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Le dernier tour de piste ? Deux jours en campagne avec Trump
Une campagne pour son parti, ou un dernier tour de piste à sa propre gloire ? Donald Trump sillonne l'Amérique à l'approche des élections de mi-mandat, mais le soutien aux candidats républicains s'efface souvent derrière l'envie, pour le président américain, de goûter encore une fois à la ferveur de ses partisans.
L'AFP l'a suivi mardi et mercredi pendant l'un de ces déplacements à l'Ouest, avec une succession rapide de vols et de meetings dans une vallée glaciaire en Alaska, sur une plaine sèche de l'Arizona et dans les forêts du Montana.
Le dirigeant républicain parie sur sa capacité de mobilisation face aux sondages prédisant qu'il perdra le 3 novembre l'une, voire les deux chambres du Congrès.
L'enquête d'opinion rendue publique mercredi par Fox News le crédite de seulement 36% d'opinions favorables, un plus bas, à cause en particulier d'un mécontentement grandissant sur le coût de la vie.
"Faites comme si j'étais sur le bulletin", lance pourtant mercredi le dirigeant de 80 ans, casquette rouge sur la tête, à Bullhead City (Arizona).
- Nostalgie de 2024 -
Le comté où il se trouve a voté pour lui à près de 78% en 2024. Les deux autres qu'il visite, en Alaska et au Montana, lui ont également largement donné la victoire face à la démocrate Kamala Harris.
Donald Trump assume de voyager en terrain conquis et dit aux journalistes vouloir se "montrer respectueux" de ses supporters. "Nous avons recréé l'esprit" de la campagne présidentielle de 2024, assure-t-il.
Difficile d'en juger.
À chaque fois, sa venue rassemble des partisans convaincus, le noyau dur de son mouvement "MAGA" (Make America Great Again), prêts à lui pardonner la flambée des carburants comme la guerre en Iran.
"Le pays doit être un peu plus patient. Il y a beaucoup de choses dans le monde qu'il ne contrôle pas mais dont il doit s'occuper", plaide Theresa Hallesy, interrogée mercredi par l'AFP dans le Montana.
Cette retraitée de 68 ans a attendu plus de sept heures que Donald Trump fasse son entrée dans une grande arène de rodéo réquisitionnée pour l'occasion.
Le président américain vient battre le rappel pour son parti, mais c'est comme à contre-coeur qu'il convie à ses côtés les candidats locaux.
- "Une minute" -
"Je veux que tu montes sur scène une minute parce que nous ne voulons pas t'entendre deux ou trois minutes, juste une minute", lance-t-il à Andy Biggs, conservateur qui brigue le poste de gouverneur de l'Arizona.
Le dirigeant républicain a toujours une ou deux annonces taillées pour chaque région.
En Alaska mardi, dans une patinoire de hockey reconvertie en salle de meeting, il déroule son argumentaire climatosceptique.
Dans cet État dont l'économie est très liée aux hydrocarbures, le président américain fait l'article d'un grand projet de gaz naturel liquéfié. Il signe aussi des grâces présidentielles en faveur de deux garagistes condamnés pour avoir modifié des moteurs diesel de manière à contourner la législation sur les émissions.
Donald Trump promet dans tous ses discours que chaque Américain touchera 5.000 dollars si les républicains conservent la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat - le financement éventuel de cette mesure, très critiquée par l'opposition, reste obscur.
Plus qu'une offensive électorale, ses meetings donnent pourtant l’impression de l'ultime tournée d'un spectacle dont le premier rôle et les spectateurs seraient déjà nostalgiques.
- Avion qatari -
Dans le Montana, des milliers de supporters enthousiastes rient à une imitation désormais familière du président français Emmanuel Macron et ovationnent Donald Trump quand il quitte la scène en s'agitant au son de l'incontournable "YMCA".
En Arizona, le milliardaire régale le public d'un survol dans le nouvel avion présidentiel, luxueux cadeau du Qatar.
Sur scène, il blague à propos de ce présent estimé à 400 millions de dollars: "Quand on vous fait des cadeaux, vous les prenez, non?"
La plaisanterie tombe un peu à plat auprès de l'assistance, dans une circonscription où le taux de pauvreté comme le taux de chômage dépassent nettement la moyenne nationale.
Le dirigeant républicain évoque ensuite avec regret la fin à venir de son mandat, à laquelle il se dit résigné, "dans deux ans et demi, maintenant un peu moins que ça, malheureusement."
"J'ai dit ça hier et ils ont commencé à crier +Quatre ans de plus! Quatre ans de plus!+", poursuit Donald Trump.
Il s'interrompt. Attend. Le public finit par saisir la perche et quelques voix entonnent "Quatre ans de plus! Quatre ans de plus!", sans immense conviction.
O.Brown--AT