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Champions Cup: Julien Dumora et sa nouvelle vie d'entraîneur à Castres
Crampons au pied, silhouette affutée et regard perçant: comme depuis plus de dix ans, Julien Dumora est chez lui au Castres Olympique, mais l'été dernier il a troqué son maillot de joueur pour une casquette d'entraîneur adjoint, un métier où il prend moins de coups mais a "un peu plus mal à la tête".
"Les débuts de semaine et les lendemains de match sont forcément meilleurs...": plus de courbatures, plus d'hématomes, mais parfois, des migraines.
En juin dernier, au soir d'une défaite avec les honneurs à Mayol contre Toulon en barrage de Top 14, Julien Dumora a mis un terme à une carrière professionnelle démarrée près de 20 ans plus tôt sous les couleurs de la Section paloise, basculant tout de suite dans le staff tarnais, en charge de l'entraînement des arrières.
Une décision réfléchie, prise en cours de saison, à la demande de Xavier Sadourny, fraîchement nommé au poste de manager.
- "Deuil" en douceur -
"Je l'ai su assez tôt dans la saison, j'ai pu petit à petit me projeter, faire doucement le deuil de l'arrêt de ma carrière de joueur", explique à l'AFP l'ancien arrière ou ouvreur, champion de France 2018 avec le CO.
"J'ai eu un moment compliqué à l'annonce qui a été faite au groupe au mois de février-mars", concède-t-il, estimant tout de même avoir connu une dernière saison idéale sportivement, ponctuée d'un quart de finale de Champions Cup et d'une qualification en phase finale du Top 14.
Les formations se sont ensuite enchaînées rapidement - "je ne sais pas (rester sans) rien faire", assure Dumora -, pour cet ex-trois-quarts qui avait déjà goûté au monde du coaching.
Passé le cap des 35 ans, le natif d'Arudy, dans le Béarn, avait endossé ses premières responsabilités d'entraîneur en s'occupant de l'équipe de jeunes des Crabos.
"J'ai pris énormément de plaisir, ça m'a vraiment plu et j'ai senti que peut-être c'était ma destinée, entre guillemets", explique-t-il.
L'étape suivante ? Transposer ses compétences au staff de l'équipe première, où il est arrivé en 2014 et dont il connaît la quasi totalité des hommes pour les avoir côtoyés durant des années, en tant que coéquipier.
"Je n'ai pas changé ma façon d'être avec eux, on est toujours dans la communication, dans l'échange, le partage", assure Dumora, bien épaulé par Xavier Sadourny sur les questions de management.
Son ancien concurrent et désormais successeur à l'arrière, Théo Chabouni, voit d'un bon oeil ce passage du groupe pro au staff. En tant que joueur, "c'était vraiment une concurrence saine, il a toujours été là, derrière les autres", expliquait-il à l'automne. "C'était un grand leader, et il l'est toujours avec le staff", ajoutait-il.
- "Sas de décompression" -
A l'orée de cette "nouvelle vie", le dialogue se poursuit donc entre l'athlète de 38 ans, qui s'est "mis à galoper" en se prenant de passion pour le trail, et ses cadets.
"C'est hyper important d'avoir des retours des joueurs, des questionnements, de l'interaction, j'aime bien quand c'est animé, quand c'est dans les deux sens, et pas que directif", souligne-t-il.
Certes, "la +compet'+" lui manquera vendredi soir à Northampton, pour un huitième de finale de Champions Cup face au dernier adversaire européen de sa carrière de joueur.
Malgré une "adrénaline et une pression" bien présentes chez les membres du staff, "une fois la mise en place terminée, tu n'as plus beaucoup d'incidence sur le match, mise à part par tes mots et ta façon d'amener les mecs vers la performance".
Mais avisé sur la question du bien-être mental, d'actualité dans le rugby français, et attentif à sa santé psychologique après un début de saison "la tête dans le guidon", Dumora cherche à se ménager des "sas de décompression".
"Dès que je rentre à la maison, l'ordinateur, je ne le touche plus", affirme-t-il.
Avant d'ajouter: "Etre à la maison en famille, c'est important, pouvoir s'aérer la tête. Je me rends compte que maintenant que j'ai basculé, les saisons passent encore plus vite que quand tu es joueur".
W.Moreno--AT