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Mondial-2026: la non-sélection d'un buteur star iranien divise
Il est le troisième meilleur buteur de l'histoire de l'équipe nationale iranienne, et auteur d'une brillante carrière en club, mais Sardar Azmoun, 31 ans, devrait manquer la Coupe du monde 2026, une exclusion qui divise dans son pays.
L'Iran doit jouer ses trois matchs de la phase de groupe aux Etats-Unis dans un contexte de guerre entre les deux pays, avec un fragile cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.
Ancien du Bayer Leverkusen ou de l'AS Rome, l'attaquant vedette de l'équipe iranienne (91 sélections, pour 57 buts) évolue désormais dans un club des Emirats arabes unis, allié des Etats-Unis.
Il a fait l'objet de vives critiques dans les médias iraniens en mars après la publication sur son profil Instagram aux plus de 5,8 millions d'abonnés d'une photo le montrant aux côtés du Premier ministre émirati.
"A un tournant historique, Sardar Azmoun s'est rangé du mauvais côté", a commenté l'agence de presse iranienne Fars, accusant l'attaquant, passionné de courses hippiques, d'avoir "misé sur le mauvais cheval" dans un "pari qui lui a coûté la Coupe du monde".
- "Exclusion politique" -
Si le sélectionneur a parlé de considérations techniques, pour le jounaliste sportif Erfan Hoseiny, "il est clair et admis que son exclusion était politique, et non fondée uniquement sur des critères sportifs".
"Plusieurs autres joueurs évoluant dans le championnat des Emirats arabes unis ont été appelés en sélection, certains avec des statistiques inférieures à celles d'Azmoun", ajoute auprès de l'AFP le co-animateur du podcast Asian Football Show.
Une polémique similaire avait déjà eu lieu juste avant le Mondial-2022 au Qatar après des messages publiés par Azmoun semblant soutenir la contestation populaire provoquée par la mort de la jeune Mahsa Amini, arrêtée pour infraction au strict code vestimentaire.
Malgré des appels à sa suspension, il avait finalement pu prendre part à la compétition.
Sa dernière apparition en équipe nationale remonte à un match de qualification contre l'Ouzbékistan en mars 2025.
- Sous pression -
Dans un long message publié sur Instagram début mai, l'avant-centre a souhaité "succès et fierté" à ses coéquipiers, espérant qu'ils apportent "de la joie au peuple iranien". En ajoutant: "où que je joue au football, mon identité, mon coeur et ma fierté sont l'Iran".
Peut-il encore être réintégré dans l'équipe?
Il y a quelques jours, le vice-président iranien, Abdolkarim Hosseinzadeh, a plaidé sa cause au nom du "besoin de la patrie de préserver les liens entre ses enfants", estimant aussi qu'il avait tenté de "montrer cet attachement" dans sa publication.
Des journalistes sportifs iraniens ont évoqué la possibilité qu'il soit réintégré avant la date limite de validation des équipes.
Mais le puissant président de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, a dit "ne pas être au courant" d'un quelconque projet en ce sens. Et jeudi, la chaîne sportive Varzesh 3 annonçait qu'une décision définitive avait été prise pour une non-sélection, information qui n'a pas été confirmée officiellement à ce stade.
Né à Gonbad-e Qabous (nord-est), près de la frontière turkmène, Sardar Azmoun, membre de la minorité turkmène turcophone, a été recruté dès l'adolescence par le Rubin Kazan, club de première division russe. Puis il a joué pour Rostov avant de rejoindre, en 2019, le Zénith Saint-Pétersbourg.
Il a ensuite évolué en Europe et enfin depuis juillet 2024 au Shabab Al Ahli Club de Dubaï.
Parlant couramment plusieurs langues dont le turc et le russe, il a révélé toujours sur Instagram avoir reçu "une offre financière très importante d'un autre pays" à seulement 17 ans.
"Mais ma seule réponse a été que je suis un enfant d'Iran, que je veux jouer pour mon peuple et le rendre fier", a-t-il écrit.
Avec ou sans lui, l'équipe iranienne se retrouve désormais face à une rare occasion de pouvoir rassembler des Iraniens du monde entier.
"Cette équipe est habituée à la pression, mais cette année est différente en raison du contexte politique, tant intérieur qu'extérieur", rappelle Erfan Hoseiny.
T.Sanchez--AT