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Crash d'un drone russe en Roumanie: que peut faire l'Otan?
Que peut faire l'Otan après la chute d'un drone attribué à la Russie sur un immeuble résidentiel en Roumanie, pays membre de l'Alliance? L'organisation travaille à renforcer ses capacités de défense sur le terrain, tout en envoyant des avertissements très calibrés au Kremlin.
Le colonel Martin O'Donnell, porte-parole du quartier-général des forces de l'Otan en Europe (Shape), a confirmé à l'AFP que le drone qui s'est écrasé sur un immeuble résidentiel en Roumanie, dans la nuit de jeudi à vendredi, faisant deux blessés légers, près de la frontière avec l'Ukraine, était "russe".
Face à cet incident, l'Otan dit travailler sur plusieurs fronts en parallèle.
Sur le plan opérationnel d'abord, pour muscler ses systèmes permettant de détecter et d'abattre les drones en plein vol.
"Nous évaluons ce que nous pouvons faire de plus pour optimiser le réseau de capteurs et d'intercepteurs de la Roumanie et de l'Otan, pour neutraliser en toute sécurité de telles menaces, a précisé à l'AFP un militaire haut gradé de l'Alliance, qui a requis l'anonymat.
Selon cette source, l'une des possibilités serait de faire passer le système antidrones roumain, appelé MEROPS, sous le contrôle direct de l'Otan, qui coopère déjà étroitement avec Bucarest.
Une autre option serait de renforcer les capacités de défense de la Roumanie et d'autres pays de l'Alliance, dans le cadre de "l'Initative de dissuasion du flanc oriental", un programme destiné à déployer des technologies de pointe, dont l'IA.
En outre, les membres de l'Otan auront l'occasion de discuter le mois prochain du renforcement des troupes et des capacités déployées sur le terrain, lors d'une réunion organisée par le Commandement militaire suprême en Europe, ajoute cet officier.
Parallèlement, l'Organisation s'emploie à adresser des messages calibrés à Moscou.
Dans un deuxième temps, et uniquement si le pays concerné en fait la demande, les Alliés pourraient se réunir pour des "consultations", comme le prévoit l'"article 4" de leur traité fondateur.
Ce texte stipule que les Alliés "se consulteront chaque fois que, de l'avis de l'une d'elles, l'intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité de l'une des parties sera menacée".
Loin de simples palabres, de telles consultations auraient un impact bien réel, assure l'Otan, soulignant que les Russes savent très bien faire la distinction entre chaque niveau de réaction.
- Article 4 déclenché neuf fois -
L'article 4 a été déclenché neuf fois dans toute l'histoire de l'Otan, dont trois fois avant l'annexion de la Crimée par la Russie. Le rythme s'est ensuite accéléré avec six déclenchements depuis 2014, dont trois depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022.
Ces "consultations" à huis clos donnent souvent lieu à des décisions, pas toujours très visibles, mais toutes destinées à renforcer la capacité de dissuasion de l'Alliance, élément central de cette organisation créée en 1949.
Une réunion "Article 4", demandée par la Pologne en septembre 2025, après une intrusion spectaculaire de drones russes sur son territoire, a ainsi débouché sur l'opération "Sentinelle orientale" (Eastern Sentry).
Cela a abouti à "davantage d’avions de chasse, d'hélicoptères, d’avions de transport, de systèmes de défense aérienne, d’avions de surveillance et de frégates", explique le Shape.
L'article 4 a en outre été déclenché deux fois au cours du seul mois de septembre. Après la Pologne, l'Estonie avait également demandé des "consultations" après le survol de son territoire par trois avions de chasse russes.
Si la situation l'exige, l'Otan peut en outre se reposer sur "l'article 5" de son traité, une clause d'assistance mutelle qui affirme qu'une attaque armée contre un pays membre de l'Alliance sera considérée comme une attaque dirigée contre tous.
Cet article n'a été utilisé qu'une seule fois: après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
E.Flores--AT