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Dans le Bollywood des films d'action, un réalisateur mise encore sur les histoires d'amour
A l'heure où les films d'actions survitaminés et les superproductions à grand spectacle dominent outrageusement le box-office indien, le metteur en scène Imtiaz Ali veut croire qu'un autre genre peut encore séduire le public: la comédie romantique.
Dans un entretien accordé à l'AFP, le réalisateur de "Jab We Met", "Rockstar" ou "Cocktail" estime que, dans un monde dont l'avenir s'assombrit au rythme du dérèglement climatique et des conflits, le film d'amour est même ce qu'attend la génération Z.
"Je suis persuadé que les jeunes sont en matière d'amour irrémédiablement attirés par des choses auxquelles ils peuvent s'accrocher longtemps, peut-être même pour toujours", explique Imtiaz Ali avant la sortie le 12 juin de sa dernière romance, "Main Vaapas Aaunga".
"Tout est aujourd'hui si facilement accessible que presque tout perd de sa valeur", poursuit-il, "je crois que c'est le bon moment pour raconter de belles histoires d'amour".
Son nouveau long-métrage, qui signifie "je reviendrai", en raconte une qui s'étend sur huit décennies, à l'époque de la partition meurtrière qui a accompagné l'indépendance de l'Inde et du Pakistan en 1947.
Le metteur en scène raconte que l'idée lui est venue après avoir entendu deux hommes de sa famille, âgés de 91 et 95 ans, raconter leur récent périple à la frontière entre les deux pays rivaux, dans les villages de la région du Penjab où ils avaient passé leur enfance.
"Presque toutes les scènes que vous verrez dans +Main Vaapas Aaunga+ sont tirées de la vie réelle", vante Imtiaz Ali, "c'est une collection d'histoires d'amour".
Bien loin, donc, des récents succès "Animal" et "Dhurandhar" ou de la série de films "Pushpa", dont les scènes violentes ont drainé des millions de spectateurs dans le pays.
- Faire avec "le coeur" -
Même s'ils dominent à Bollywood, ces films n'ont pas vocation à tuer le romantisme, répète Imtiaz Ali.
"Un film qui marche, c'est un bon film, un film populaire, quel qu'en soit le genre, que les gens apprécient", insiste-t-il. "Ceux qui créent en recourant à des sentiments négatifs n'obtiennent que des succès instantanés."
"Pour durer, il faut autre chose: le cœur de ceux qui font le film", estime le réalisateur. "Si la matière est authentique, si les gens voient l'amour avec lequel le film a été fait et qu'il est divertissant, alors ils l'apprécieront."
L'énergie qu'il dit avoir mise dans son dernier opus devrait lui assurer, espère Imtiaz Ali, le succès dans un pays dont la moitié du milliard et demi d'habitants a moins de 25 ans.
"Dans ce film, il y a une scène où un personnage de la jeune génération se demande s'il pourra connaître le genre d'amour qui existait dans le passé", décrit le réalisateur, "ils le voient dans les films (...), il est très difficile pour eux de le rencontrer dans la réalité".
Il en veut pour preuve le succès de ses œuvres "Rockstar" et "Laila Majnu" (qu'il a écrit et présenté mais que son frère Sajid Ali a réalisé), dont la rediffusion récente a remporté un large succès d'audience.
"Le public d'aujourd'hui l'a plus apprécié que celui d'hier", conclut Imtiaz Ali. "Quand vous faites un film, il faut le faire pour qu'il dure. Comme on a coutume de le dire au cinéma, la difficulté est temporaire, le film est éternel."
Ch.Campbell--AT