Arizona Tribune - Le suspect de l'attaque de Belfast devant un juge, au lendemain d'émeutes anti-immigrés

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Le suspect de l'attaque de Belfast devant un juge, au lendemain d'émeutes anti-immigrés

Le suspect de l'attaque de Belfast devant un juge, au lendemain d'émeutes anti-immigrés

Des maisons brûlées et des résidents choqués: plusieurs quartiers de Belfast portent mercredi les stigmates des émeutes anti-immigrés de la veille, déclenchées par une attaque au couteau pour laquelle un réfugié soudanais a été inculpé.

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Le Premier ministre britannique Keir Starmer a dénoncé mercredi des violences "choquantes et complètement inacceptables".

"Il est clair que des personnes ont été ciblées la nuit dernière en raison de leur origine et je ne le tolérerai pas", a ajouté le dirigeant, qui a promis que les responsables "subiront toute la rigueur de la loi".

La vidéo de l'attaque au couteau qui a eu lieu lundi et qui montre l'assaillant assis sur un homme à terre, en sang, lui portant des coups, a été largement partagée sur les réseaux sociaux et a choqué le Royaume-Uni.

Visages masqués, certains manifestants ont incendié des bus et des véhicules. Ils ont également mis le feu à des habitations, ciblant notamment celles où vivaient des personnes d'origine étrangère et obligeant les pompiers à en évacuer les résidents, selon des journalistes de l'AFP.

Les appels à manifester avaient été relayés par des figures de l'extrême droite, notamment le militant Tommy Robinson - de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon - et par le milliardaire américain Elon Musk.

- "Terrifiant" -

Mercredi matin, des habitants étaient visiblement choqués dans les quartiers touchés par les violences, où des véhicules étaient calcinés et où des débris jonchaient les rues.

"C'est terrifiant", raconte Anselme Shima, arrivé en 2013 de République démocratique du Congo. "J'ai deux enfants à la maison et ce matin je me demande: +est-ce que je dois les emmener à l'école?+", s'interroge-t-il, inquiet.

Dépité, Jamie Corry, un habitant, raconte avoir vu "toute (sa) maison brûler", enflammée par l'incendie d'une camionnette dans la rue.

"C'est absolument écoeurant", "les gens ne méritent pas ça", témoigne Norma, une autre résidente.

Le suspect de l'attaque au couteau, Hadi Alodid, un soudanais âgé de 30 ans, a comparu mercredi matin devant un juge à Belfast. Il a refusé la présence d'un avocat et était accompagné d'un interprète arabophone.

A l'issue de l'audience, il a été maintenu en détention jusqu'à une prochaine comparution prévue le 8 juillet.

Il est inculpé de tentative de meurtre, possession d'une arme blanche dans un lieu public et menaces de mort envers une opératrice radio du service public de santé, le NHS.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué qu'il est entré en Irlande du Nord en 2023 depuis la République d'Irlande, après être venu de Paris. Il a obtenu le statut de réfugié, avec un titre de séjour valide jusqu'en 2028.

La police nord-irlandaise a écarté à ce stade la piste terroriste, même si le motif de l'attaque reste incertain.

La victime, un homme d'une quarantaine d'années, a été hospitalisée avec d'"importantes blessures aux yeux et de graves lacérations au dos et au visage", selon la police. Il a perdu son oeil gauche, a-t-il été indiqué au tribunal mercredi.

- "Racisme" -

La ministre nord-irlandaise de l'Intérieur, Naomi Long, a dénoncé mercredi matin sur la BBC l'action de personnes sur les réseaux sociaux, qui, "hier, auraient eu bien du mal à situer Belfast sur une carte" et qui "ont instrumentalisé la peur légitime que les gens ressentent face aux événements".

"Au bout du compte, si vous chassez des gens de chez eux sur la seule base de la couleur de leur peau, vous ne pouvez pas le présenter autrement, c'est du racisme", a-t-elle ajouté.

Des personnalités des partis d'extrême droite Reform UK de Nigel Farage, ou de Restore Britain, dirigé par Rupert Lowe, ont mis en cause les politiques migratoires du gouvernement travailliste et de ses prédécesseurs conservateurs.

De violentes manifestations anti-immigrés ont secoué l'Irlande du Nord ces deux dernières années, notamment en juin 2025 et à l'été 2024, ainsi que d'autres endroits du Royaume-Uni.

Des rassemblements ont également eu lieu mardi soir à Glasgow et Edimbourg en Ecosse, ou encore à Southampton.

Cette ville du sud de l'Angleterre a été le théâtre il y a une semaine d'une manifestation émaillée de violences, pour dénoncer la façon dont la police locale a géré en décembre le meurtre d'un étudiant blanc, Henry Nowak, par un jeune homme sikh. Des figures de l'extrême droite, parmi lesquelles Tommy Robinson, y avaient participé.

E.Rodriguez--AT