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Le Venezuela s'apprête à adopter une loi d'amnistie historique
Le Parlement vénézuélien doit entamer jeudi le débat final en vue de l'adoption d'une loi d'amnistie générale, promise sous pression américaine, qui doit conduire à des libérations massives de prisonniers politiques.
La loi d'amnistie générale a été proposée par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui occupe ses fonctions depuis la capture de Nicolas Maduro par des militaires américains le 3 janvier.
Sous pression américaine, Mme Rodriguez a accepté des concessions comme ouvrir l'accès aux vastes ressources pétrolières du Venezuela et a annoncé, quelques jours plus tard, un processus qui a permis d'accorder la liberté conditionnelle à plus de 400 prisonniers politiques.
Le secrétariat de l'Assemblée nationale a indiqué que le seul point à l'ordre du jour sera la discussion du projet de "loi d'amnistie pour la coexistence démocratique".
Des étudiants de l'Université centrale du Venezuela (UCV), la plus grande du pays et critique du chavisme, une doctrine d'inspiration socialiste fondée par le feu président Hugo Chavez, ont appelé à un rassemblement sur le campus, tandis que le parti au pouvoir a annoncé une "grande marche" à Caracas.
- "Nous méritons la paix" -
La semaine dernière, le Parlement vénézuélien a approuvé en première lecture la loi d'amnistie qui doit permettre la libération de l'ensemble des détenus politiques.
Un second débat pour son adoption définitive était initialement prévu mardi, mais il a été repoussé en raison du processus de consultation publique auquel sont soumises les lois. Des juristes, des dirigeants de l'opposition et même des familles de prisonniers politiques y ont participé.
Le procureur général Tarek William Saab a également répondu à l'appel aux côtés d'autres membres du pouvoir judiciaire.
"Nous méritons la paix, que tout soit débattu par le dialogue", a déclaré M. Saab dans un entretien avec l'AFP.
L'amnistie, a-t-il estimé, doit en conséquence conduire à un geste des Etats-Unis pour remettre en liberté le président déchu Maduro et son épouse, détenus à New York.
Mme Rodriguez a également ordonné la fermeture de la tristement célèbre prison de l'Hélicoïde, dénoncée comme un centre de torture par l'opposition et les militants des droits humains.
Son frère Jorge Rodriguez, qui préside le Parlement, a annoncé la semaine dernière que l'adoption de la loi se traduirait par la libération de tous les prisonniers politiques.
"Une fois cette loi approuvée, le jour-même, ils sortiront tous", a-t-il promis devant des cellules de la Police nationale, à Caracas.
- "Nous avons tous peur" -
Au milieu des débats sur la loi, le leader de l'opposition Juan Pablo Guanipa a été libéré de prison dans le cadre du processus de remise en liberté.
Moins de 12 heures plus tard, il a de nouveau été arrêté et envoyé à Maracaibo (ouest) pour y être assigné à résidence.
Les autorités l'ont accusé d'avoir violé sa liberté conditionnelle après avoir réclamé des élections lors d'une visite à l'Hélicoïde, où il avait participé à une manifestation avec des proches de prisonniers politiques.
Pablo Guanipa est un allié proche de la lauréate du prix Nobel de la paix et leader de l'opposition, Maria Corina Machado, qui est restée dans la clandestinité pendant plus d'un an avant de fuir le pays pour se rendre à Oslo recevoir le prix.
"Nous avons tous peur, mais nous devons continuer à nous battre pour que nous puissions parler et vivre en paix", a déclaré aux journalistes le fils de M. Guanipa devant sa maison à Maracaibo.
M.White--AT