Arizona Tribune - La France prévoit 43 milliards d'euros de "mesures de redressement" dans son budget 2027

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La France prévoit 43 milliards d'euros de "mesures de redressement" dans son budget 2027

La France prévoit 43 milliards d'euros de "mesures de redressement" dans son budget 2027

Le gouvernement français a affiché jeudi sa volonté de "redresser" les finances publiques en présentant son projet de budget pour 2027, avec une série de mesures d'économies, notamment sur les retraites, au moment où les taux d'intérêt de la dette française flambent.

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Les projets de budget de l'État (PLF) et de la Sécurité sociale (PLFSS) ont été présentés jeudi matin en Conseil des ministres.

Ils seront ensuite examinés par le Parlement, où les débats s'annoncent tendus, avec un risque accru de censure du gouvernement, à sept mois de l'élection présidentielle.

Les députés PS ont déjà dit ne voir "aucune main tendue" dans ce projet, dénonçant une "provocation". Leurs homologues écologistes ont promis une censure face à un budget "insupportable", "qui menace (...) notre capacité à vivre en société et sur notre planète".

Dans ce texte, consulté par l'AFP, le gouvernement prévoit, pour ramener le déficit à 5% en 2027, "43 milliards d'euros de mesures de redressement", auxquelles s'ajoute "la montée en charge de mesures de redressement prises en 2026" et "antérieurement", amenant l'ensemble à "54 milliards d'euros" l'an prochain.

"C'est un effort important", qui demande "une mobilisation collective", a reconnu le ministre de l’Économie Roland Lescure, estimant que la France reprenait "le chemin de la consolidation budgétaire".

Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP), organisme indépendant chargé d'émettre un avis sur le projet de budget, le juge entouré "d'incertitudes". Il qualifie d'"optimiste" la prévision de croissance de 1% en 2027 sur laquelle le gouvernement a basé son scénario.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait promis un budget de "redressement" et tiré la sonnette d'alarme mercredi sur la remontée du coût de la dette, alors que les taux d'emprunt de la France atteignent des records. Celui à échéance dix ans a flambé sur les marchés jeudi à 4,96%, contre 4,85% la veille, un record depuis 2002.

- Déficit de la Sécu -

Pour tenter de redresser les finances publiques, le gouvernement compte donner un coup de frein aux dépenses, qui représenteront "60% de l’effort pour l’année prochaine", a souligné M. Lescure.

L’État participera largement.

Ses dépenses seront "stables" hors défense et charge de la dette. Certains ministères devront faire des efforts conséquents, dont celui du Travail (pour 2,5 milliards d'euros), tout comme certains opérateurs de l'État.

Les fonctionnaires seront aussi touchés.

Le point d'indice qui permet de calculer une partie de leur rémunération sera gelé pour la quatrième année consécutive. Une mesure contre laquelle la fonction publique a manifesté massivement mardi.

Le nombre de fonctionnaires de l'État et de ses opérateurs baissera au total de 1.076 en 2027 (hors réforme de la formation initiale des enseignants et loi de programmation militaire).

Concernant la Sécurité sociale, le gouvernement veut réduire son déficit de près de moitié en 2027 à 12,7 milliards d'euros, après 21,8 milliards en 2026. Il compte limiter la hausse des dépenses de santé à 2%, nettement moins que les années précédentes.

Les retraités seront fortement mis à contribution, à hauteur de 5,5 milliards d'euros. Le gouvernement propose que les pensions supérieures à 1.260 euros ne soient plus indexées intégralement sur l'inflation. Il veut aussi ramener à 3.000 euros le plafond de l'abattement fiscal de 10% sur l'impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités (contre 4.439 euros actuellement).

Les collectivités ont qualifié de "disproportionné" et "abusif" l'effort de 5,4 milliards d'euros qui leur est demandé.

- "Pyromane" -

 

Côté entreprises, le gouvernement veut notamment limiter les exonérations de cotisations patronales et alourdir de 800 millions d'euros la taxation des exploitants d'autoroutes et d'aéroports.

Il compte aussi s'attaquer aux produits sucrés, avec une nouvelle taxe sur les produits "transformés, emballés", contenant des sucres ajoutés et des additifs, une mesure qui a déjà suscité une levée de boucliers de l'industrie agroalimentaire.

L'exécutif prévoit de ne pas revaloriser, "exceptionnellement en 2027", les aides personnelles au logement (APL) et entend mettre en place des restrictions pour les étudiants de familles aisées. Il veut également faire payer l'inscription en BTS ou en classe préparatoires, jusqu'ici gratuites, aux étudiants non boursiers.

La secrétaire générale du syndicat CGT Sophie Binet a estimé que le Premier ministre se conduisait en "pyromane", alors que les lycées sont secoués par des blocages. Elle a déploré un projet de budget "dangereux pour le pays" et "irresponsable".

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T.Sanchez--AT