Arizona Tribune - Espagne : la campagne électorale s'ouvre dans l'ombre de Maricarmen

Euronext
AEX 0.87% 1130.95 €
BEL20 1.02% 5454.74 €
PX1 0.95% 7803.33 €
ISEQ -1.08% 13901.81 €
OSEBX 1.13% 2068.38 kr
PSI20 -0.86% 9267.5 €
ENTEC -0.41% 1416.23 €
BIOTK 3.13% 3946.77 €
N150 1.11% 4183.63 €
Espagne : la campagne électorale s'ouvre dans l'ombre de Maricarmen
Espagne : la campagne électorale s'ouvre dans l'ombre de Maricarmen / Photo: JAIME REINA, Pierre-Philippe MARCOU, Thomas COEX - AFP/Archives

Espagne : la campagne électorale s'ouvre dans l'ombre de Maricarmen

La campagne électorale s'ouvre samedi en Espagne avec les premiers meetings de Pedro Sánchez et de son rival conservateur, dans un climat de vive émotion après la mort de Maricarmen Abascal, figure de la crise du logement dont l'ombre planera sur cette course au pouvoir.

Taille du texte:

L'expulsion de cette retraitée de 87 ans de son logement madrilène a déclenché fin septembre une vague d'indignation et de manifestations d'ampleur à travers l'Espagne, jusqu'à provoquer une crise politique, et son décès mercredi soir à l'hôpital a suscité une vive émotion.

Le rejet par le Parlement de deux textes sur le logement présentés par le gouvernement de gauche en réponse à cette crise a finalement conduit à la convocation en début de semaine d'élections anticipées pour le 29 novembre, à l'issue très incertaine.

C'est dans ce contexte de fortes tensions sociales que le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, au pouvoir depuis huit ans, effectue son premier déplacement de campagne en Andalousie (sud).

Il revient symboliquement à Dos Hermanas, dans la banlieue de Séville, où il avait déjà lancé sa campagne lors des élections de 2023, marquées par une spectaculaire remontée qui lui avait permis de conserver le pouvoir, malgré des pronostics défavorables.

C'est aussi dans ce bastion du socialisme en Espagne que l'actuel chef du gouvernement avait amorcé sa résurrection politique après sa démission de la tête du Parti socialiste (PSOE) en 2016.

Pedro Sánchez doit participer à un grand rassemblement à partir de 9H30 GMT.

"L'Espagne a besoin de plus de progrès sociaux et de moins d'insultes de la droite", a-t-il dit vendredi dans un entretien au média elDiario.es, donnant le ton d'une campagne qu'il entend placer sur le terrain des avancées sociales, notamment pour "interdire les expulsions comme celle qu'a subie Maricarmen".

- Contexte social inflammable -

Face à lui, son rival du principal parti d'opposition (Parti populaire, droite), Alberto Núñez Feijóo prendra la parole quasiment au même moment, depuis le parc des expositions Ifema à Madrid.

Le dirigeant conservateur devrait de nouveau attaquer Pedro Sánchez sur sa gestion de la crise migratoire de Ceuta, où il s'est rendu mercredi en promettant un retour à la "normalité" s'il arrivait au pouvoir.

Ceuta, où plus de 70.000 migrants sont entrés les 30 et 31 juillet avant que la grande majorité d'entre eux ne retourne au Maroc, "est le symptôme du déclin, de la corruption et du mensonge dans lesquels le pays a sombré" sous son rival socialiste, a-t-il accusé sur place, appelant à un "changement profond" en Espagne.

Au-delà du sujet de Ceuta, c'est la question de la crise du logement, et plus largement du coût de la vie, principale préoccupation des Espagnols, qui devrait dominer les premières prises de parole des deux dirigeants.

Dans plusieurs villes du pays, notamment au coeur de Madrid, des campements restent occupés par des militants et manifestants réclamant un renforcement de la protection des locataires.

"La lutte continue", martèlent-ils, reprenant dans les cortèges et sur les places municipales un même slogan : "Des maisons pour vivre, pas pour spéculer".

Pour peser sur le débat, les principaux syndicats espagnols (CCOO et UGT) ont, eux, appelé à une grève générale le 11 novembre, la première de ce type depuis 2012.

Pour ce scrutin auquel près de 39 millions d'Espagnols sont appelés à participer, les sondages placent le Parti populaire devant les socialistes, mais sans majorité absolue, un scénario qui pourrait faire du parti d'extrême droite Vox, troisième force politique du pays et en progression dans les enquêtes d'opinion, l'arbitre du futur parlement.

M.Robinson--AT