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L’Iran libère un humanitaire belge dans un échange de prisonniers
L'humanitaire belge Olivier Vandecasteele, détenu depuis quinze mois en Iran, a été libéré vendredi au terme d'un échange avec un diplomate iranien condamné en 2021 pour terrorisme.
"Enfin libre !", a déclaré le Premier ministre belge Alexander De Croo, sans mentionner cet échange de prisonniers.
"Au moment où je m’adresse à vous, Olivier Vandecasteele est en chemin pour la Belgique. Si tout se déroule comme prévu, il sera parmi nous ce soir", a-t-il ajouté, faisant part de son immense "soulagement".
Selon des sources belges, l'avion rapatriant M. Vandecasteele est attendu vers 21H30 (19H30 GMT) sur la base militaire de Melsbroek, près de Bruxelles.
De son côté, le sultanat d'Oman, qui joue le rôle de médiateur entre Téhéran et les pays occidentaux, a expliqué que cet humanitaire avait été libéré dans le cadre d'un "échange" entre l'Iran et la Belgique.
Le détenu iranien est Assadollah Assadi. Ce diplomate, à l'époque en poste à Vienne, a été arrêté le 1er juillet 2018 en Allemagne puis reconnu coupable par la justice belge d'avoir fomenté un projet d'attentat à l'explosif qui devait viser la veille un rassemblement du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI, coalition d'opposants), près de Paris.
Il a été condamné à 20 ans de prison en février 2021 à Anvers (nord), au grand dam de l'Iran qui a dénoncé une violation de son immunité diplomatique.
"Assadollah Assadi, un diplomate innocent de notre pays, qui a été détenu illégalement en Allemagne et en Belgique pendant plus de deux ans en violation du droit international, est maintenant sur le chemin du retour vers son pays", s'est félicité le ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, sur Twitter, remerciant Oman.
- "Rançon honteuse" -
Les membres de l'opposition iranienne en exil, qui ont tenté - sans succès - de s'opposer à cet échange, ont immédiatement dénoncé ce dénouement, jugeant que la Belgique avait payé "une rançon honteuse".
"Cela encouragera le fascisme religieux au pouvoir en Iran à poursuivre ses crimes", a estimé le CNRI.
Un traité de transfèrement mutuel de condamnés signé en 2022 entre la Belgique et l'Iran et entré en vigueur le 18 avril avait ouvert la voie à cet échange.
Mais l'exécutif belge a finalement eu recours, pour le transfert de M. Assadi, à l'article 167 de la Constitution lui accordant les pleines prérogatives en matière de politique étrangère, ont expliqué vendredi des sources gouvernementales belges.
En utilisant cette autre voie "nous n'avons pas prévenu l'opposition iranienne", et avons ainsi pu gagner du temps, a dit l'une de ces sources.
En mars, la Cour constitutionnelle belge, saisie par le CNRI, avait posé des limites à l'usage du traité bilatéral de 2022, précisant que les opposants iraniens en exil devaient être avertis d'une éventuelle décision de transférer M. Assadi afin de pouvoir s'y opposer en justice.
Plusieurs dizaines d'Occidentaux sont détenus en Iran, décrits par leurs soutiens comme des innocents utilisés par Téhéran comme moyen de pression et monnaie d'échange.
Arrêté le 24 février 2022 à Téhéran, Olivier Vandecasteele, 42 ans, avait été condamné pour "espionnage" à 40 ans de prison et 74 coups de fouet.
- "Torture innommable" -
Sa famille dénonçait depuis les mauvais traitements qui lui étaient infligés, évoquant la "torture psychologique innommable" subie par cet homme, "otage innocent d'une bataille juridico-politique" mettant aux prises l'Iran et la Belgique.
Les conditions de sa détention relèvent de "la torture", avait accusé fin avril Alexander De Croo devant la Chambre des députés. "Il dort et mange à même le sol, n'a pas suffisamment d'accès aux soins médicaux (...), la lumière ne s'éteint jamais dans sa cellule".
La libération d'Olivier Vandecasteele intervient deux semaines après celle de deux ressortissants français, Benjamin Brière, 37 ans, incarcéré pendant trois ans à la prison de Mashhad dans le nord-est de l'Iran, et le Franco-Irlandais Bernard Phelan, 64 ans, qui avait quant à lui passé sept mois en détention.
Trente-cinq ressortissants d'une douzaine d'Etats membres de l'UE, dont quatre Français, sont toujours détenus en Iran, selon la cheffe de la diplomatie française Catherine Colonna.
E.Flores--AT