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L'Iran attend des "actes" des Etats-Unis, JD Vance évoque des "progrès"
L'Iran a dit ne pas se fier aux paroles mais s'attendre à des "actes" de la part des Etats-Unis, dont le vice-président JD Vance a fait état de "progrès" vers un accord visant à stopper la guerre au Moyen-Orient.
Après des échanges de frappes cette semaine - les affrontements les plus graves depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 8 avril - et alors qu'on croyait les négociations en péril, des sources à Washington ont évoqué jeudi un cadre d'accord qui prévoit une extension de 60 jours du cessez-le-feu. Mais il nécessite encore l'aval de Donald Trump, qui a pour l'instant gardé le silence.
"Nous sommes en train de négocier certaines formulations. Nous avons fait beaucoup de progrès", a déclaré M. Vance à des journalistes. "Nous espérons que nous continuerons à progresser et que le président sera en mesure d'approuver l'accord".
Selon l'agence de presse iranienne Tasnim, citant une "source bien informée", le texte n'est "pas encore finalisé".
"Nous ne nous fions ni aux promesses ni aux paroles, seuls les actes comptent", a écrit sur X le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, sur fond de grande méfiance envers la partie américaine.
"Le vrai vainqueur de tout accord est celui qui est le mieux préparé à la guerre le lendemain", a ajouté celui qui est aussi président du Parlement iranien, insistant sur l'importance "des missiles, et non des pourparlers" dans le rapport de forces.
- Pas comme avant-guerre -
La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine contre l'Iran, a fait des milliers de morts. Et elle ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole, la République islamique verrouillant le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.
Les marchés font eux le pari d'un accord au Moyen-Orient: les cours du pétrole poursuivaient leur décrue vendredi. Vers 12H00 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale du brut, perdait 1,17% à 92,61 dollars, bien en dessous des 100 dollars du début de semaine.
L'information a d'abord été révélée par le site américain Axios, selon lequel ce protocole d'accord ne règle pas la question du programme nucléaire iranien - qui sera abordé ultérieurement - mais inclut un engagement de l'Iran à ne pas chercher à se doter de la bombe atomique.
Sur la question d'Ormuz, le texte prévoit, toujours selon Axios, que l'accès au détroit soit "sans restriction" pendant les 60 jours d'extension de la trêve, ce qui implique notamment que l'Iran retire toutes les mines dans la zone.
Les Etats-Unis lèveraient de leur côté, selon la même source, leur blocus naval sur les ports iraniens si le trafic commercial reprend. Téhéran serait aussi autorisé à vendre du pétrole grâce à une suspension des sanctions américaines.
Sur le terrain, le trafic maritime dans le détroit s'est accéléré mais "cela ne signifie pas un retour à la situation d'avant-guerre", a indiqué la télévision d'Etat iranienne, l'accès restant interdit aux navires des pays "hostiles".
D'autres sujets font l'objet depuis des semaines de discussions indirectes entre les deux pays.
Outre la fin des combats sur tous les fronts, en particulier au Liban où s'affrontent son allié, le Hezbollah, et Israël, le pouvoir iranien cherche à obtenir le déblocage de 24 milliards d'avoirs gelés à l'étranger. Sur le volet nucléaire, il refuse tout transfert à l'étranger du stock d'uranium enrichi, dont Donald Trump réclame la destruction.
- "L'enfer, ici" -
Dans ce climat tendu, des habitants de Téhéran confient leur inquiétude. Mahtab, 62 ans, coiffeuse dans la capitale iranienne, se félicite que sa fille ait pu quitter le pays car "c'est l'enfer ici" et se lamente de voir son fils vivre lui "au jour le jour", sans perspective.
Sur l'autre front du conflit, au Liban, Israël étend toujours plus sa "zone de combat" et poursuit ses frappes meurtrières, en dépit du cessez-le-feu théoriquement en vigueur.
En visite auprès de soldats, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué l'avancée de l'armée dans des secteurs stratégiques, affirmant que les forces israéliennes avaient traversé le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière avec Israël.
Cette annonce intervient alors que des discussions sur le plan militaire doivent se tenir vendredi à Washington entre Israël et le Liban. La délégation libanaise va "insister sur la nécessité de mettre fin aux hostilités", a indiqué une source militaire à l'AFP.
Selon un dernier bilan officiel mercredi, les frappes israéliennes ont tué au Liban 3.324 personnes depuis le début de la guerre début mars quand le Hezbollah a attaqué Israël en représailles aux frappes contre l'Iran.
Sur la seule semaine écoulée, quinze enfants ont été tués et 62 autres blessés au Liban, a rapporté vendredi l'Unicef.
burx-vl/anb/hme
B.Torres--AT