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Xi Jinping accueilli en grande pompe en Corée du Nord, loue une amitié "invincible"
La Corée du Nord accueille lundi en grande pompe le président chinois Xi Jinping pour une rare visite de deux jours, Pékin vantant une "amitié invicible" à l'heure où Pyongyang se rapproche fortement de Moscou.
La Chine est un soutien diplomatique, économique et politique essentiel pour la Corée du Nord, soumise à de multiples sanctions de l'ONU contre ses programmes nucléaires et balistiques.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et son épouse Ri Sol-ju ont accueilli Xi Jinping, accompagné de son épouse Peng Liyuan, à l'arrivée de leur avion Air China à Pyongyang, selon une vidéo de l'agence d'Etat Chine Nouvelle.
Le président chinois a ensuite été honoré par une vaste cérémonie sur l'immense place Kim Il Sung, avec militaires au garde à vous, immenses portraits des deux dirigeants, hymnes nationaux, et public brandissant drapeaux, fleurs, et ballons.
Il s'agit de la première visite de Xi Jinping en Corée du Nord depuis 2019.
Elle a lieu moins d'un mois après les déplacements à Pékin des présidents américain et russe Donald Trump et Vladimir Poutine, et alors que les discussions nucléaires entre Pyongyang et Washington restent dans l’impasse.
M. Xi, accompagné notamment du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, devrait chercher à affirmer la prééminence du lien sino/nord-coréen, notamment face au rapprochement des dernières années entre Pyongyang et Moscou et dans l'éventualité d'une nouvelle tentative américaine d'ouverture en direction de la Corée du Nord, anticipent les experts.
"Peu importe l'évolution des temps ou la façon dont la situation internationale se transforme, l'amitié traditionnelle entre la Chine et la Corée du Nord est toujours invincible", a déclaré Xi Jinping en une lundi du Rodong Sinmun, le journal du parti nord-coréen au pouvoir.
- "Privilégier la stabilité" -
La Maison Blanche a déclaré le mois dernier que Xi Jinping et Donald Trump avaient "confirmé leur objectif commun de dénucléarisation de la Corée du Nord" lors de leur récent sommet à Pékin.
La veille de la venue de Xi Jinping, l'influente sœur de Kim Jong Un, Kim Yo Jong, a cependant répété qu'il était hors de question d'abandonner l'arme atomique.
Depuis l'échec du sommet Kim-Trump en 2019, faute d'accord sur la dénucléarisation et les sanctions, la Corée du Nord a plusieurs fois déclaré "irréversible" son statut de puissance atomique.
Le président sud-coréen progressiste Lee Jae Myung a estimé lundi que Séoul ne devait pas renoncer à la dénucléarisation de la Corée du Nord, au risque sinon d'enclencher un effet domino dans toute l'Asie de l'Est
"La Corée du Nord produit encore des matières nucléaires à l'heure même où nous parlons", a indiqué M. Lee devant la presse.
Donald Trump s'est dit prêt à revoir Kim Jong Un, qu'il a rencontré trois fois lors de son premier mandat, mais son dernier appel du pied en octobre n'a pas reçu de réponse.
"Pékin a probablement déjà accepté la Corée du Nord comme puissance nucléaire", mais Xi Jinping "dira probablement à Kim que la Chine veut la stabilité plus que tout", estime Minseon Ku, professeure à l'université DePaul aux Etats-Unis.
"La Chine a toujours privilégié la stabilité et doit actuellement gérer ses relations et différends avec les Etats-Unis", rappelle-t-elle à l'AFP.
-Alliance militaire-
Seong-Hyon Lee, chercheur invité au Harvard University Asia Center, estime aussi que Pékin opère un virage vers le "soutien à la durabilité du régime", plutôt que la dénucléarisation.
"La stratégie régionale plus large de la Chine bénéficie d'un État-tampon stable, lourdement armé et aligné, ce qui accapare une partie des ressources militaires des États-Unis et de leurs alliés", a-t-il déclaré à l'AFP.
La Corée du Nord est le seul pays lié à Pékin par une alliance militaire officielle et contraignante.
"À mesure que le statut international de la Chine s'élève, Pékin cherche probablement à attirer plus activement Pyongyang dans son orbite diplomatique", complète Lim Eul-chul, de l'université Kyungnam.
Le déplacement de M. Xi se produit alors que Kim Jong Un s'est considérablement rapproché de Moscou, envoyant des milliers de soldats soutenir les forces russes contre l'Ukraine.
En septembre dernier, M. Kim est apparu aux côtés de MM. Xi et Poutine lors d'un grand défilé militaire à Pékin, montrant un statut renforcé sur la scène politique mondiale.
Pour sa part, Jun Sang-gab, 65 ans, guide touristique sud-coréen vivant près de la frontière intercoréenne, dit espérer que Pyongyang "ouvre son économie" et suive le modèle de développement chinois, de sorte à éviter "des incidents tels qu'une unification armée ou une guerre", confie-t-il à l'AFP.
bur-cdl-lal-jug/cn
W.Morales--AT