'île de Java.

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"Notre enquête suggère qu'une partie de la fumée observée à Singapour provient d'incendies sur les terrains de sept entreprises en Indonésie", a déclaré la ministre du Développement durable et de l'Environnement, Grace Fu.

Cette annonce intervient alors que la cité-État a renforcé les mesures contre une pollution atmosphérique qui s'intensifie.

Singapour adressera des "avis préventifs" à ces entreprises, basées sur l'île indonésienne de Sumatra et qui sont principalement des fournisseurs de bois, dans le cadre d'une législation de 2014 sur les fumées transfrontalières.

Ces avertissements impliquent qu'elles déploient des équipes de lutte contre les incendies, cessent tout brûlage ou feu, et soumettent leurs plans d'action à l'Agence nationale de l'environnement de Singapour.

Interrogée sur les mesures concrètes que la cité-État pourrait prendre pour s'assurer que les entreprises s'y conforment, Mme Fu a répondu : "Nous gardons toutes les options ouvertes (...) qu'il s'agisse d'amendes ou de poursuites".

Mme Fu a averti que le pire était peut-être encore à craindre. "Nous devons nous préparer à ce que la fumée persiste pendant un certain temps (...) Selon les conditions météorologiques, nous pouvons nous attendre à des fluctuations de la qualité de l'air, y compris la possibilité d'atteindre des niveaux dangereux", a-t-elle ajouté.

- Singapour, ville la plus polluée -

En outre, les incendies ont fait jeudi quatre morts dans un parc de Java, et deux blessés graves, selon les autorités.

Singapour était vendredi en tête du classement des grandes villes les plus polluées au monde, suivie par Kuala Lumpur et Jakarta, selon le site de surveillance de la qualité de l'air IQAir.

Le Premier ministre singapourien, Lawrence Wong, s'était engagé jeudi soir à prendre des "mesures" contre les entreprises responsables des feux indonésiens et à étudier "la possibilité d'une action conjointe avec d'autres pays".

La pollution atmosphérique a motivé la fermeture des écoles dans plusieurs pays de la région et fait exploser le nombre de personnes souffrant de troubles respiratoires.

À Singapour, elle a atteint vendredi matin un pic de 237 sur l'indice de qualité de l'air d'IQAir, c'est-à-dire des niveaux "très mauvais pour la santé".

"On ne voit pas grand-chose depuis les célèbres monuments de Singapour, comme l'emblématique hôtel Marina Bay Sands", composé de trois tours reliées par une immense structure allongée en forme de bateau, a déclaré à l'AFP un guide touristique.

Si la loi singapourienne permet de sanctionner les entreprises dont les activités hors de la cité-État provoquent ou contribuent à des niveaux malsains de fumée toxique, il reste difficile d'établir les responsabilités. Cela nécessite notamment que les autorités partagent des cartes localisant les foyers d'incendie.

En 2015, Singapour avait mené des enquêtes sur quatre entreprises indonésiennes pour leur rôle présumé dans un épisode de fumée transfrontalière, suscitant des tensions diplomatiques. Ces enquêtes restent ouvertes.

Dans le parc national de Bromo Tengger Semeru, dans l'est de Java, quatre personnes sont mortes jeudi en combattant les flammes, a indiqué le ministère indonésien des Forêts. Deux autres ont été grièvement blessées.

- 900.000 hectares brûlés -

L'Indonésie lutte régulièrement contre des feux de forêt durant la saison sèche, qui s'étend en général d'avril à octobre.

Mais les feux, qui ont détruit plus de 900.000 hectares depuis janvier, se sont intensifiés cette année en raison du phénomène météorologique El Niño.

Et la situation ne semble pas s'améliorer: 799 points chauds étaient répertoriés jeudi soir en Indonésie, contre 372 la veille. Il s'agit de zones où les satellites détectent des températures inhabituellement élevées, sans que ce soit systématiquement un incendie.

Des experts soulignent que les facteurs humains jouent également un rôle crucial, dont le défrichement par brûlis et des décennies de dégradation forestière.

A Palangkaraya, dans la partie indonésienne de l'île de Bornéo, les niveaux de pollution atmosphérique continuent vendredi de dépasser le seuil du niveau "dangereux" de l'indice d'IQAir, soit 300.

Syehan, 43 ans, dit être victime d'"essoufflement et, en termes d'activités, il y a un impact", raconte ce commerçant, affirmant qu'"en ce moment, les gens ne viennent plus au marché".

Le secteur aérien indonésien est aussi perturbé. Depuis août, un millier de vols ont été annulés et plus de 900 retardés, selon l'aviation civile.

A.Anderson--AT