Arizona Tribune - Affaire Epstein : perquisitions chez l'ex-Premier ministre Thorbjørn Jagland

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Affaire Epstein : perquisitions chez l'ex-Premier ministre Thorbjørn Jagland
Affaire Epstein : perquisitions chez l'ex-Premier ministre Thorbjørn Jagland / Photo: Yuri KADOBNOV - AFP/Archives

Affaire Epstein : perquisitions chez l'ex-Premier ministre Thorbjørn Jagland

La police norvégienne a annoncé avoir perquisitionné jeudi des propriétés de l'ex-Premier ministre Thorbjørn Jagland, désormais formellement soupçonné de "corruption aggravée" dans le cadre de ses contacts passés avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.

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Les documents publiés fin janvier dans l'affaire Epstein suggèrent notamment que M. Jagland et/ou sa famille ont séjourné ou passé des vacances chez le financier à une époque où l'ex-chef du gouvernement était devenu président du comité Nobel -qui décerne le prix Nobel de la paix- et secrétaire général du Conseil de l'Europe.

"À la suite d'une décision de justice, Økokrim (unité de la police chargée de la criminalité financière, nldr) a procédé aujourd'hui à une perquisition au domicile de Thorbjørn Jagland à Oslo", a indiqué son chef, Pål Lønseth, dans un communiqué.

"Økokrim a également perquisitionné deux autres propriétés situées à Risør et à Rauland" dans le sud du pays, a-t-il ajouté.

M. Jagland a estimé cette semaine par la voix de son avocat n'être coupable d'"aucun fait pénalement répréhensible".

Selon les images des chaînes norvégiennes, plusieurs personnes se sont présentées, des cartons à la main, devant son appartement à Oslo dans la matinée.

L'ancien dirigeant travailliste de 75 ans a été filmé, souriant, quittant les lieux en compagnie de son avocat.

- Frais de voyage pris en charge -

La police avait ouvert une enquête contre lui pour "corruption aggravée" la semaine dernière. Les perquisitions ont été rendues possibles par la levée de son immunité mercredi par le Conseil de l'Europe.

"M. Jagland souhaite contribuer à ce que l'affaire soit pleinement élucidée, et la prochaine étape sera sa comparution pour interrogatoire devant Økokrim — comme il a lui-même indiqué le souhaiter", a indiqué son avocat, Anders Brosveet, dans un communiqué.

Selon la lettre envoyée par Økokrim au Conseil de l'Europe pour demander la levée de l'immunité, la police enquête pour déterminer si plusieurs avantages que M. Jagland aurait reçus relèvent de la "corruption passive".

Økokrim cite l'usage à plusieurs reprises, entre 2011 et 2018, par M. Jagland et/ou des membres de sa famille des appartements d'Epstein à Paris et à New York, ainsi que des séjours dans sa propriété à Palm Beach, en Floride.

"Pour au moins l'un de ces séjours privés, les frais de voyage de six adultes semblent avoir été pris en charge par M. Epstein", peut-on y lire.

La police évoque aussi une autre offre de prise en charge des frais de voyage et d'hôtel dans les Caraïbes pour six adultes, une offre acceptée par M. Jagland mais annulée ensuite "en raison de circonstances extérieures".

- Rencontre souhaitée avec Poutine -

"M. Jagland semble en outre avoir sollicité l'assistance de M. Epstein pour l'obtention d'un prêt bancaire, mais il n'est pas établi si cela s'est concrétisé", ajoute-t-elle.

"Les documents publiés indiquent que, durant toute la période concernée, M. Epstein a cherché à tirer parti, de diverses manières, du réseau et de la position de M. Jagland", précise-t-elle.

Déjà condamné en 2008 pour sollicitation d'une mineure, Epstein est mort en prison à New York en 2019 en attendant d'être jugé pour trafic sexuel de mineurs.

Selon des courriels reproduits par le journal Verdens Gang (VG), il a notamment poussé M. Jagland à plusieurs reprises entre 2013 et 2018 pour qu'il organise une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine.

Après avoir dans le passé assuré que ses liens avec Epstein étaient "un aspect d'une activité diplomatique normale", M. Jagland a indiqué ce mois-ci au journal Aftenposten qu'il avait fait preuve d'"une erreur de jugement" en entretenant cette relation.

Plusieurs autres personnalités norvégiennes de haut rang, notamment la princesse héritière Mette-Marit, sont aussi abondamment citées dans les nouveaux documents publiés par le ministère américain de la Justice.

La simple mention du nom d'une personne dans ce dossier ne suppose aucun acte répréhensible a priori de sa part, mais les documents rendus publics montrent l'existence de liens entre Epstein et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, de tels rapports.

K.Hill--AT